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samedi 25 mars 2017
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AFP, AP, 12 août 2004

Irak : De nombreux civils tués dans des attaques aériennes américaines ; le massacre de Najaf se poursuit


KOUT (Irak) (AFP) - Au moins 56 personnes ont été tuées et 110 autres blessées, dans la nuit de mercredi 11 août à jeudi 12 août 2004, à Kout, par des bombardements de l’aviation américaine, a-t-on appris de sources hospitalières, alors que deux Marines ont péri dans la chute de leur hélicoptère.


Des partisans du chef radical chiite Moqtada Al-Sadr et de nombreux civils, dont des enfants, figurent parmi les victimes, selon Khader Fadal Arar, médecin en chef de l’hôpital de Kout. "Les avions américains ont commencé à bombarder le quartier d’al-Chakia, dans le sud de Kout, jeudi 12 août 2004, peu après 03h00 et (...) ont détruit 18 maisons", a déclaré M. Arar.

De violents combats entre les résistants chiites et les forces de sécurité irakiennes avaient eu lieu la veille dans cette ville du centre-est de l’Irak.

En outre, deux Marines américains ont été tués lorsque l’hélicoptère qui les transportait s’est écrasé, tard mercredi 11 août, dans la province d’Al-Anbar, à l’ouest de Bagdad, a annoncé, jeudi 12 août 2004, l’armée américaine. L’hélicoptère s’est écrasé vers 22h15 alors qu’il était en soutien d’une opération de "sécurité et de stabilisation", a précisé le communiqué de l’armée américaine. "Aucun tir ennemi n’a été observé à proximité de l’appareil", ajoute le communiqué, qui précise qu’une enquête a été ouverte pour déterminer la cause de la chute de l’hélicoptère. Trois autres personnes ont été blessées dans l’incident et sont actuellement soignées dans une unité médicale militaire.

L’armée américaine a aussi annoncé préparer avec les forces irakiennes un assaut majeur contre les résistants de Moqtada Al-Sadr à Najaf.

Par ailleurs, un site internet islamiste a diffusé, mercredi 11 août 2004, une video montrant "un Américain, agent membre de la CIA (agence centrale du renseignement) en train d’être décapité par un groupe de moudjahidine en Irak". Mais un responsable américain sous couvert de l’anonymat a démenti que l’homme décapité soit un membre de l’agence du renseignement américaine. "Aucun agent de la CIA n’est porté manquant" et l’agence du renseignement américaine sait où se trouve chacun de ses employés, a assuré ce responsable, précisant que les services de renseignement américains cherchent désormais à établir l’identité du "malheureux qui est tué" dans cette bande. La vidéo, dont l’authenticité ne peut être confirmée dans l’immédiat, montre un jeune homme, apparemment de type occidental, assis sur une chaise et entouré d’un groupe d’hommes cagoulés et armés, dont l’un lui tranche le cou à l’aide d’une arme blanche, avant de brandir la tête ensanglantée.

En outre, le chef du Congrès national irakien (CNI) Ahmed Chalabi, ancien protégé du Pentagone tombé en disgrâce pour ses liens présumés avec l’Iran, a regagné, mercredi 11 août, apparemment sans encombre, Bagdad, après une visite à Téhéran, en dépit d’un mandat d’arrêt pour fraudes émis par les nouvelles autorités judiciaires irakiennes. Le juge ayant délivré un mandat d’arrêt contre lui, Zouheir al-Maliki, avait prévenu, lundi 9 août, qu’il serait arrêté dès qu’il foulerait le sol de l’Irak. Il incombe maintenant "à la police et au ministère de l’intérieur d’agir", a-t-il dit mercredi 11 août 2004.

Toujours à Bagdad, un responsable a annoncé que la Conférence nationale chargée de lancer le processus politique conduisant aux élections générales de janvier 2005, débutera le 15 août 2004, en dépit de l’insécurité. Elle réunira environ 1200 personnes et désignera un Conseil consultatif et de contrôle, "le conseil national intérimaire" de 75 à 125 membres, qui tiendra lieu de parlement provisoire.

La situation à Najaf restait au centre de l’actualité : les combats opposant les forces américaines aux résistants du chef radical Moqtada Al-Sadr dans la ville sainte chiite depuis une semaine ont fait environ 200 morts et un millier de blessés. Dans la ville sainte, Moqtada Al-Sadr a appelé ses partisans à "continuer le combat contre les occupants" même s’il tombe "en martyr" ou s’il est "fait prisonnier".

En sept jours, les affrontements avec les troupes britanniques ont fait 22 tués et 109 blessés à Amara, selon le ministère de la Santé. Des affrontements meurtriers ont été aussi signalés à Kout ainsi qu’à Diwaniyah et Bassorah.

Les menaces d’attaques des résistants ont sérieusement compromis les exportations pétrolières du pays. La fermeture d’un oléoduc du sud a provoqué la baisse de moitié des exportations de pétrole et causé des pertes quotidiennes de 30 millions de dollars à l’Etat, selon le Conseil de sécurité nationale irakien.

Il a aussi accusé les résistants de Moqtada Al-Sadr d’avoir tué 14 personnes et blessé 67 autres ces derniers jours à Bagdad par salves d’obus tirés depuis le quartier chiite de Sadr City.

Par ailleurs 4 Irakiens ont été tués par l’explosion, mercredi 11 août 2004, d’une bombe artisanale sur un marché à Khan Beni Saad, à 25 km au nord-est de Bagdad, selon le ministère de la Santé.

A Mahmoudiyah, au sud de Bagdad, un des chefs du Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak (CSRII), Ali Saadi, a été tué par balles, selon un porte-parole de l’une des principales organisations chiites irakiennes.

A Téhéran l’agence Irna a annoncé l’arrestation par la police irakienne de trois de ses journalistes en poste à Bagdad dont le chef du bureau d’Irna, Mostafa Darban, en ajoutant ignorer où ils avaient été emmenés et ce qui leur est reproché. Initialement elle avait craint leur enlèvement. Un diplomate Fereydoun Jahani, avait disparu le 4 août 2004 sur la route entre Bagdad et Kerbala où l’Iran vient d’ouvrir un consulat.

Par contre un ressortissant jordanien enlevé, samedi 7 août, en Irak a été libéré, mercredi 11 août 2004, et a pu contacter sa famille, a annoncé son frère à Amman.

A Sofia par contre, le ministère bulgare des Affaires étrangères a annoncé que le corps retrouvé décapité le 22 juillet en Irak était bien celui d’Ivaïlo Kepov, le deuxième otage bulgare exécuté, en juillet 2004, par un groupe terroriste lié à Al-Qaïda.

Enfin, Saddam Hussein a détruit toutes les armes de destruction massive irakiennes après la première guerre du Golfe en 1991, a assuré mercredi soir à la télévision BBC, un ancien responsable du programme nucléaire irakien Jaffar Dhia Jaffar.

Agence France Presse

Tirs d’artillerie annonciateurs d’une vaste offensive sur Najaf

BAGDAD (AP) - Des bruits de violents tirs d’artillerie ont résonné dans la ville sainte chiite de Najaf, jeudi 12 août 2004, alors que les forces américaines poursuivaient leur offensive contre les résistants de l’imam chiite Moqtada Al-Sadr. On ignore si ce regain de tirs d’artillerie est annonciateur d’une vaste offensive contre les hommes de l’Armée du Mahdi mais l’armée américaine et les forces irakiennes avaient annoncé qu’elles se préparaient à un assaut à grande échelle pour écraser le soulèvement qui a commencé il y a une semaine à Najaf.

Mercredi 11 août 2004, pourtant, l’armée américaine avait déclaré qu’elle prendrait un peu plus de temps pour préparer son offensive sans toutefois donner de calendrier.

Cette offensive pourrait entraîner l’insurrection de l’ensemble de majorité chiite en Irak -y compris ceux qui sont opposés au soulèvement de Moqtada Al-Sadr- si jamais elle visait le tombeau de l’imam Ali, quatrième lieu saint de l’Islam et où de nombreux insurgés se sont retranchés.

Associated Press

Les forces américaines et irakiennes bloquent les accès au mausolée à Najaf

Les troupes américaines et les forces de sécurité irakiennes ont bloqué, jeudi 12 août 2004, toutes les voies menant au mausolée de l’imam Ali, dans la vieille ville de Najaf, place forte des partisans du chef radical chiite Moqtada Al-Sadr, a constaté un correspondant de l’AFP. Au moins trois véhicules bloquaient l’entrée sud du mausolée.

Il était quasi impossible de s’approcher des autres accès de ce lieu saint chiite, en raison des combats qui font rage. Mais plusieurs habitants ont déclaré avoir vu des chars américains en bloquer tous les accès jeudi 12 août 2004 au matin.

Des tirs incessants de canon de chars et de mitrailleuses lourdes des Marines retentissaient depuis 07h00 (03h00 GMT) dans la vieille ville où sont retranchés les partisans de Moqtada Al-Sadr. Deux hélicoptères américains survolaient dans le même temps le cimetière de Najaf, autre place forte des résistants de l’armée du Mehdi.

Agence France Presse

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