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AFP, 14 août 2004

Burundi : La République démocratique du Congo exige que les coupables du massacre de Gatumba soient poursuivis en justice


Des réfugiés, au Burundi, en 2002

Le gouvernement de transition de la République démocratique du Congo (RDC) a exigé, samedi 14 août 2004, que les auteurs du massacre de 159 réfugiés congolais dans un camp au Burundi soient déférés devant des juridictions compétentes.

Burundi


"Le gouvernement de transition a exigé l’ouverture d’une enquête internationale pour établir et situer les responsabilités, mais également pour déférer devant les juridictions compétentes, tous les coupables de cette barbarie en vue d’un châtiment à la mesure de leur forfait", a déclaré le ministre de l’Information congolais au cours d’un point de presse.

Le camp de réfugiés de Rugombo, au Burundi

M. Henri Mova Sakanyi a exprimé la peine du gouvernement congolais face à ces massacres et son étonnement que ces réfugiés placés sous la protection du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et du gouvernement burundais "aient été impunément et sauvagement assassinés". "Ce camp de réfugiés est pourtant situé près d’un camp de l’armée burundaise", s’est étonné le porte-parole du gouvernement congolais, affirmant que "le gouvernement burundais ne doit pas se soustraire de ses responsabilités de même que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)". Il a rappelé que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, informé de la situation alors qu’il était en route pour Port-Louis (Ile Maurice) et en tant que "garant de la Nation", a élevé "une énergique condamnation de cet acte ignoble perpétré contre la population civile congolaise".

Joseph Kabila

Le gouvernement congolais -qui se réunit en urgence en conseil des ministres extraordinaire- a condamné en outre l’attaque de ce camp de réfugiés sous la protection internationale en ce qu’elle viole les lois internationales de protection des réfugiés. Il a décidé l’envoi d’urgence d’une aide humanitaire pour prendre soin des blessés et des morts, affirmant par ailleurs que le vice-président Azarias Ruberwa et sa délégation, actuellement à Bujumbura, ont été chargés de définir les dispositions pratiques de collaboration sur la question avec les autorités burundaises.

Vue de Bujumbura

En réponse à une question de la presse sur une éventuelle implication de l’armée congolaise dans ces massacres, M. Mova a déclaré que "seule une enquête libre et indépendante que nous voulons internationale pourrait déterminer l’identité exacte des assaillants". "Nous nous refusons à toute déclaration tendancieuse car il serait mal venue de se perdre en conjectures", a-t-il dit, faisant allusion aux allégations attribuées notamment au président burundais, Domitien Ndayizeye, impliquant les Forces armées de la RDC (FARDC).

Agence France Presse

Des enfants soldats en République démocratique du Congo. Témoignage : Albert avait 15 ans lorsqu’il a été recruté par le RCD-Goma en 1999 : "Je peux vous dire par expérience personnelle que nous kadogos [enfants soldats] nous étions plutôt nombreux. Après la capture d’un village, ce qui arrivait, c’est qu’ils nous donnaient du chanvre [haschich] et nous forçaient à tuer des gens pour nous endurcir. Parfois, ils amenaient des femmes et des filles pour être violées. Les officiers ne justifiaient jamais leurs actes. Chaque fois qu’ils faisaient quelqu’un prisonnier, ils ordonnaient aux kadogos de faire ces choses devant les soldats adultes, comme si c’était un spectacle, pour humilier les villageois. Cela ne nous intéressait pas mais ils nous battaient si nous refusions d’obéir. Avant de faire cela, avant de tuer quelqu’un, vous deviez fumer du hasch - et une fois que vous l’aviez fumé, cela empêchait l’esprit de la personne que vous avez tuée d’entrer dans votre corps"

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