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lundi 27 février 2017
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AP, 15 août 2004

Irak : La conférence nationale se tient sous haute sécurité

par Jamie TARABAY


BAGDAD (AP) - Des centaines de délégués, venus des quatre coins de l’Irak, se sont réunis, dimanche 15 août 2004, à Bagdad, au premier jour de la Conférence nationale, considérée comme une étape essentielle de la démocratisation du pays, en dépit de la poursuite des violences ; notamment à Bagdad, où des attaques au mortier ont fait au moins un mort et plusieurs blessés à la mi-journée.


Au moins une personne a été tuée et plusieurs autres ont été blessées, dans trois attaques au mortier contre une station du bus dans le centre de Bagdad, non loin de la « zone verte » où se tient la conférence. Selon la police irakienne, les assaillants visaient le lieu de la réunion mais la station de bus a été touchée par erreur.

Peu avant ces attaques, le Premier ministre irakien Iyad Allaoui s’était exprimé devant les délégués lors d’un discours d’inauguration de la conférence. « Pour nous, cette conférence n’est pas la fin de la route, c’est la première étape (...) pour ouvrir des horizons de dialogue », avait-il déclaré. « Votre réunion bénie ici est un défi aux forces du mal et de la tyrannie qui veulent détruire ce pays ».

La Conférence nationale, qui réunit 1300 délégués de 18 provinces ainsi que des chefs tribaux, religieux et politiques afin d’être « représentative de la société irakienne dans sa diversité », comme l’a voulu l’ONU, doit participer à l’élection d’un Conseil national composé de 100 membres. Ce conseil sera chargé de conseiller, voire de censurer le gouvernement intérimaire jusqu’à l’élection au 31 janvier 2005 au plus tard d’une Assemblée nationale de transition qui formera le gouvernement de transition et rédigera une nouvelle Constitution. Un exécutif sera élu le 31 décembre 2005 au plus tard.

« C’est un grand jour dans l’Histoire de l’Irak », a déclaré, dimanche 15 août 2004, Mithal al-Aloussi, délégué du Congrès national irakien. « Tenir cette conférence est un pas important dans la création d’une sorte de contrôle du gouvernement, en accord avec le mandat constitutionnel. »

Mais peu après les discours d’inauguration, des délégués chiites ont posé un ultimatum au gouvernement provisoire irakien, lui demandant de mettre fin aux opérations militaires en cours dans le pays, notamment à Najaf, et de reprendre les négociations avec les résistants de l’imam chiite Moqtada al-Sadr.

Nadim al-Jadari, un responsable du Conseil politique chiite, a ainsi menacé de quitter la conférence si le gouvernement provisoire irakien et les résistants de Moqtada Al-Sadr ne reprenaient pas les négociations pour mettre fin aux combats dans la ville sainte. »

« Le gouvernement irakien porte la responsabilité de ce qui se passe à Najaf. Il a amené les forces américaines à frapper notre peuple à Najaf », a déclaré Falah Hassan, un autre responsable du Conseil politique chiite. « Nous demandons l’arrêt des opérations militaires à Najaf et dans les autres régions d’Irak. Nous nous retirerons de la conférence d’ici 24 heures si nos demandes ne sont pas satisfaites », a-t-il ajouté.

Malgré ces déclarations et la reprise des combats à Najaf, de nombreux délégués ont déclaré, dimanche 15 août 2004, qu’ils souhaitaient assister à la conférence, en dépit de leur colère face à la situation dans la ville sainte.

De puissantes explosions ont retenti, dimanche 15 août 2004, près du cimetière de la ville sainte de Najaf, où sont retranchés un grand nombre de résistants.

« Nous sommes contre le massacre de gens innocents à Najaf, mais nous pensons que c’est mieux de participer au processus politique, plutôt que de refuser, car nous aurons de meilleures chances d’exprimer nos vues », a expliqué Mohammed Ali, un religieux chiite.

Malgré l’absence annoncée des partisans de Moqtada Al-Sadr, ainsi que de l’Association des oulémas, organisation religieuse liée aux résistants, 70 groupes différents ont accepté de participer à la conférence nationale. Le sommet se déroule dans la « zone verte », enclave d’accès très contrôlé qui abrite notamment le gouvernement intérimaire et les ambassades américaine et britannique. Les délégués doivent séjourner à l’hôtel ou chez des connaissances.

Le rassemblement étant une cible rêvée pour la résistance, le couvre-feu a été décrété, à Bagdad, de 08h00 à 16h00, le temps nécessaire.

Jamie TARABAY

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