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Investig’Action, 17 novembre 2014

Informations internationales : A propos de l’État Islamique

par Paul DELMOTTE


François Hollande

"Un crime odieux dont les auteurs devront être châtiés" (François Hollande, 1er octobre 2014, après l’assassinat de Hervé Gourdel). "Un meurtre brutal qui montre la barbarie de ces terroristes [...] Nous ferons tout notre possible pour trouver ces meurtriers et les traduire en justice" (David Cameron, 3 octobre 2014, après l’assassinat d’Alan Henning). Il y a presque dix ans, l’essayiste suisse Christophe Gallaz constatait que le discours adopté par les responsables politiques occidentaux aux lendemains du 11 septembre 2001 et après les attentats de Londres (7 juillet 2005) se déroulait "exclusivement sur deux registres" : celui de "la stupeur" et celui du "volontarisme".


David Cameron

C’est-à-dire que d’une part, le discours de nos "responsables" exprimait, à l’unisson de leur opinion publique, "la consternation et la compassion" à l’égard des victimes ; et, de l’autre -pour ce qui est du "volontarisme"-, affirmait leur résolution de "traquer férocement les terroristes". Ce faisant, écrivait Gallaz, nos gouvernements -et nos médias, ajouterai-je- s’efforçaient de confiner cette opinion "dans une réception purement émotionnelle des événements et de lui rappeler que l’État -nos États- terrasserait sans faillir toute la méchanceté du monde". Ainsi, poursuivait l’analyste vaudois, nos pouvoirs fortifiaient leur emprise : "face aux événements traumatisants, il s’agit pour eux d’instaurer au sein des foules un état d’hébétude et de stupéfaction propre à désarmer en elles toute réflexion sur leur destin à long terme et sur leurs implications dans le concert des nations".

Christophe Gallaz

Le discours que répétaient à l’époque un Tony Blair ou un George W. Bush -aujourd’hui un Obama, un Hollande ou un Cameron- "ne visait qu’un but, situé à l’intérieur -j’insiste- de leur pays. A savoir : "y dissuader quiconque de réfléchir au moindre lien qui pourrait situer l’intervention militaire en Irak [celle de 2003] et les attentats londoniens dans le même dispositif des tenants et aboutissants. Ou de réfléchir aux répercussions que peut engendrer parmi les pays pauvres, l’agression économique permanente qu’y commettent les pays riches". C’était là, concluait Gallaz, "organiser la myopie" (1). La nôtre.

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