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AFP, 10 août 2004

Burundi : Dix partis tutsis menacent de se retirer du processus de paix


Le rivage du lac Tanganyika, à Bujumbura

Dix partis tutsis du Burundi, dont le plus important, l’Union pour le progrès national (Uprona), menacent de se retirer du processus de paix, si la médiation persiste à imposer l’accord de partage du pouvoir avec les Hutus (majoritaires), selon un communiqué de ces formations reçu, mardi 10 août 2004, à Bujumbura.

Burundi


Cet accord a été conclu la semaine dernière à Pretoria par la majorité des parties burundaises, mais à l’exception notable de ces dix partis tutsis. Ces derniers "déclarent que si la tendance à imposer le document de Pretoria persiste, ils ne pourront en aucun cas accompagner ce processus", selon le communiqué.

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"Si ce document est imposé, nous arrêtons notre participation dans le processus de paix", a déclaré à l’AFP le signataire du communiqué, Déo Niyonzima, président du Parti pour la réconciliation du peuple (PRP). "Ce document qui est un non accord ne peut pas être considéré comme un accord porteur de paix (...). Nous n’allons pas reconnaître la Constitution écrite sur cette base, nous n’allons pas participer aux élections ni aux institutions qui vont en sortir", a-t-il menacé. L’accord de partage du pouvoir doit être incorporé dans la nouvelle Constitution, qui doit régir la période de post-transition, effective théoriquement à partir du 1er novembre 2004. "Nous allons nous retirer du processus (...), et le processus de paix en cours ne peut pas continuer sans nous", a-t-il affirmé.

Des réfugiés, au Burundi, en 2002

Le code électoral, pour les élections parlementaires et communales prévues, d’ici le 31 octobre 2004, doit être approuvé par les deux-tiers de l’Assemblée et les deux-tiers du Sénat. Or ces dix partis tutsis disposent de la majorité des 40 % de sièges de l’Assemblée réservés aux Tutsis, et de près de la moitié des sièges au Sénat. "Nous appelons la médiation et les autres partenaires burundais à la poursuite du dialogue, pour construire un vrai consensus", a lancé M. Niyonzima, affirmant que "tout espoir n’est pas perdu".

M. Niyonzima s’exprime au nom des "dix partis (tutsis) non signataires du document de Pretoria", a confirmé Jean-Baptiste Manwangari, président de l’Uprona.

La corvée de bois

Le Burundi tente difficilement de sortir de onze ans de guerre civile, qui ont opposé l’armée, dominée par les Tutsis, à des mouvements rebelles. Depuis l’indépendance du Burundi en 1962, jusqu’à la mise en place en 2001 des institutions de transition, issues de l’accord de paix d’Arusha (Tanzanie) en août 2000, la minorité tutsie a, quasi sans interruption, concentré le pouvoir. Les Tutsis représentent 14 % de la population de ce petit pays d’Afrique centrale et les Hutus 85 %.

Agence France Presse

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