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mercredi 24 mai 2017
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AP, 8 août 2004

Irak : Un mandat d’arrêt délivré contre Ahmed Chalabi

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BAGDAD (AP) - L’Irak a délivré un mandat d’arrêt contre Ahmed Chalabi, un ancien membre du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG), pour blanchiment d’argent, et un autre à contre Salem Chalabi, chef du tribunal spécial irakien, pour des accusations de meurtre, a annoncé, dimanche 8 août 2004, un juge irakien.


« Ils doivent être arrêtés et interrogés, et s’il y a suffisamment de preuves, ils seront jugés », a déclaré le juge Zuhair al-Maliky.

Les mandats d’arrêt, délivrés samedi 7 août, accusent Ahmed Chalabi d’avoir fabriqué de la fausse monnaie à partir de vieux dinars irakiens qui avaient été retirés de la circulation après la chute du régime de Saddam Hussein l’an dernier, a précisé le juge. La police a retrouvé l’argent contrefait dans la maison de M. Chalabi lors d’un raid effectué au mois de mai 2004.

Salem Chalabi, le neveu d’Ahmed Chalabi, qui est le chef du tribunal jugeant Saddam Hussein, est soupçonné d’être impliqué dans le meurtre, au mois de juin, de Haithem Fadhil, directeur général du ministère des Finances. Les deux hommes n’étaient apparemment pas en Irak dimanche 8 août 2004.

Haidar al-Moussawi, porte-parole d’Ahmed Chalabi, a affirmé que les membres du Congrès national irakien (CNI) -dont Ahmed Chalabi est le président- n’avaient entendu parler de ces mandats d’arrêt que par l’intermédiaire des médias. « Ce sont de très mauvais signes concernant l’état de la justice et de la loi dans le nouvel Irak », a-t-il déclaré.

S’il est reconnu coupable, Salem Chalabi risque la peine de mort, qui a été rétablie dimanche 8 août 2004, a souligné le juge al-Maliky.

Associated Press

Commentaire

Le gouvernement intérimaire "irakien" a reçu, du Conseil de sécurité de l’ONU, un mandat lui interdisant d’engager l’Irak par des décisions à long terme. Il est censé organiser des élections et remettre le pouvoir à un gouvernement légitimement élu.

En réintroduisant la peine de mort en Irak, le gouvernement intérimaire a clairement violé le mandat du Conseil de sécurité.

En effet, le gouvernement légitime qui doit être élu peut fort bien décider l’abolition de la peine de mort, ou décider de grâcier systématiquement les condamnés à mort. Il se peut également que les rédacteurs d’une future constitution irakienne décident d’interdire la peine de mort.

Dans cette perspective, il est évident que les condamnés à mort du gouvernement intérimaire auront été condamnés en vertu d’une législation arbitraire. Le gouvernement légitime ne sera pas en mesure de ressusciter les condamnés à mort exécutés par le gouvernement intérimaire. Il ne sera pas davantage en mesure d’exercer son droit de grâce ou de faire réviser les procès. Il est donc manifeste que le gouvernement intérimaire viole gravement, et de manière irrémédiable, les droits légitimes des condamnés et les prérogatives du futur gouvernement élu.

Bon nombre des pays membres du Conseil de sécurité ayant aboli la peine de mort, ils sont d’autant plus moralement en devoir d’intervenir, afin que le gouvernement intérimaire irakien y renonce et abandonne ce choix au gouvernement légitime qui sera élu. D’ailleurs, l’ONU elle-même milite officiellement pour l’abolition de la peine de mort partout dans le monde. Il est aberrant qu’un gouvernement intérimaire désigné sous la responsabilité de l’ONU puisse instituer la peine de mort et procéder à des exécutions sur la base de lois qu’aucun parlement légitimement élu n’a jamais votées.

Frank BRUNNER

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