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lundi 24 avril 2017
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panamza, 31 octobre 2014

Histoire : Mehdi Ben Barka, piégé par le Mossad en plein Paris

par Hicham HAMZA


Mehdi Ben Barka

A qui profite le silence ? 49 ans après l’assassinat politique de Mehdi Ben Barka, l’obstruction franco-marocaine de l’enquête judiciaire continue. Décryptage du scandale, depuis la raison d’Etat qui a conduit au kidnapping du leader internationaliste jusqu’au maintien d’un secret d’Etats sur les commanditaires du crime.


"L’affaire Ben Barka va marquer à plusieurs titres un tournant dans les relations franco-israéliennes. L’enlèvement, puis l’assassinat de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka en plein coeur de Paris ouvre une crise sérieuse entre les alliés. Depuis l’arrivée d’Hassan II sur le trône du Maroc, en 1961, le Mossad bénéficie d’une relation privilégiée avec les services marocains, qui va jusqu’à assurer pour eux des stages de formation.

Mohamed Oufkir

En 1965, le général Oufkir, ministre de l’Intérieur et patron des services marocains, rencontre Meir Amit et sollicite l’aide du Mossad pour éliminer Ben Barka, condamné par contumace pour complot contre le roi. Ben Barka est attiré à Paris par un agent du Mossad sous prétexte de rencontrer un producteur et un réalisateur intéressés par un documentaire. A la sortie de la brasserie Lipp, il est enlevé avec l’aide d’agents du SDECE. Il est détenu dans une villa appartenant à une figure du milieu puis tué en présence d’Oufkir. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Meir Amit

Le scandale est énorme et oblige à ouvrir une enquête qui aboutira à la purge de certains éléments pro-OAS du SDECE. Les services français restent discrets sur la participation du Mossad à l’opération, mais n’en pensent pas moins. A Tel Aviv, Isser Harel qui a été remplacé par Meir Amit à la tête du Mossad, mais qui s’est remis en selle comme conseiller du Premier ministre, ouvre une controverse contre son successeur pour avoir compromis le service dans une sordide opération et mis en péril la relation privilégiée avec les Français. Menaçant de faire un scandale, Meir Amit, pourtant mis en cause par une commission d’enquête confidentielle, parviendra à sauver son poste tandis que Harel prendra la porte l’année suivante".

Yvonnick Denoël, Les guerres secrètes du Mossad, 2012.

Isser Harel

Vidéo : Azize KABOUCHE, Chtouki, dans "J’ai vu tuer Ben Barka" 2005

http://www.youtube.com/watch?v=R6Q8IcgAzAs

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