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AP, 10 août 2004

République démocratique du Congo : Tous les acteurs, Etats et milices ont commmis des crimes de guerre en Ituri, selon un rapport de l’ONU


Découverte d’un charnier près de Bunia, en Ituri, en 2003. L’organisation « Droits et Démocratie » établie à Montréal, au Canada, avait publié, en son temps, un rapport sur la situation de la femme en RDCongo entre le 2 août 1998 et le 30 septembre 2001. Entre autres, le rapport passe en revue les cas de massacres les plus notoires perpétrés dans le territoire (jadis) administré par les rebelles du RCD/Goma. Il épingle particulièrement le massacre de Makobola, au Sud-Kivu. Pendant trois jours, soit du 30 décembre 1998 au 1er janvier 1999, souligne le rapport, la localité de Makobola fut passée au fil de l’épée par les soldats du RCD et alliés. Ce carnage aurait fait au total 800 victimes. Une année exactement avant Makobola, du 24 au 30 août 1998, un autre carnage a eu lieu à Kasika, dans la même contrée, où il y aurait eu autant de victimes, sinon plus, dont le « mwami » (roi) de la contrée, son épouse, le curé de la paroisse et des sœurs religieuses

NATIONS UNIES (AP) - Tous les groupes armés qui sévissent dans la province de l’Ituri, mais aussi le Rwanda, l’Ouganda et l’ancien gouvernement congolais, ont commis des atrocités dans cette région du nord-est du Congo Kinshasa, affirment les experts de droits de l’homme de l’ONU, dans un rapport remis, lundi 9 août 2004, au Conseil de sécurité.

République démocratique du Congo


Au moins 8000 civils ont été tués délibérément en 2002 et 2003 en Ituri, et plus de 600000 ont été contraints de fuir leurs villages, selon le rapport de 65 pages dus à des spécialistes des droits de l’homme et de l’enfant de la Mission des Nations Unies au Congo, qui ont conduit plus de 1600 entretiens, y compris avec des victimes et des témoins.

Scène de vie en Ituri

L’Ituri, qui est limitrophe de l’Ouganda, compte entre 3,5 et 5,5 millions d’habitants de 18 groupes ethniques différents. Cette région du Congo est déchirée depuis 1999 par un conflit qui est lui-même une partie du conflit beaucoup plus vaste qui, entre 1998 et 2003, a fait plus de trois millions de morts et impliqué six Etats de la région. L’essentiel des conflits en Ituri est du aux milices de deux ethnies rivales, les Lendu et les Hema, mais le rapport de l’ONU recense au moins sept groupes armés et trois groupes politiques régionaux. Il constate surtout que "tous les groupes armés ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des violations massives des droits de l’homme en Ituri".

Les habitants de Bunia fuient la ville, investie par des miliciens, en 2003

Le rapport mentionne des "attaques de villages accompagnées du massacre de plusieurs milliers de civils, de pillages à grande échelle, de destructions de maison et des structures sociales, d’enlèvements de civils, y compris de femmes à des fins d’esclavage sexuel, de viols et de torture". Les experts font état d’attaques répétées des Lendu et Hema contre les villages de l’autre ethnie, et ajoutent que "les combattants lendu ont commis des actes inhumains tels que des mutilations et du cannibalisme, souvent sous l’empire de drogue préparées par leurs guérisseurs traditionnels".

Les habitants de Bunia fuient la ville, investie par des miliciens, en 2003

Mais les milices ne sont pas seules en cause. "L’ancien gouvernement de Kinshasa et les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda ont tous contribué à ces abus massifs en armant, conseillant et entraînant les groupes armés locaux à un moment ou un autre", ajoute le rapport.

Un enfant soldat menace une femme, à Bunia, en 2003

En 2003, l’Union européenne a envoyé une force militaire d’urgence en Ituri, qui a ensuite été relevée par une force de maintien de la paix des Nations Unies. Le rapport reconnaît que ces deux forces ont "contribué à réduire l’intensité du conflit et la capacité des groupes locaux". Mais il ajoute que la communauté internationale doit assister le nouveau gouvernement congolais transitoire afin qu’il puisse mettre fin aux violences et aux abus, renouer des liens entre les différents groupes ethniques, mettre fin aux atteintes aux droits de l’homme et "réduire l’impunité totale" dont jouissent les coupables.

Scène de rue à Bunia, en 2003

La cour pénale internationale créée en 2001, a ouvert sa première enquête sur les atrocités commises au Congo et a déclaré que l’Ituri est l’un de ses principaux centres d’intérêt.

Associated Press

Des miliciens, à Bunia, en 2003

Des miliciens, à Bunia, en 2003

Scène de rue à Bunia, en 2003

Des miliciens, à Bunia, en 2003

Des miliciens, à Bunia, en 2003

Scène de rue à Bunia, en 2003

Des miliciens, à Bunia, en 2003

Des enfants soldats à Bunia, en 2003

Un milicien à Bunia, en 2003

Un milicien congolais en Ituri

Patrouilles mixtes entre des sections du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine et des soldats de la Brigade Ituri de la Mission d’observation des Nations Unies au Congo à travers la ville de Bunia, ses environs et ses marchés, le 23 août 2003

Patrouilles mixtes entre des sections du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine et des soldats de la Brigade Ituri de la Mission d’observation des Nations Unies au Congo à travers la ville de Bunia, ses environs et ses marchés, le 23 août 2003

Patrouilles mixtes entre des sections du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine et des soldats de la Brigade Ituri de la Mission d’observation des Nations Unies au Congo à travers la ville de Bunia, ses environs et ses marchés, le 23 août 2003

Des troupes de la MONUC, à Bunia, en 2003

Scène de rue à Bunia, en 2003

Un rescapé des massacres de Bunia, en 2003

Des rescapés des massacres de Bunia, en 2003

Un rescapé des massacres de Bunia, en 2003

Découverte d’un charnier près de Bunia, en Ituri, en 2003

Découverte d’un charnier près de Bunia, en Ituri, en 2003

Découverte d’un charnier près de Bunia, en Ituri, en 2003

Découverte d’un charnier près de Bunia, en Ituri, en 2003

Evacuation d’un cadavre, après la découverte d’un charnier, à Bunia, en 2003

Des soldats de la MONUC interviennent contre des miliciens, en Ituri, début décembre 2003

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