retour article original

dimanche 25 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Histoire
egaliteetreconciliation, 8 septembre 2014

Histoire : Economie national-socialiste

par Mark WEBER


Un ancien combattant réduit à la mendicité en 1923

Pour faire face au chômage massif et à la paralysie économique pendant la Grande Dépression, les gouvernements américain et allemand lancèrent tous deux des programmes novateurs et ambitieux. Bien que les mesures du « New Deal » prises par le président Franklin Roosevelt aidèrent à peine, la politique beaucoup plus ciblée et complète du Troisième Reich s’avéra remarquablement plus efficace. En trois années seulement, le chômage fut enrayé et l’économie allemande devint florissante. Et tandis que la façon dont Roosevelt géra la crise restera largement connue, la remarquable façon dont Hitler l’a défié n’est ni suffisamment comprise ni appréciée.


Les membres d’une famille allemande se partagent une saucisse vers 1920

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler devint chancelier d’Allemagne. Quelques semaines plus tard, le 4 mars, Franklin Roosevelt prit ses fonctions de président des États-Unis. Chacun d’entre eux gouverna son pays les douze années qui suivirent –Franklin Roosevelt jusqu’en avril 1945, peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Au début de l’année 1933 la production industrielle de ces deux pays était réduite de moitié comparée à celle de 1929. Chaque dirigeant lança rapidement de nouvelles initiatives audacieuses pour lutter contre la terrible crise économique, surtout contre le fléau du chômage de masse. Et bien qu’il existe des similitudes frappantes entre les efforts des deux gouvernements, les résultats furent très différents.

Adolf Hitler et Herman Goering saluent les participants d’un défilé, le 30 janvier 1933

John Kenneth Galbraith, conseiller de plusieurs présidents et ambassadeurs américains en Inde pendant un certain temps, fut l’un des économistes américains les plus influents et les plus lus du 20e siècle. Auteur de plusieurs dizaines de livres, il enseigna l’économie à l’université de Harvard pendant des années. En ce qui concerne l’Allemagne, Galbraith écrivait ceci : « L’élimination du chômage en Allemagne durant la Grande Dépression, sans recours à l’inflation mais seulement aux travaux publics fondamentaux, fut une remarquable victoire. Mais on en a rarement fait l’éloge et guère parlé. L’idée reçue que Hitler ne pouvait faire aucun bien s’est répandue à son économie mieux qu’à tout le reste… » La politique économique du régime hitlérien, ajoute Galbraith, a mis en place « des emprunts considérables pour les dépenses publiques, et ce, principalement pour la construction des voies ferrées, du réseau fluvial et des autoroutes dont les conséquences sur le chômage ont été bien plus bénéfiques que dans tout autre pays industrialisé [1]  ». Fin 1935, écrit-il également, « le chômage touchait à sa fin en Allemagne. En 1936, les revenus élevés tiraient à la hausse les prix ou bien permettaient de les augmenter (...) à la fin des années trente l’Allemagne avait atteint le plein emploi et des prix stables. C’était un exploit absolument unique dans le monde industriel [2]  ». « Hitler avait anticipé une politique économique moderne, nota l’économiste, en reconnaissant que la réalisation rapide du plein emploi n’était possible que si elle était combinée à une méthode de contrôle des salaires et des prix. Qu’une nation opprimée par des craintes économiques réagisse à Hitler tout comme les Américains avaient réagi à Roosevelt n’était pas surprenant [3]  ».

Franklin Delano Roosevelt en 1933

Les autres pays, écrit Galbraith, n’ont pas réussi à comprendre l’expérience allemande ni à s’en inspirer : « L’exemple allemand était instructif mais peu convaincant. Les conservateurs britanniques et américains constataient les hérésies des financiers nazis –emprunts et dépenses– et uniformément prédisaient un effondrement (...) tandis que les libéraux américains et socialistes britanniques observaient la répression, la destruction des syndicats, les Chemises Brunes, les Chemises Noires, les camps de concentration, leurs discours oratoires criards, mais en ignoraient leur économie.Rien de bon (qu’ils croyaient), pas même le plein emploi, ne pourrait venir d’Hitler [4]  ».

page
Liens liés a l'article.How Hitler Tackled Unemployment And Revived Germany’s Economy

AUTEURS 

  • Mark WEBER

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source