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AP, 11 août 2004

Algérie : L’imposture, volume 2


Mohamed Benchicou tenant un exemplaire de son livre "Bouteflika, une imposture algérienne"

ALGER (AP) - Condamné le 14 juin à deux ans de prison ferme et près de 24 millions de dinars algériens (283.000 euros) d’amende par le tribunal d’El Harrach (Alger), le directeur du quotidien "Le Matin", Mohamed Benchicou, a vu, mercredi 11 août 2004 après-midi, sa peine de prison confirmée et son amende triplée en appel par la cour d’appel d’Alger.

Algérie


Le collectif des journalistes et des travailleurs du "Matin" qui s’étaient déplacés en force en compagnie de nombreux autres journalistes et simples citoyens ont accueilli, souvent avec des larmes, ce verdict en appel. Le tribunal d’Alger, pour ce procès très attendu, était, lui, placé sous haute protection, par des dizaines de policiers.

"Le juge a confirmé la condamnation à deux ans de prison ferme prononcée, le 14 juillet 2004, pour un délit fictif. Encore une fois le pouvoir a démontré son acharnement contre le directeur du "Matin". Cette décision de justice qui revêt un caractère politique a confirmé un verdict inique", peut-on lire dans un communiqué du collectif des journalistes du "Matin", rendu public juste après le verdict. Le quotidien "prend à témoin et alerte l’opinion nationale et internationale sur cette dérive totalitaire".

Vue d’Alger

Pendant les quatre heures environ qu’ont duré les débats, les trois avocats de Mohamed Benchicou ont renouvelé tous les arguments qu’ils avaient développé en première instance. Le premier procès, qui avait duré pas moins de six heures, avait été très houleux. Les avocats de la défense, dans une polémique avec la présidente de l’audience, avaient tenté de convaincre de l’absence de l’infraction pour laquelle Mohamed Benchicou se présentait devant le tribunal, à savoir l’infraction à la législation des changes. Un délit réprimé par des textes récemment promulgués et prévoyant une peine maximale de prison de sept ans. A l’issue du procès, les représentants du ministère public avaient signifié que la peine infligée était la minimale.

Le collectif des avocats avait, dès le début du procès du 14 juin 2004, invoqué des vices de forme, dont le fait que le ministère des Finances n’avait pas la prérogative de se porter partie civile, et y avait introduit des requêtes en ce sens. La défense avait également demandé l’annulation des charges retenues contre leur client dans la mesure où le corps du délit, en l’occurrence les bons de caisse découverts dans le porte-documents du directeur du "Matin" à sa descente d’avion en août 2003, n’existait pas puisque non saisi par la police des frontières.

Vue d’Alger

Ajoutez à cela l’argument selon lequel les douanes algériennes ont, par la voix de leur syndicat, affirmé que la détention de bons de caisse ne constituait aucunement un délit ou une violation de la législation des changes. Le directeur des douanes algériennes, Sid Ali Lebib, selon les avocats de la défense, a même saisi par correspondance le chef du gouvernement pour le même motif.

Mohamed Benchicou s’était pour sa part défendu en indiquant que le procès que le pouvoir lui intentait était éminemment politique en raison de la ligne éditoriale de son journal, de ses chroniques à l’encontre du président Abdelaziz Bouteflika, mais aussi en raison de la parution de son livre "Bouteflika : une imposture algérienne".

Le journal "Le Matin", depuis la condamnation de son directeur, fait également face aux créances des sociétés d’impression étatiques et à un contrôle fiscal. C’est ainsi que son siège social a été mis sous scellés avant d’être vendu aux enchères et son tirage suspendu depuis le 23 juillet 2004.

Associated Press

Abdelaziz Bouteflika

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