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AFP, 1er novembre 2014

Burkina Faso : Isaac Zida se proclame chef de l’État de transition


Des manifestants dans les locaux de la télévision, à Ouagadougou, le 30 octobre 2014

Le numéro 2 de la garde présidentielle burkinabè, le colonel Isaac Zida, a déclaré, samedi 1er novembre 2014, « assumer » les responsabilités de « chef de l’État » de transition, ajoutant que l’ex-président Blaise Compaoré, démissionnaire vendredi 31 octobre, se trouve « dans un lieu sûr ».


Burkina Faso

« J’assume désormais (...) les responsabilités de chef de (la) transition et de chef de l’État pour assurer la continuité de l’État » en attendant de définir « de manière consensuelle » avec « l’ensemble des partis politiques et des organisations de la société civile » les « contours » et « contenus » d’une « transition démocratique apaisée », a annoncé le colonel Zida lors d’une allocution retransmise par une télévision privée. Les déclarations du chef de l’état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré, qui avait également annoncé, vendredi 31 octobre 2014, qu’il assumerait les « responsabilités de chef de l’État », « conformément » à la Constitution, sont « caduques », a-t-il affirmé, lors d’une interview réalisée après cette allocution. L’ex-chef de l’État se trouve « dans un lieu sûr » et son intégrité « physique et morale », a assuré le colonel Zida, qui se trouve à la tête d’un groupe de jeunes officiers. Les « aspirations au changement démocratique » de la jeunesse burkinabè, dont le soulèvement a conduit à la démission de l’ex-chef de l’État, ne seront « ni trahies, ni déçues », a-t-il asséné. Isaac Zida a également appelé la communauté internationale, notamment l’Union africaine et de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest, dont le Burkina Faso fait partie), à « faire preuve de compréhension » et « à soutenir » le peuple burkinabè « dans ces dures épreuves ».

Isaac Zida

Des dissensions fortes étaient apparues, vendredi 31 octobre 2014, au sein de l’armée, désignée par la société civile et l’opposition comme la garante de la transition politique et institutionnelle au Burkina Faso, après la démission du président, Blaise Compaoré, resté 27 ans au pouvoir. Le colonel Zida a les faveurs d’une partie de la société civile. Le général Traoré est critiqué par le peuple pour sa trop grande proximité avec M. Compaoré. L’opposition ne s’était pas ouvertement positionnée. « C’est à eux de s’organiser. J’espère qu’ils vont s’entendre », avait observé son chef, Zéphirin Diabré, interrogé par l’AFP au sujet de ces divisions entre militaires.

Agence France Presse

Des manifestants, à Ouagadougou, le 31 octobre 2014

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