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dimanche 23 avril 2017
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AFP, 11 août 2004

Irak : Les musulmans ne pardonneront pas les atrocités US


Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a prévenu, mercredi 11 août 2004, les Etats-Unis, que les musulmans ne leur pardonneront pas les atrocités perpétrées à Najaf, ville sainte des chiites majoritaires en Iran comme en Irak.


"La nation musulmane et le peuple d’Irak ne pardonneront pas ces atrocités et la nation irakienne va réagir avec virulence", a-t-il mis en garde dans une intervention retransmise par la radio-télévision d’Etat. "Le crime que les Etats-Unis sont en train de commettre en Irak, en particulier à Najaf, l’un des lieux les plus sacrés des chiites, restera comme une tâche indélébile à la face de l’arrogante Amérique", a-t-il prédit dans un discours devant les attachés culturels des ambassades iraniennes à l’étranger.

"Ils bombardent, occupent la ville sainte de Najaf, ils en forcent les portes, ne se laissant arrêter par rien dans le massacre de la population", a-t-il lancé."Au nom de la démocratie et du libéralisme, ils brisent le coeur des musulmans, brûlent le coeur des chiites, accroissant la distance entre eux et la nation musulmane", a-t-il poursuivi.

Le Guide a dénoncé l’indifférence affichée, selon lui, par la communauté internationale et le silence observé devant ce qui se passe à Najaf. Il a présenté la République islamique comme un rempart contre la "démocratie libérale occidentale".

Les combats font rage depuis le 5 août à Najaf, dont le centre a été bombardé, mardi 10 août 2004 au soir, par des hélicoptères américains. L’armée américaine a appelé les habitants à évacuer la zone. Najaf abrite le mausolée de l’imam Ali, considéré par les chiites comme le successeur du prophète Mahomet. Depuis la chute de Saddam Hussein, des centaines de milliers d’Iraniens se sont rendus en pèlerinage sur l’un des lieux saints qu’ils révèrent le plus.

L’Iran est accusé par les Américains mais aussi certains membres du gouvernement irakien d’ingérence chez son voisin. Le porte-parole du département d’Etat Adam Ereli a exprimé, mardi 10 août 2004, la "préoccupation" de son pays devant la possibilité d’une entreprise iranienne de déstabilisation en Irak et d’une implication dans les violences à Najaf.

"Comment l’Iran pourrait-il être faiseur d’instabilité", s’est insurgé, mercredi 11 août 2004, le président Mohammad Khatami, devant la presse, à sa sortie du conseil des ministres, "l’Iran a fait plus qu’aucun autre pour la stabilisation de l’Irak, nous leur avons apporté une assistance financière et économique pour la reconstruction". "Nous voulons la paix et la sécurité en Irak car nous considérons que l’instabilité nuit à toute la région", a-t-il insisté, "condamnant" à la fois les agissements américains et les "actions terroristes". "Ni le gouvernement ni le régime ne soutiennent" les Iraniens qui se sont portés volontaires pour des opérations suicide en Irak, a-t-il dit.

M. Khatami s’est demandé si des actes comme les décapitations étaient le fait "d’ignorants" ou une manoeuvre pour "justifier la poursuite de l’occupation".

De même, au sujet d’un diplomate iranien enlevé en Irak, "nous ne savons pas clairement s’il a été kidnappé par un groupe extrémiste ou si, d’une certaine manière, cette affaire a un lien avec les occupants". "Autant que nous sachions, il est vivant", a dit le président, "on nous a dit là-bas qu’il était en vie et j’espère qu’il sera libéré dans les prochains jours". Cependant, interrogé sur des contacts éventuels avec les preneurs d’otage, il a répondu par la négative. Fereydoun Jahani a disparu le 4 août 2004 sur la route menant de Bagdad à Kerbala, où l’Iran vient d’ouvrir un consulat. Le groupe "Armée islamique en Irak" a revendiqué le rapt et accusé l’Iran d’ingérence.

Quatre journalistes de l’agence iranienne Irna "arrêtés" en Irak

Le chef du bureau de l’agence officielle iranienne Irna à Bagdad et trois coopérateurs journalistes irakiens ont été "arrêtés" par un groupe armé et emmenés en un lieu inconnu, a indiqué, mercredi 11 août 2004, l’ancien chef du bureau d’Irna dans la capitale irakienne à la télévision d’Etat. On ignore si les quatre hommes ont été effectivement "arrêtés" ou enlevés. Un haut responsable de l’agence a fait état pour sa part dans un premier temps de l’enlèvement du chef du bureau, Mostafa Darban. Selon des témoignages du voisinage, "un groupe armé est arrivé au bureau et a arrêté les quatre journalistes, ils ont été emmenés dans un lieu inconnu", a déclaré quant à lui l’ancien chef du bureau d’Irna, Majid Zagheri, à la télévision d’Etat.

Agence France Presse

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