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dimanche 26 février 2017
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AP, 8 août 2004

Soudan : Le secrétaire-général de la Ligue arabe réclame plus de temps pour Khartoum


LE CAIRE (AP) - Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a plaidé, dimanche 8 août 2004, pour que le gouvernement soudanais dispose de davantage de temps pour régler la crise au Darfour, lors d’une réunion d’urgence au Caire à la demande de Khartoum.


Par ailleurs, le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine, a invité le gouvernement soudanais et les représentants des rebelles du Darfour à reprendre des pourparlers, à partir du 23 août, à Abuja, la capitale nigériane, a annoncé, dimanche 8 août 2004, Desmond Orjiako, porte-parole de l’Union africaine.

Cette proposition fait suite à l’échec des précédentes discussions qui s’étaient tenues à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Le 17 juillet 2004, les pourparlers avaient été suspendus après que les rebelles eurent décidé de quitter la table des discussions, accusant Khartoum de ne pas appliquer les accords précédemment conclus.

Au Caire, Amr Moussa a déclaré que des pays du Maghreb étaient disposés à participer à une force de maintien de la paix pour calmer la situation au Darfour. Quelque 30000 personnes ont été tuées depuis un an et demi au Darfour, où les janjawid, des milices arabes qui seraient soutenues par Khartoum, sont accusées d’atrocités contre les villageois noirs.

« La communauté internationale doit fournir un calendrier approprié au gouvernement soudanais pour remplir ses obligations conformément à la résolution du Conseil de sécurité », a souhaité Amr Moussa dans son discours d’ouverture d’une réunion d’urgence des 22 membres de la Ligue arabe au Caire, à laquelle participaient 10 ministres des Affaires étrangères. Le 30 juillet 2004, le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné 30 jours au gouvernement soudanais pour désarmer les milices arabes ou s’exposer à des pénalités économiques.

Un accord doit être signé, lundi 9 août 2004, entre Khartoum et l’ONU, sur les mesures que doivent prendre les autorités soudanaises pour désarmer les milices arabes et d’autres groupes hors-la-loi, améliorer la sécurité dans la région et répondre à la crise humanitaire. D’après l’accord, dont une copie a été obtenue par l’Associated Press, le gouvernement va approcher « les milices sur lesquelles il a de l’influence et leur donnera l’ordre de cesser leurs activités sur-le-champ et déposer leurs armes ».

John Garang, chef des rebelles de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), le principal mouvement rebelle du Sud-Soudan impliqué dans un autre conflit avec le gouvernement, a offert pour sa part de fournir 10000 hommes qui, telle une force de maintien de la paix, pourraient oeuvrer aux côtés des forces gouvernementales pour aider à résoudre la crise du Darfour.

Selon l’ONU, le conflit a fait un million de déplacés et 2,2 millions de personnes manqueraient désespérément de nourriture, de médicaments et d’abris.

Avant la réunion de la Ligue arabe, dimanche 8 août 2004 après-midi, le secrétaire général de l’organisation Amr Moussa s’est entretenu séparément dans la matinée avec les chefs de la diplomatie soudanaise et égyptienne. Le Caire plaide pour laisser davantage de temps à Khartoum. Amr Moussa avait également rencontré le représentant spécial des Nations Unies au Soudan Jan Pronk et le président de la commission de l’Union Africaine Alpha Oumar Konaré.

Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source