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mercredi 22 mars 2017
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AFP, 14 août 2004

Burundi : Plus de 150 morts dans l’attaque d’un camp de réfugiés


Un camp de réfugiés congolais dans la ville de Rugombo

BUJUMBURA (AFP) - Au moins 153 personnes ont été tuées et 111 blessées, vendredi 13 août au soir, lors de l’attaque d’un camp de réfugiés tutsis congolais à Gatumba, au Burundi, a indiqué, samedi 14 août 2004, à l’AFP le porte-parole de l’armée burundaise, le commandant Adolphe Manirakiza.

Burundi


"On a déjà dénombré 153 morts et 111 blessés. On n’a pas encore terminé, ce qui s’est passé ici est abominable", a-t-il ajouté. Le précédent bilan donné par un administrateur local faisait état de "plus de 100 morts".

Des soldats burundais

Cette attaque meurtrière, à la frontière avec la République démocratique du Congo, a été revendiquée par les rebelles hutus burundais des Forces nationales de libération (FNL), par la voix de leur porte-parole interrogé par l’AFP. "Cela fait plusieurs jours que l’armée nous attaque à Kabezi", à 15 km au sud de Bujumbura, a expliqué le porte-parole rebelle Pasteur Habimana. "Nous avons riposté cette nuit en attaquant le camp militaire et la brigade de gendarmerie de Gatumba. Les soldats se sont repliés dans le camp de réfugiés et les Banyamulenge se sont battus avec eux", a-t-il affirmé. "Il y a des Banyamulenge tués, ce sont des gens qui étaient en uniforme militaire, qui avaient des armes et qui ont tiré sur nous", a-t-il assuré.

Vue de Kabezi

Le camp de Gatumba est situé à 20 km à l’ouest de Bujumbura, la capitale burundaise et à seulement 4 km de la frontière congolaise. Ce camp accueille quasi exclusivement des Banyamulenge, Tutsis congolais originaires du Rwanda, qui avaient fui, en mai-juin 2004, les violences dans la province congolaise du Sud-Kivu, frontalière du Rwanda et du Burundi. De violents affrontements avaient alors opposé l’armée régulière congolaise à des soldats dissidents, menés par deux officiers Tutsis congolais, le général Laurent Nkunda et le colonel Jules Mutebusi.

Des rebelles congolais près de Bukavu, le 7 juin 2004

L’attaque de vendredi 13 août au soir intervient juste après la visite au Burundi, jeudi 12 août et vendredi 13 août 2004, du vice-président de la République démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, afin d’accélérer le retour de quelque 20000 Congolais réfugiés dans ce pays. "L’objet de cette visite est essentiellement de pousser au rapatriement des réfugiés congolais qui ont fui les derniers affrontements du Sud-Kivu", en mai-juin 2004, entre l’armée congolaise et des soldats dissidents, avait déclaré à la presse M. Ruberwa, à son arrivée à Bujumbura. "Nous venons examiner les conditions sécuritaires et humanitaires de leur retour", avait annoncé le vice-président congolais. Le rapatriement, qui va "se faire par étapes", peut déjà commencer par un premier groupe puisque "les conditions minimums de sécurité sont réunies", avait-il estimé.

Agence France Presse

Azarias Ruberwa

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