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AFP, 15 août 2004

Burundi : L’armée aurait été prévenue de l’attaque du camp de réfugiés de Gatumba


Le camp de réfugiés de Gatumba, après le massacre qui s’y est déroulé

GATUMBA (AFP) - Les parents des quelque 160 victimes du massacre perpétré, vendredi 13 août, au Burundi, contre des réfugiés congolais tutsis, pleuraient, dimanche 15 août, leurs morts, tandis que les questions restaient nombreuses entourant cette tuerie condamnée avec force par la communauté internationale.

Le conseil de sécurité de l’ONU doit, de son côté, tenir, dimanche 15 août 2004, des consultations informelles après le massacre de Gatumba.

Burundi


Initialement prévues dimanche 15 août, les obsèques ont finalement été reportées à lundi 16 août 2004, 13h00 (11h00 GMT), en raison de problèmes de logistique. Elles seront organisées à proximité du lieu du drame, à Gatumba, près de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). "Tout n’est pas encore prêt, il n’y a pas encore suffisamment de cercueils, les tombes ne sont pas encore prêtes. Et on attend des membres des familles des disparus (en provenance) de Kigali et Kinshasa", a expliqué le ministre burundais de la Formation professionnelle Gaudefroid Hakizimana. En conséquence, "on a jugé plus sage de reporter la cérémonie à demain 13h00", a-t-il conclu. "Nous sommes d’accord (avec cette décision). Il y a plusieurs problèmes de logistique et les morts doivent être enterrés dans la dignité", a déclaré le président de la communauté des réfugiés banyamulenge (Tutsis congolais) à Gatumba, Enoch Niyontezeho.

Des victimes du massacre de Gatumba, le 15 août 2004

Le bilan de l’attaque, toujours provisoire, varie entre 150 et 165 morts. Selon l’armée burundaise, il y a eu 159 morts, selon l’Opération de l’ONU au Burundi (Onub) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), "plus de 150 morts". Enoch Niyontezeho évoque "au moins 165 morts". En outre, selon Médecins sans frontières (MSF), 108 personnes sont hospitalisées et des cadavres pourraient encore se trouver dans les marécages à proximité du camp, selon plusieurs sources.

Un rescapé du massacre de Gatumba, le 15 août 2004

Les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL) ont très vite revendiqué cette attaque sanglante, perpétrée à la machette, au couteau, à la houe, à la grenade, à l’essence et avec des armes à feu. Toutefois, selon plusieurs sources, des Congolais et des extrémistes rwandais hutus, basés en RDC, faisaient également partie des assaillants, rassemblés dans une "coalition" anti-tutsie.

Des membres des Forces nationales de libération (FNL)

Plusieurs questions restaient en suspens, dimanche 15 août 2004, notamment sur l’attitude de l’armée burundaise. Selon un haut responsable de la police burundaise, qui a requis l’anonymat, les autorités avaient été prévenues cette semaine de l’imminence d’une attaque visant les réfugiés congolais. L’armée a toutefois nié cette information.

Des soldats burundais

La situation géographique du camp de Gatumba, implanté à 4 km de la RDC et géré par le HCR, était aussi l’objet de polémique. "On attendait depuis deux mois le feu vert du gouvernement burundais pour déplacer le camp" dans un endroit plus sûr, éloigné de la frontière, s’est défendue la coordinatrice des opérations d’urgence du HCR au Burundi, Christine Neveu.

Scène de vie dans un camp de réfugiés, au Burundi, le 20 juin 2004

Ce massacre, que certains rescapés qualifient d’actes de "génocide", a unanimement été condamné par la communauté internationale. L’Union africaine (UA) a condamné ces "actes de barbarie", ajoutant qu’elle ferait son possible pour "livrer les coupables à la justice afin qu’ils soient punis de façon appropriée conformément au droit international".

Olusegun Obasanjo

Un sommet extraordinaire de chefs d’Etat sur ce massacre s’est tenu, dimanche 15 août 2004, à Pointe-Noire (Congo), autour du chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo, également président en exercice de l’Union africaine. Le président rwandais Paul Kagame était notamment présent.

Paul Kagame

La Grande-Bretagne s’est dite "choquée" par le massacre. "Ce triste événement souligne le besoin d’un processus de réconciliation dans la région des Grands Lacs, et nous espérons que la conférence des Grands Lacs (prévue en novembre en Tanzanie) aidera", a ajouté Londres. La France, l’Allemagne et la Belgique, ancienne puissance coloniale, ont également condamné ce massacre et appelé à punir les coupables.

Agence France Presse

Vue de Pointe-Noire

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