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dimanche 23 juillet 2017
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AFP, Reuters, 10 août 2004

Irak : Les combats font rage à Najaf, les exportations de pétrole chutent


BAGDAD (AFP) - De violents combats ont opposé, mardi 10 août 2004, pour la sixième journée consécutive, les forces américaines aux résistants chiites à Najaf, au centre de l’Irak, et des menaces d’insurgés chiites dans le sud du pays ont entraîné la chute des exportations de pétrole brut irakien.


Les autorités irakiennes ont donné, mardi 10 août 2004, 24 heures au Congrès national irakien (CNI), dont le chef Ahmed Chalabi est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour fraudes, pour évacuer ses locaux, a déclaré à l’AFP un responsable de ce parti. "Nous avons été informés cet après-midi que nous devions évacuer nos locaux à Bagdad dans les 24 heures", a déclaré Mithal al-Aloussi. "L’ordre a été signé par le gouvernement irakien et nous a été apporté par un soldat américain", a affirmé M. Aloussi.

Des tirs de canon d’une rare intensité accompagnés de rafales d’obus, suivis de claquements de mitrailleuses lourdes, ont retenti, mardi 10 août 2004, à Najaf, la ville sainte chiite à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, où les affrontements opposent depuis six jours les résistants de Moqtada Al-Sadr aux US Marines et aux forces de sécurité irakiennes, a observé l’AFP.

Dans la matinée, les forces américaines ont appelé par mégaphone la population à évacuer la zone des combats. Elles ont sommé les miliciens de déposer les armes et de quitter la ville sainte. Mais Moqtada Sadr a promis, lundi 9 août 2004, à Najaf, qu’il lutterait contre l’occupation américaine jusqu’à sa "dernière goutte de sang".

Selon un bilan américain, plus de 360 miliciens et quatre soldats américains ont été tués, depuis le 5 août 2004, à Najaf. Les résistants chiites ont fait pour leur part état de 15 morts dans leurs rangs.

L’Iran a démenti, mardi 10 août 2004, toute implication dans les événements de Najaf et a rejeté des accusations de Bagdad en ce sens. Téhéran a par ailleurs adressé au premier ministre irakien Iyad Allaoui une invitation à se rendre en Iran.

A Sadr City, quartier chiite rebelle de Bagdad, la situation restait très tendue, mardi 10 août 2004, après l’instauration d’un couvre-feu la veille. Des avions de combat survolaient le quartier.

A Bassorah, la grande ville du sud de l’Irak, où les chiites partisans de Moqtada Al-Sadr ont déclaré, jeudi 5 août, "le jihad et la guerre" contre les forces britanniques déployées dans la région, un soldat britannique a été tué lundi 9 août 2004. Des violences se poursuivaient aussi dans d’autres parties de l’Irak.

Quatre personnes ont été tuées, mardi 10 août 2004, lors d’une attaque contre une patrouille ukrainienne dans la province de Wassit, dans le centre-est du pays, selon un porte-parole de la division multinationale sous commandement polonais déployée dans ce secteur.

A Bassorah, les menaces des insurgés chiites de s’attaquer aux installations pétrolières stratégiques de la région ont entraîné une chute brutale des exportations à la suite de l’arrêt du pompage lundi 9 août 2004. Au terminal de Bassorah, les exportations de brut sont passées de 80000 barils/heure à 35000, a déclaré à l’AFP un responsable irakien sous couvert d’anonymat. A New York, pour la première fois, mardi 10 août 2004, le baril de pétrole brut a dépassé brièvement la barre des 45 dollars, en montant jusqu’à 45,04 dollars en raison des inquiétudes liées à la firme russe Ioukos et à l’Irak.

Dans l’affaire des otages, les annonces de libérations et de nouveaux enlèvements se sont succédées. Le ministère des Affaires étrangères libanais a confirmé, mardi 10 août 2004 au soir, la libération de Nasser al-Jundi, un camionneur enlevé en Irak, troisième otage libanais à être relâché par ses ravisseurs au cours des dernières 24 heures.

Le ministère avait auparavant annoncé la libération de deux autres Libanais, le camionneur Qassem Merqbaoui, relâché lundi 9 août au soir, et l’industriel Antoine Antoun, enlevé le 31 juillet 2004 à Bagdad. Deux autres camionneurs, dont le frère de Nasser al-Jundi, enlevés au début de la semaine dernière en même temps que les deux camionneurs libérés, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

Un homme d’affaires jordanien, Jamal Sadek al-Salaymeh, a été enlevé, lundi 9 août, à Bagdad, par des inconnus qui demandent une rançon, a déclaré, mardi 10 août 2004, son fils à l’AFP.

La situation est au point mort pour le diplomate iranien Fereydoun Jahani, enlevé le 4 août en Irak. "Il n’y a eu aucun développement entre hier et aujourd’hui", a déclaré, mardi 10 août, le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi. Téhéran avait indiqué, lundi 9 août 2004, que les Iraniens savaient seulement que le diplomate était "en vie et en bonne santé".

Les ravisseurs d’un chauffeur de camion turc, enlevé jeudi 5 août, ont affirmé, mardi 10 août 2004, être prêts à le libérer dans les 24 heures si sa société affirme publiquement qu’elle travaillait pour les forces américaines et qu’elle n’opèrera plus en Irak.

La Thaïlande a annoncé, mardi 10 août, qu’elle retirerait ses 450 soldats d’Irak fin août 2004 comme prévu et qu’elle avait déjà cessé pratiquement toutes ses activités dans le pays.

Une première équipe de l’OTAN, composée de quatre officiers, est arrivée en Irak pour préparer le terrain à une mission chargée d’entraîner la nouvelle armée irakienne.

Le président américain George W. Bush a "remercié", mardi 10 août, son adversaire démocrate à la présidentielle de novembre 2004, John Kerry, pour avoir indiqué qu’il voterait à nouveau aujourd’hui en faveur d’une intervention militaire en Irak. "Je veux remercier le sénateur Kerry pour clarifier cela", a ironisé M. Bush lors d’un meeting électoral à Pensacola. "Près de trois ans après avoir voté pour la guerre en Irak, près de 240 jours après avoir changé de position et s’être présenté comme le candidat anti-guerre, mon adversaire a trouvé une nouvelle nuance : Il est maintenant d’accord avec ma décision d’entrer en guerre contre l’Irak", a-t-il dit.

Agence France Presse

Le gouvernement irakien ordonne Congrès national irakien d’évacuer ses bureaux

BAGDAD (Reuters) - Le gouvernement irakien a ordonné au Congrès national irakien (CNI) d’évacuer ses locaux quelques jours après qu’un juge nommé par les Américains eut lancé un mandat d’arrêt contre le dirigeant du parti, Ahmed Chalabi, a annoncé un responsable du CNI. "Une patrouille américaine est venue nous remettre de la part des services du Premier ministre un ordre d’évacuation de notre siège de Bagdad. Cela s’inscrit dans la campagne du gouvernement contre nous et contre les patriotes de ce pays", a déclaré Haidar Moussaoui, porte-parole du CNI.

Le CNI avait occupé les locaux des anciens services de renseignement de Bagdad après l’intervention anglo-américaine de 2003. Une série d’autres partis occupent des bâtiments et des installations où se trouvaient les appareils de sécurité et de gouvernement du parti Baas au pouvoir sous Saddam Hussein.

Ahmed Chalabi, qui a fondé le CNI en tant que mouvement politique opposé au régime déchu, a un moment fait figure de dirigeant potentiel de l’ère post-Saddam. Mais il est tombé en disgrâce après avoir été accusé d’avoir fourni à Washington de fausses informations sur les armes de destruction massive que l’Irak était soupçonné de posséder. Certains le soupçonnent aussi à Washington d’avoir transmis des secrets à l’Iran.

Un mandat d’arrêt a été émis contre Ahmed Chalabi en liaison avec une affaire de fausse monnaie et un autre contre son neveu Salem Chalabi pour meurtre. Les deux hommes nient les charges retenues contre eux.

A Téhéran, Ahmed Chalabi a déclaré à Reuters, dans son hôtel, que ses anciens alliés américains s’appliquaient à mettre fin à sa carrière politique et qu’il ne pouvait de ce fait pas compter sur un procès équitable s’il regagnait son pays. L’ancien allié du Pentagone risque d’être arrêté dès son retour en Irak, où il compte retourner dans les prochains jours. "Le mobile principal est de m’écarter du processus politique ou d’y contrer ma participation", a-t-il dit en jugeant la CIA impliquée "à un degré considérable". "C’est une situation classique, ils l’ont fait en Amérique du Sud (...) Ce n’est pas une question intérieure irakienne. "Les Américains créent des instances dans l’appareil judiciaire et des unités spéciales dans la police et la sécurité (...) disposant de canaux secrets avec les Américains qui leur donnent les ordres à exécuter", a-t-il ajouté.

Interrogé à Washington, le porte-parole du département d’Etat Adam Ereli a opposé un démenti aux propos d’Ahmed Chalabi et assuré que le mandat d’arrêt le visant relevait du seul appareil judiciaire irakien. "Je rejette catégoriquement ces accusations. Il s’agit d’une décision irakienne, prise par les tribunaux irakiens", a-t-il dit aux journalistes.

Reuters

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