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mondialisation, 13 octobre 2014

Informations internationales : La richesse des 400 Américains les plus riches bondit à 2290 milliards de dollars

par Andre DAMON


Le New York Stock Exchange

Les 400 personnes les plus riches aux États-Unis ont vu leur valeur nette combinée croître de 13 % pour atteindre 2290 milliards de dollars en 2014, en pleine flambée record des marchés boursiers et des bénéfices d’entreprises. Ces chiffres proviennent de la liste compilée chaque année depuis 1982 par le magazine économique américain Forbes des 400 Américains les plus riches. Comme Forbes l’a rapporté la semaine dernière, la valeur nette de ces 400 personnes est « environ la même que le produit intérieur brut du Brésil, un pays de 200 millions d’habitants ». La valeur nette moyenne des noms sur la liste Forbes 400 est maintenant de 5,7 milliards de dollars, soit un bond de 700 millions de dollars par rapport à 2013.


Ces nouveaux chiffres sur la richesse aux États-Unis ont été généralement passés sous silence dans les médias. Tant le New York Times que le Wall Street Journal n’ont publié d’articles à ce sujet. La question n’a fait l’objet d’aucune campagne politique, même un mois avant les élections de mi-mandat. Aucun parti de la grande entreprise n’a intérêt à attirer l’attention sur le niveau extraordinaire des inégalités sociales aux États-Unis, pays où l’on clame sans fin qu’il n’y a pas d’argent pour satisfaire les services sociaux de base.

La semaine dernière marquait le sixième anniversaire de la signature de l’Emergency Economic Stabilization Act de 2008 qui a créé le programme de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, le Troubled Asset Relief Program, mieux connu sous le nom de programme de sauvetage de banques. Depuis lors, la richesse des sections les plus riches de la société a grimpé en flèche alors que le revenu annuel du ménage typique a diminué de 5 %.

Depuis 2009, la valeur nette combinée des noms sur la liste Forbes 400, qui était alors de 1270 milliards de dollars, a presque doublé. La croissance explosive des inégalités sociales est le produit direct et intentionnel des politiques menées par les administrations Bush et Obama à la suite de la crise financière de 2008 : l’inondation du système financier avec de l’argent bon marché, couplée à une attaque coordonnée sur les salaires et les programmes sociaux.

L’enrichissement des Américains super-riches est illustré par les noms sur la liste Forbes 400.

* Bill Gates, co-fondateur de Microsoft et l’homme le plus riche des États-Unis pour 21 années d’affilée, a vu sa richesse augmenter de 9 milliards de dollars en un an, atteignant maintenant 81 milliards de dollars. La richesse de Bill Gates a augmenté au rythme stupéfiant de 31 milliards de dollars ces cinq dernières années. Pour mettre ce chiffre en perspective, la richesse de Gates a augmenté depuis 2009 de près de 30 fois le budget annuel de la ville de Detroit, actuellement en faillite.

* La richesse de l’investisseur Warren Buffett, le deuxième nom sur la liste, a atteint 68,2 milliards de dollars, en hausse de plus de 10 milliards de dollars en un an. La richesse de Buffett a augmenté de près de 30 milliards de dollars depuis 2009.

* Larry Ellison, le PDG d’Oracle et troisième nom sur la liste, a vu sa fortune presque doubler depuis 2009, chiffrée alors à 27 milliards de dollars, pour atteindre 48,7 milliards de dollars en 2014.

* Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, actuellement onzième sur la liste avec une valeur nette de 34,1 milliards de dollars, a vu sa richesse augmenter de dix-sept fois depuis 2009, avec 15 milliards de dollars de plus cette année seulement.

En 2009, certains des noms sur la liste Forbes 400 n’étaient pas milliardaires. Maintenant, le seuil d’entrée pour figurer sur la liste est de 1,55 milliard de dollars. Sous ce seuil, donc n’apparaissant pas sur la liste, on dénombre actuellement 113 milliardaires aux États-Unis.

La liste Forbes 400 de 2014 est dominée par le secteur financier. Alors que le secteur de la finance et de l’immobilier représentait 4,4 % des noms sur la première liste Forbes 400 dressée en 1982, ce secteur représente maintenant 21 % des noms sur la liste, selon le Washington Post. Les personnes qui ont fait fortune dans les fonds spéculatifs représentent 7,8 % des noms sur la liste, alors que 6,3 % des noms proviennent des fonds de capital-investissement et 5,3 % sont actifs dans la gestion de l’argent.

Malgré la présentation officielle du capitalisme comme une entreprise à haut risque au pari élevé, il s’est avéré remarquablement difficile pour les fortunes des super-riches d’aller n’importe où sauf plus haut. Seuls trente-six noms sur la liste Forbes 400 de 2014, soit moins d’une personne sur dix, ont vu leur richesse diminuer au cours de la dernière année, alors que trois noms sur quatre ont vu leur richesse augmenter.

Parmi les milliardaires dont la valeur nette a effectivement diminué figure Micky Arison, l’ancien PDG de la flotte de bateaux de croisière Carnival Corporation. L’histoire récente de la société est, selon le magazine Forbes, « un véritable cauchemar en matière de relations publiques, notamment avec l’accident mortel du Costa Concordia au large des côtes de l’Italie en janvier 2012 dans lequel 32 personnes ont péri, suivi par l’incendie à bord du Carnival Triumphen février 2013, qui a laissé ses passagers en détresse en mer avec un accès limité aux toilettes pendant cinq jours ». Dans le sillage de cette série de catastrophes, Arison a subi une baisse de 2 % de sa richesse au cours de la dernière année, le laissant à 6,5 milliards de dollars.

Peu de temps après la sortie de la liste Forbes 400, l’Organisation de coopération et de développement économiques a publié un rapport concluant que les inégalités sociales mondiales ont éclipsé celles qui ont précédé la Grande Dépression des années 1920, atteignant les plus hauts niveaux d’inégalités qui soient depuis les années 1870 et 1820.

Le rapport souligne que « l’inégalité des revenus a suivi une trajectoire en forme de U dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest et d’immigration d’origine européenne. Elle a diminué entre la fin du 19e siècle jusqu’en 1970 environ, pour connaitre ensuite une augmentation. En Europe de l’Est, le communisme a entraîné de fortes baisses dans l’inégalité des revenus, suivies par une forte augmentation après sa désintégration dans les années 1980. Dans d’autres parties du monde (en Chine notamment), les inégalités de revenus sont depuis récemment en hausse ».

L’enquête ne couvre pas cependant l’énorme croissance des inégalités sociales survenue au cours des quatorze dernières années. Une fois ces modifications prises en compte, il est possible que le niveau actuel des inégalités sociales dans le monde puisse être le plus élevé dans l’histoire du monde moderne.

Andre DAMON

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source