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lundi 27 février 2017
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Investig’Action, 27 octobre 2014

Histoire : Du colonialisme au sionisme ; chronique d’une continuité idéologique du parti socialiste français

par Saïd BOUAMAMA


François Hollande

« Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». C’est par ces mots que le président socialiste François Hollande annonce son soutien au gouvernement israélien trois jours après le début de l’attaque militaire contre Gaza qui a déjà fait alors 64 morts...


Un enfant israélien victime de la barbarie israélienne, dans un hôpital de Gaza, le 30 juillet 2014

Beaucoup ont été à juste titre scandalisés, d’autres également nombreux ont été naïvement surpris. Une simple lecture de l’histoire du socialisme français suffit pourtant à saisir que la continuité idéologique du parti socialiste est sans faille sur cette question : le soutien au sionisme aujourd’hui plonge ses racines dans le colonialisme qui a marqué toute l’histoire du socialisme français. Pour illustrer ce propos, analysons l’approche du colonialisme des trois principales figures théoriques du socialisme français (2).

Le parti socialiste a choisi l’année 2005 pour fêter son centenaire c’est-à-dire qu’il prend comme point de départ de son histoire le congrès de fondation de la SFIO de 1905. Ce faisant, il occulte la partie antérieure de l’histoire du socialisme français. La Section Française de l’Internationale Ouvrière est en effet créée par la fusion du Parti Socialiste Français dirigé par Jean Jaurès et du Parti Socialiste de France dirigé par Jules Guesde. Les deux leaders s’opposent pendant de longues années sur la question coloniale. En prenant 1905 comme date de référence, c’est Jaurès, le partisan d’une colonisation « éclairée », qui est plébiscité et Guesde, l’anticolonialiste (3), qui est rejeté.

Jean Jaurès

A la différence de Jaurès, Jules Guesde condamne en effet la colonisation comme système global de domination : « la colonisation c’est le vol, c’est le pillage, c’est le meurtre, ce sont les crimes commis contre de paisibles populations, pour les profits d’une poignée de capitalistes, avides de gains (4) ».

Jules Guesde

Jaurès pour sa part ne dénonce pas la colonisation comme système. « Ces peuples sont des enfants » même s’ils sont « loin d’être sots », dit-il en 1884, à propos de peuples colonisés auxquels il convient d’apporter « quelques notions très simples de langue et d’histoire française, de commerce, de christianisme » pour que réussisse « l’œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation (5) ».

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