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samedi 25 mars 2017
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Investig’Action, 11 décembre 2014

Informations internationales : Indignation sélective et propagande médiatique

par Tarik BOUAFIA


Hugo Chavez

Depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez au Venezuela, en 1999, une nouvelle ère s’est ouverte en Amérique Latine. L’élection de président progressistes et révolutionnaires en Bolivie, en Équateur ou en Argentine ont redonné espoir à des millions de personnes que les années de néolibéralisme effrénés avaient condamnés à la pauvreté et aux injustices. Dans un contexte de révolutions sociales et de reconquête des souverainetés, certains pays en revanche persistent sur le chemin du pillage de leurs ressources naturelles, la libéralisation croissante de leur économie ainsi que sur le durcissement de la répression policière et militaire. C’est le cas du Mexique, du Pérou ou encore du Paraguay. Deux politiques, deux visions de l’économie se font donc face. Dans cette opposition idéologique et politique, les médias occidentaux semblent avoir choisi leur camp...


Le New York Stock Exchange

Les médias dominants sont devenus dans nos sociétés dites « démocratiques » de redoutables agents de propagande et de manipulations. En France, comme dans la majorité des pays occidentaux, la plupart des grands médias sont aux mains de puissants groupes industriels et financiers. Le quotidien Le Figaro à l’entreprise d’armement Dassault, la chaîne TF1 à la multinationale Bouygues ou encore la station de radio Europe 1 au groupe Lagardère. Loin d’être « indépendant » ou « objectif », comme ils adorent s’autoproclamer, un de leur rôle consiste à faire accepter aux citoyens les politiques antisociales et austéritaires qui leur sont imposées. Du matin au soir, les téléspectateurs, les lecteurs et les auditeurs ont droit à leur leçon de catéchisme libérale. Pour ces voyageurs représentants placiers du système, seules la libéralisation et la financiarisation de l’économie apporteront croissance et emploi. La situation catastrophique dans laquelle se trouve l’Europe après avoir adopté les mesures dictées par les institutions financières internationales et la commission européenne n’entame apparemment en rien la détermination des éditocrates, spécialistes et autres économistes « réalistes » dans leur croisade contre les derniers acquis de l’État social.

Un second rôle, caractéristique des médias-partisans tend à rendre impossible l’établissement d’une autre politique que celle qui est mise en œuvre par les gouvernements actuels, eux-mêmes soumis aux puissants lobbies, multinationales et autres marchés financiers. Tout autre politique même des plus timides en termes économiques sont reléguées au rang d’« utopistes » et d’« irresponsables ». En effet, la mondialisation nous oblige à être « pragmatique » et « moderne ». Sacralisation de l’idéologie libérale couplée à l’échec annoncé d’un système économique alternatif = « There is no alternative »... Paix à ton âme, Margaret Tchatcher, les idéologues et experts médiatiques de la pensée unique veillent soigneusement sur toi.

Ce parti pris idéologique se manifeste également dans le traitement qui est fait des politiques instaurées par les divers gouvernements latino-américains. Média-mensonges, occultation des réussites sociales et économiques, propagande, caricature outrancière sont les maîtres mots qui caractérisent le travail journalistique de seconde zone des médias dominants en ce qui concerne les expériences novatrices des gouvernements progressistes sud-américain. Éloge, glorifications, applaudissements sont eux les manifestations exprimées par « les chiens de garde » du système pour qualifier les politiques conservatrices des gouvernements dociles et soumis comme celui d’Enrique Pena Nieto au Mexique. Le travail de sape fait à l’encontre des présidents de gauche a pour but de décrédibiliser les politiques économiques et sociales alternatives mises en œuvre par les dirigeants insoumis du sous-continent.

Enrique Pena Nieto

En effet, montrer les succès de ces gouvernements reviendrait à pointer du doigt les échecs patents des mesures mises en place sur le vieux continent et en conséquence éveiller l’esprit de révolte et la demande de changement. En revanche, les occasions ne manquent jamais pour chanter les louanges des gouvernements de droite... mais également pour occulter leurs terribles échecs. La liste est pourtant très longue mais ne semble pas attiser la curiosité des médias, trop occupés à déverser leur idéologie et à condamner ceux qui ne s’y soumettent pas. Le cas latino-américain témoigne de cette posture hypocrite prise par les médias partisans dans la guerre qu’ils ont lancée contre ceux qui osent défier l’ordre économique capitaliste.

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