retour article original

lundi 26 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (9ème partie) : Août 2004
AFP, 13 août 2004

Irak : L’esprit de résistance ne cesse de s’étendre face à l’occupant et ses collaborateurs


BAGDAD (AFP) - Le chef chiite Moqtada Al-Sadr a été blessé, vendredi 13 août 2004, dans les affrontements entre ses résistants et les collaborateurs alliés à l’occupant, à Najaf, mais il a appelé ses hommes à continuer le combat, tandis que Washington excluait toute trêve olympique pour les opérations militaires en Irak.

Par ailleurs, un journaliste britannique a été enlevé dans son hôtel à Bassorah, selon la direction de l’hôtel.


Une vingtaine d’hommes masqués, dont certains portaient des uniformes de police, ont pénétré dans l’hôtel Al-Diyafa, jeudi 12 août 2004, à 23h00 (19h00 GMT) et ont demandé à la réception de consulter le livre des clients, a indiqué un employé de l’hôtel. "Un des membres du groupe a dit "comment osez-vous avoir des étrangers dans votre hôtel ?". Puis ils sont montés en trombe dans les étages", a raconté cet employé sans pouvoir préciser le nom du journaliste. "Nous avons entendu deux coups de feu et quelques minutes plus tard avons vu que les ravisseurs s’étaient emparés du journaliste qui saignait".

Moqtada Al-Sadr a "reçu trois blessures et son état de santé n’est pas connu pour le moment", a déclaré à l’AFP son porte-parole, cheikh Ahmed al-Chaibani, depuis le mausolée de l’imam Ali à Najaf, où les les forces américaines ont lancé, jeudi 12 août 2004, une vaste offensive contre ses résistants.

Un autre proche de Moqtada Al-Sadr, Ali Yasseri, a déclaré que M. Al-Sadr avait été blessé, vendredi 13 août 2004, "vers 07h00 (03h00 GMT) dans la vieille ville", mais sans préciser comment. La veille, les troupes d’occupation ont donné l’assaut à la maison de M. Al-Sadr qui s’est avérée vide. Mais malgré ses blessures, M. Al-Sadr a appelé ses partisans à "continuer le jihad (guerre sainte) même s’il meurt en martyr", a déclaré ensuite cheikh Chaibani. Ce dernier a tenu à rassurer ses partisans au sujet de la santé de M. Al-Sadr et de la situation à Najaf.

Parlant par ailleurs des négociations en cours pour tenter de trouver une solution à la crise, Moqtada Al-Sadr a affirmé, selon le porte-parole, que les pourparlers "n’avaient abouti à aucune solution" mais qu’ils se poursuivaient.

Jeudi 12 août, Washington a minimisé le rôle qu’il joue auprès du gouvernement intérimaire irakien sur la gestion de la situation dans la ville sainte chiite de Najaf, à plus de 100 km au sud de Bagdad, et affirmé que ses troupes n’avaient aucun plan pour attaquer le mausolée de l’imam Ali. Les Etats-Unis n’ont qu’un rôle limité de conseil, a assuré le porte-parole adjoint du département d’Etat, Adam Ereli, en soulignant que "le gouvernement d’Irak a des positions fermes sur l’importance d’asseoir son autorité dans tout le pays, notamment à Najaf", théâtre de violents combats depuis le 5 août 2004. "Nous sommes, à la fois au titre des Etats-Unis et de notre participation à la force multinationale en Irak, en consultations serrées avec le gouvernement d’Irak dans sa démarche", a dit M. Ereli, refusant de répondre aux questions sur les opérations militaires.

Dans ce contexte, M. Ereli a aussi indiqué que les opérations militaires en Irak ne sont pas soumises à la trêve traditionnellement observée pendant les Jeux olympiques, que les Etats-Unis ont pourtant signée en 2003 à l’ONU. Alors que les Jeux olympiques s’ouvrent en soirée à Athènes, il a indiqué que les soldats américains en Irak ne respecteraient pas la trêve qui appelle tous les pays en conflit à observer un traditionnel cessez-le-feu pendant les Jeux olympiques.

Mercredi 11 août et jeudi 12 août 2004, au moins 174 personnes ont été tuées et quelque 600 blessées en Irak dans des combats survenus principalement dans les villes chiites de Kout et Najaf ainsi qu’à Sadr City, quartier chiite déshérité de Bagdad.

Pour sa part, le président américain George W. Bush a de nouveau répété que les Etats-Unis n’allaient pas rester en Irak "un jour de plus que nécessaire", critiquant l’intention affirmée de son adversaire démocrate John Kerry de fixer une date pour une réduction des troupes américaines. "Le calendrier est le suivant : pas un jour de plus que cela est nécessaire. Et les commandants sur le terrain nous feront savoir à quel moment", a déclaré M. Bush à CNN sur les prévisions de retrait des quelque 140000 soldats américains actuellement en Irak. M. Bush a encore défendu sa décision d’engager la guerre en Irak, en affirmant que même la France pensait à l’existence d’armes de destruction massive mais n’était pas d’accord pour renverser Saddam Hussein.

Le candidat démocrate John Kerry progresse face au président républicain Bush sur le front de de l’économie et de l’Irak, selon un sondage publié jeudi 12 août 2004. Sur l’Irak, John Kerry est considéré, par 46 % contre 44 %, comme mieux à même de trouver une solution à l’engagement américain.

Par ailleurs, un Jordanien, enlevé, lundi 9 août 2004, en Irak, a été libéré.

Enfin, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda Oussama Ben Laden s’apprêterait à diffuser un message audio déclarant la fin de la trêve proposée aux pays européens s’ils ne retirent pas leurs troupes d’Irak, selon un site internet islamiste.

Agence France Presse

Selon le ministre irakien de l’Intérieur, Moqtada Al-Sadr négocierait son départ des lieux saints de Nadjaf

BAGDAD (Reuters) - L’imam chiite Moktada Al-Sadr n’est pas blessé et il négocie actuellement avec le gouvernement irakien son départ du mausolée de l’imam Ali à Nadjaf, a déclaré le ministre irakien de l’Intérieur Falah al-Nakib. Plusieurs porte-parole de Moqtada Al-Sadr avaient auparavant affirmé que l’imam avait été blessé dans un bombardement américain. "Personne ne fera de mal à Moktada s’il quitte le mausolée de façon pacifique. Une trêve est en place depuis la nuit dernière", a dit Nakib à Reuters.

Les marines américains, appuyés par la nouvelle Garde nationale irakienne, se sont emparés jeudi du domicile de l’imam lors de l’assaut final à Nadjaf. Mais le principal intéressé n’était pas là. Les forces américaines ont également pris le contrôle du centre-ville, sans toutefois s’aventurer dans le mausolée de l’imam Ali, le gendre du Prophète dont le sanctaire est l’un des sites les plus sacrés de la communauté chiite.

Reuters

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source