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AFP, 14 août 2004

Irak : L’armée du Mehdi conservera son armement


La trêve était observée, samedi 14 août 2004, dans la ville sainte chiite de Najaf, après neuf jours de violents combats opposant las résistants du chef chiite Moqtada Al-Sadr aux troupes américaines et forces de sécurité irakiennes, alors que la violence a gagné deux autres villes : Hilla et Samarra.


Moqtada Al-Sadr s’est adressé, vendredi 13 août 2004 au soir, à ses résistants, dans l’enceinte du mausolée de l’imam Ali, à Najaf, apparaissant souriant, en bonne forme physique avec seulement une main bandée. Il s’est adressé à ses partisans assis dans une cour intérieure du mausolée. Selon ses proches, il a été "légèrement" blessé par "des éclats d’obus à la poitrine, à la jambe et au bras lors d’une attaque alors qu’il inspectait ses troupes.

Le cessez-le-feu conclu, vendredi 13 août 2004, est "illimité et doit se poursuivre pour favoriser les négociations en cours", a indiqué Ahmed Chaibani, un porte-parole de M. Al-Sadr. Selon lui, l’accord a été conclu "entre l’armée du Mehdi, les forces d’occupation et ceux qui agissent avec elles", c’est-à-dire les miliciens de Moqtada Al-Sadr, les forces américaines et les forces du gouvernement intérimaire irakien.

Samedi 14 août 2004 au matin, des milliers d’Irakiens soutenant le chef chiite se trouvaient aux portes de la ville, après l’appel lancé la veille aux fidèles chiites de "marcher sur Najaf", a constaté un correspondant de l’AFP.

A Hilla, une ville à majorité chiite, à 100 km au sud de Bagdad, huit Irakiens ont été tués et 33 autres blessés dans des affrontements entre partisans de Moqtada Al-Sadr et la police appuyée par les forces polonaises, dans la nuit de vendredi 13 août à samedi 14 août 2004.

Samarra, une ville à majorité sunnite à 125 km au nord de Bagdad, a connu également des violences nocturnes et selon des sources policières et hospitalières, au moins 13 Irakiens ont été tués et 84 autres blessés dans des affrontements entre la résistance et les troupes américaines.

Mais l’armée américaine a affirmé, samedi 14 août 2004, avoir tué une cinquantaine de membres de la résistance à Samarra, après avoir largué des bombes de quelque 230 kg.

Dans plusieurs villes irakiennes, des milliers de personnes avaient manifesté, vendredi 13 août 2004, pour soutenir le jeune chef résistant et quelques milliers de manifestants sont venus à Najaf depuis Koufa, la ville jumelle de Najaf, pour soutenir les combattants de Moqtada Al-Sadr.

Des manifestations de soutien ont été organisées par ailleurs en Iran, à Bahreïn et au Liban.

Peu après son arrivée à Bagdad, l’envoyé spécial en Irak du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, Ashraf Jehangir Qazi, a appelé à une solution pacifique du conflit à Najaf. M. Qazi a lancé cet appel lors d’une rencontre avec le président Ghazi al-Yaouar et le Premier ministre intérimaire Iyad Allaoui. Le même appel a été lancé par M. Annan de New York. "Le secrétaire général réitère son appel à tous ceux concernés pour qu’ils fassent preuve du maximum de retenue dans ces circonstances difficiles", a déclaré son porte-parole en ajoutant que pour M. Annan "l’usage de la force ne devait être que le dernier recours". "Il estime que la stabilité devrait être recherchée par le dialogue, la réconciliation sur la base de négociations plutôt que par la violence", a-t-il ajouté.

Les prix du pétrole ont atteint de nouveaux records, vendredi 13 août 2004, sur un marché tétanisé par une combinaison inhabituelle de risques menaçant la production mondiale, dont la violence en Irak et le référendum controversé au Venezuela sur l’éviction du président Hugo Chavez. Le baril de brut à New York pour livraison en septembre a clôturé pour la première fois au-dessus de 46 dollars, atteignant 46,58 dollars, soit 1,08 dollar au-dessus du record de la veille. A Londres, le baril de Brent a dépassé les 43 dollars pour la première fois, clôturant à 43,88 dollars (+1,59 dollar).

Le principal oléoduc du sud de l’Irak a été arrêté pour des raisons de sécurité, a déclaré, samedi 14 août, un porte-parole de la Compagnie de pétrole du Sud à Bassorah. "La production a été arrêtée depuis le début de la crise et nous avons maintenant également cessé d’alimenter l’oléoduc", a déclaré ce porte-parole. La Compagnie de pétrole du Sud avait annoncé, lundi 9 août 2004, avoir arrêté le pompage de pétrole en raison de menaces proférées par des partisans de Moqtada Al-Sadr. Selon le gouvernement, si le principal oléoduc est arrêté dans le sud, l’Irak enregistre des pertes de 60 millions de dollars par jour.

L’armée du Mehdi conservera son armement

Cheikh Ahmed Chaibani, porte-parole de Moqtada Al-Sadr, a affirmé, samedi 14 août 2004, à l’AFP, que lors des négociations pour régler la situation dans la ville sainte de Najaf, son mouvement avait obtenu que les résistants du chef chiite "puissent conserver leur armement". "Nous avons réussi à ce que l’Armée du Mehdi puisse conserver ses armes et ne s’en servira qu’en cas de nécessité", a dit M. Chaibani, commentant les négociations en cours entre les parties prenantes au conflit.

De violents affrontements ont opposé pendant neuf jours, à Najaf, les résistants de l’Armée du Mehdi aux soldats américains et aux forces de sécurité irakiennes.

Il n’était pas possible de vérifier auprès des autorités irakiennes si les informations fournies par M. Chaibani étaient conformes à l’état des négociations en cours à Najaf. "C’est une gifle pour les Américains", a souligné cheikh Chaibani. Il a également indiqué qu’une "nouvelle session de négociations était en cours", samedi 14 août, en présence du cheikh Ali al-Soumeisim, représentant Moqtada Al-Sadr, tout en précisant que le cessez-le-feu, conclu vendredi 13 août 2004, "avait été respecté".

Le porte-parole du mouvement chiite a souligné que la manifestation en cours à Najaf, samedi 14 août 2004, et rassemblant plusieurs milliers de personnes, "se poursuivrait pour obtenir la démission du premier ministre intérimaire Iyad Allaoui, du ministre de l’Intérieur et de la Défense ainsi que du gouverneur de la province de Najaf" Adnane al-Zorfi.

A propos de la Conférence nationale irakienne, qui doit s’ouvrir, dimanche 15 août 2004, à Bagdad, et lancer le processus démocratique en vue des élections de janvier 2005 en Irak, Ahmed Chaibani a réitéré son opposition à y participer. "Nous ne participerons pas à cette conférence. C’est une plaisanterie", a-t-il souligné ajoutant que cette Conférence "avait été mise en place par les forces d’occupation".

Cheikh Chaibani, proche de M. Al-Sadr, a estimé par ailleurs que les musulmans chiites et sunnites étaient "unis" pour "soutenir" Moqtada Al-Sadr et que "la police irakienne et les gardes nationaux (auxiliaire de l’armes) collaboraient à Bassorah et Amara ainsi qu’à Sadr City (quartier chiite de Bagdad) avec les partisans de M. Al-Sadr".

Il a enfin indiqué que le chef résistant était "en très bonne santé". M. Al-Sadr, selon ses proches, avait été blessé, vendredi 13 août 2004, en inspectant ses troupes pendant les combats à Najaf.

Agence France Presse

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