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samedi 22 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AP, 10 août 2004

Soudan : Human Rights Watch dénonce la duplicité du gouvernement de Khartoum


LONDRES (AP) - Le gouvernement soudanais a rompu sa promesse d’améliorer la sécurité de ses citoyens dans la région du Darfour en légitimant les milices Janjawids et en excluant toute aide internationale, accuse l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HWR) dans un rapport publié mercredi 11 août 2004.


Intitulé « Promesses vides : les abus se poursuivent au Darfour, Soudan », le document affirme que les milices continuent à attaquer les hommes, violer les femmes et voler le bétail en toute impunité dans cette région de l’ouest du pays. « Le gouvernement soudanais affirme avoir pris des mesures importantes, mais les atrocités permanentes au Darfour prouvent que les affirmations de Khartoum ne sont tout simplement pas crédibles », souligne Peter Takirambudde, le directeur de la division Afrique de l’organisation. « Si le gouvernement voulait vraiment protéger les civils, il accueillerait une présence internationale plus importante ».

La crise au Darfour est née de tensions entre tribus arabes nomades et paysans noirs. En février 2003, deux groupes rebelles noirs -l’Armée de libération du Soudan (SPLA) et le Mouvement « Justice et Egalité »- ont pris les armes, estimant que le gouvernement soudanais favorisait leurs voisins arabes. Quelque 30000 personnes ont été tuées et plus d’un million d’habitants ont fui leur foyer pour échapper aux attaques des Janjawids.

Le 30 juillet 2004, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution donnant trente jours à Khartoum pour désarmer les milices arabes, accusées d’atrocités à l’encontre des populations noires. S’il ne respecte pas la résolution, le Soudan risque de se voir imposer des sanctions économiques et diplomatiques. Or, dans son rapport, Human Rights Watch observe que le gouvernement soudanais semble faire marche arrière, en souhaitant intégrer les Janjawids dans la police et les forces de sécurité. « Intégrer les milices dans les services de sécurité, puis les déployer dans les zones civiles sécurisées est le summum de l’absurdité », poursuit Peter Takirambudde. « Le gouvernement soudanais doit juger les criminels de guerre, et non les recruter ».

Pour l’organisation, il est plus que jamais urgent de déployer une présence internationale sur place afin d’améliorer la protection des civils, d’évaluer les actions du gouvernement et de stabiliser la situation. Elle a par ailleurs approuvé l’initiative de l’Union africaine, qui compte porter la force de maintien de la paix de 300 à plus de 2000 hommes. Khartoum a néanmoins rejeté cette proposition dimanche 8 août 2004.

L’ambassadeur du Soudan en Grande-Bretagne, Hassan Abdin, a réaffirmé, mardi 10 août 2004, que son gouvernement agissait contre les milices. Il a « promis de terminer le travail commencé il y a quelques semaines en désarmant les Janjawids. Des mesures pratiques ont déjà été prises », a-t-il déclaré sur Channel 4 avant la publication officielle du rapport.

Jane WARDELL

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source