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7 avril 2015

Histoire : La vengeance des Khazars

par René-Louis BERCLAZ


Impacts de projectiles dans la pièce où a été exécutée la famille Romanov

Prisonnière à Ekaterinbourg (Oural) depuis le 30 avril 1918, la famille impériale de Russie (le tsar, la tsarine, le prince héritier, ses quatre sœurs, ainsi qu’une poignée de fidèles) fut massacrée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.


Robert Wilton

Un agent des services de renseignements britanniques, Robert Wilton, a pu avoir accès aux dossiers du juge Sokolov, chargé de l’enquête par le gouvernement de l’amiral Koltchak. Cet « honorable correspondant » publia, en 1920, un ouvrage intitulé Les Derniers Jours des Romanov. Robert Wilton y révèle la responsabilité de chefs révolutionnaires juifs dans ce massacre. Les ordres suivirent la chaîne de commandement, de Lénine et Sverdlov jusqu’aux bourreaux. Cette implication fut confirmée par le général Dieterichs, adjoint de l’amiral Koltchak. Chargé de superviser l’enquête du juge Sokolov, il publia, en 1922, le résultat de ses recherches : Le meurtre de la famille impériale et des membres de la Maison Romanov dans l’Oural. Dans l’ensemble, les faits furent établis par les enquêteurs arrivés sur la scène du crime peu après le massacre, mais plusieurs versions, parfois contradictoires, circulèrent quant aux circonstances exactes à cause des rumeurs propagées par les tueurs afin de brouiller les pistes. Les résultats de l’enquête établirent que les Romanov et quatre personnes de leur suite furent massacrés par fusillade, acte final d’un plan visant à exterminer la dynastie régnante et ses partisans, de la base au sommet du régime impérial.

Nikolaï Sokolov

Le responsable de la détention et de l’exécution de la famille impériale était le juif , commissaire régional à la Guerre, âgé de 42 ans. Arrivé en Russie dans le même wagon que Lénine, Golostchekine était connu pour être un bourreau cruel et dégénéré.

Filip Golostchekine

Le 12 juin 1918, le frère cadet du tsar fut exécuté à Perm, ce qui laisse à penser que la mise à mort de tous les Romanov fut décidée en haut lieu dès ce moment-là.

Le 4 juillet 1918, les gardiens de la maison Ipatiev et leur chef furent remplacés. Le nouveau chef était le juif Iankel Chaïmovitch Iourovsky, âgé de 41 ans, directement subordonné à Golostchekine.

Iakov Mikhaïlovitch Iourovski

Le 12 juillet 1918, Hermogène, évêque de Tobolsk, fut tué par des Gardes rouges sur la route entre Ekaterinbourg et Tobolsk : pour avoir accompli son devoir religieux envers les prisonniers, il avait été arrêté et emprisonné dans une prison d’Ekaterinbourg, puis libéré sous caution juste avant son assassinat.

Le 16 juillet 1918, les gardiens de la famille impériale, de simples Gardes rouges, furent désarmés sur ordre du commandant Iourovsky juste avant l’arrivée des bourreaux.

Les premiers enquêteurs découvrirent une inscription en langue allemande sur le mur de la chambre du crime écrite par l’un des bourreaux, entourée de « quatre signes cabalistiques » : Belsatzar ward in selbiger Nacht, Von seinem Knechter umgebracht. Traduction : Balthazar fut, en cette même nuit, tué par ses esclaves.

L’auteur de cette inscription s’est manifestement inspiré d’un poème de Heinrich Heine évoquant l’assassinat du roi de Babylone, Balthazar, écrivant toutefois Belsatzar au lieu de Belsazar, selon l’orthographe germanique.

Dans Le Festin de Balthazar (Daniel 5), l’Ancien Testament nous raconte que le roi de Babylone convia les grands du royaume, au nombre de mille, à boire dans les vases d’or que son père Nabuchodonosor avait rapporté du Temple de Jérusalem. Au cours du festin, des mots mystérieux apparurent sur les murs du palais, que le prophète Daniel déchiffra ainsi : « Mané (compté) veut dire que Dieu a compté les jours de ton règne et en a marqué la fin, Thécel (pesé), que tu as été mis dans la balance et trouvé trop léger, Pharès (divisé), que ton royaume sera partagé ». Daniel accusa Balthazar d’avoir déplu à Yaveh et d’avoir profané les vases sacrés du Temple de Jérusalem (Daniel 5, 23). Balthazar eut beau se repentir publiquement et nommer Daniel à la troisième place du gouvernement du royaume, il fut assassiné le soir même (Daniel 5, 30).

De même que le roi Balthazar, le tsar et ses descendants devaient être exécutés pour que, par le sang versé, la prophétie de Daniel s’accomplisse à nouveau. Une telle mise à mort, placée sous le signe de la Cabale et de la magie noire, ne peut que faire réfléchir tous ceux qui seraient tentés de s’opposer au destin du peuple élu, déterminé par Yaveh selon une interprétation cabalistique de l’Ancien Testament. Comme Balthazar le païen, le tsar très chrétien passait pour un usurpateur selon le Talmud : seul Israël détient de Yaveh la souveraineté de tous les Royaumes et les juifs sont les seuls maîtres de droit divin de tous les biens de ce monde...

Un diplomate, transfuge du régime des soviets, Grégoire Bessedovsky, a publié, en 1930, le récit de sa vie dans les années qui suivirent la Révolution bolchévique. Il y rapporte l’hallucinante confession de l’un des tueurs, le juif Piotr Voikov. Les précisions données par le tueur se recoupent avec les conclusions de la nouvelle enquête diligentée par les autorités de la Russie postcommuniste, au bénéfice des méthodes scientifiques les plus récentes. Malgré le zèle des tueurs pourvus d’importants moyens pour effacer toute trace du crime et pour brouiller les pistes, les indices recueillis sur place furent suffisants pour reconstituer les faits et confirmèrent, pour l’essentiel, la première enquête menée par le juge Sokolov et la confession du bourreau Voikov.

Pyotr Lazarevich Voykov

On observera que les mêmes, sous un autre masque, sont actuellement à l’œuvre contre les populations du Moyen-Orient. N’oublions jamais que le judéo-bolchévisme fut responsable, dans la seule Russie, de la mort de quinze millions de personnes.

« Vous savez, dit-il, cette brute de Jurovsky [Iourovsky] a commencé d’écrire ses mémoires. Le Bureau politique en a eu vent ; on l’a fait venir et on lui a ordonné de brûler immédiatement le manuscrit. C’est à ce moment que le Bureau politique vota une résolution interdisant de publier des mémoires relatifs à l’assassinat du tsar. Cela n’était que très naturel, car Jurovsky s’y était très mal pris et l’exécution avait été une chose honteuse, une véritable boucherie.

« La question de l’exécution des Romanoff avait été mise à l’étude par le soviet de la région de l’Oural selon le désir de ses membres. J’en faisais partie comme commissaire de l’approvisionnement. Ce soviet demandait avec insistance à Moscou que le tsar soit fusillé. Il indiquait que les ouvriers de l’Oural se montraient fort mécontents de la lenteur des autorités ; le tsar vivait à Ekaterinbourg « come dans une villégiature ». Moscou ne donnait pas son assentiment, car on estimait que le tsar ferait l’objet d’un échange avec l’Allemagne. On voulait tout simplement vendre le tsar aux Allemands et recevoir une forte compensation. On espérait surtout que l’Allemagne, pour obtenir la famille impériale, consentirait à de fortes réductions des 750 millions de roubles-or qui avaient été imposés comme contribution par le traité de Brest-Litovsk. Il se trouvait aussi quelques membres du comité central –dont Lénine– qui s’opposaient à l’exécution pour des considérations de principe. Ils pensaient qu’on ne pouvait pas fusiller les enfants. Lénine indiquait que la grande révolution française avait exécuté le roi et la reine, mais avait épargné le dauphin. On parlait aussi de l’impression défavorable pour les soviets que produirait à l’étranger la nouvelle de l’exécution des enfants.

Mais le conseil de l’Oural et le comité communiste de l’Oural continuaient à réclamer la mort. Moi –Voikov fit un grand geste théâtral– j’étais un des partisans les plus acharnés de cette mesure. Une révolution doit se montrer sans pitié pour les monarques renversés ; sans quoi, elle risque de n’être plus populaire. On devait surtout compter avec les masses ouvrières de l’Oural, animées d’un esprit révolutionnaire très aigu.

« Le comité de l’Oural du parti communiste vota définitivement la mort le 6 juillet 1918. Aucun de ses membres ne vota contre. La mort fut votée pour toute la famille et plusieurs communistes influents furent chargés de faire ratifier cette décision par Moscou. Deux camarades originaires de l’Oural, Sverdlov [juif] et Krestinsky [juif], actuellement ambassadeur à Berlin, nous aidèrent puissamment dans cette tâche. Ils entretenaient des relations suivies avec les gens de l’Oural et ils furent nos meilleurs avocats. Leur tâche ne fut pas facile, car une partie des membres du comité central persistait à dire que les Romanoff étaient entre nos mains un bon atout dans notre jeu avec l’Allemagne. Il faudrait être à bout de toute solution pour se départir de cet atout. Les gens de l’Oural eurent alors recours aux derniers moyens. Ils annoncèrent qu’il n’était pas possible de garantir la sécurité des Romanoff, car les Tchéco-Slovaques [la Légion tchèque] finiraient par s’en emparer dans leur marche sur l’Oural. Ce dernier argument finit par convaincre tout le monde, car tout le monde craignait que le Romanoff tombât entre les mains de l’Entente. Le sort du tsar fut ainsi décidé, en même temps que celui de toute sa famille.

Iakov Sverdlov

« En apprenant que la chose était ratifiée (c’est Golostchekine qui apporta cette nouvelle de Moscou), Belobodorov mit à l’ordre du jour la question de savoir de quelle façon on procéderait à l’exécution. Le comité central avait prévenu Ekaterinbourg qu’il faudrait de toute façon cacher le fait aux Allemands, car ceux-ci continuaient à demander avec insistance qu’on leur livrât la tsarine, l’héritier du trône et les grandes duchesses. Belobodorov proposa le plan suivant : une mise en scène de rapt de toute la famille qu’on entraînerait dans une forêt où tous ses membres seraient fusillée. Quant au tsar lui-même, il serait fusillé publiquement après lecture d’un arrêt de mort motivé. Golostchekine n’était pas du même avis ; il prétendait que la mise en scène serait trop difficile à exécuter. Il proposait donc de procéder à l’exécution dans la forêt et de jeter les corps dans l’ouverture d’un puits d’une mine abandonnée ; ensuite on annoncerait la mort du tsar et le transfert de sa famille dans un endroit plus sûr.

Alexandre Belobodorov

« Voikov s’étendit longuement sur les débats qui eurent lieu. Son projet à lui (il prit, me dit-il, par deux fois la parole pour le défendre), consistait à transporter les victimes vers le bord de la grande rivière la plus proche, les fusiller et jeter les corps dans l’eau après leur avoir attaché solidement des poids suffisants. Cette méthode serait la plus « proprette » : une salve au bord d’une belle rivière avec lecture de l’arrêt puis « inhumation par immersion ». Voikov prétendait que l’immersion était un genre de mort convenable et ne discréditerait pas la Révolution. Finalement le soviet décida que les Romanoff seraient fusillés dans la maison Ipatiev et que les corps seraient détruits. Cette résolution contenait également l’indication que le médecin, le cuisinier, le domestique, la femme de chambre et le mitron attachés à la famille impériale « se sont eux-mêmes condamnés à la peine de mort et doivent être fusillés avec les autres ». Jurovsky en sa qualité de commandant de la maison Ipatiev était chargé de l’exécution de la résolution. Voikov, en sa qualité de représentant du comité du parti de la région, devait assister à l’exécution. Comme spécialiste des sciences naturelles et plus exactement de la chimie, il devait élaborer les plans de la destruction totale des corps. Il était aussi chargé de signifier à la famille la lecture de l’arrêt de mort. Il apprit cet arrêt par cœur afin de pouvoir procéder avec toute la solennité possible ; il estimait qu’il entrerait dans l’Histoire comme l’un des personnages principaux de la tragédie. Mais Jurovsky lui aussi « voulait entrer dans l’Histoire » et il se mit à tirer sans avoir prévenu Voikov. Cela lui valut une haine implacable de Voikov qui ne l’appelait plus que « boucher, idiot, animal, etc. »

« La question des armes à employer fut soigneusement étudiée. On décida de prendre des revolvers car les fusils feraient trop de bruit et attireraient l’attention des habitants d’Ekaterinbourg. Voikov astiqua son Mauser calibre 7,65, il le sortit de sa poche et le montra. Jurovsky avait un Mauser du même modèle.

Un pistolet Mauser

« Selon Voikov, Jurovsky était si pressé d’en finir qu’il transforma « un acte héroïque solennel » en simple boucherie ; le mitron avait été épargné sur l’intervention de Voikov et contre le gré de Jurovsky ; celui-ci, sanguinaire, ne voulait pas diminuer le nombre de ses victimes.

« Dans la nuit du 17 juillet, Voikov se présenta à la maison Ipatiev accompagné du président de la Tchéka d’Ekaterinbourg. Jurovsky fit son rapport : la famille est réveillée et invitée à descendre dans le sous-sol afin d’être prête pour la « réexpédition ». On leur avait dit que la ville d’Ekaterinbourg n’était pas tranquille, qu’on craignait une attaque et que par mesure de précaution il fallait se tenir dans la cave ; la famille y descendit à deux heures quarante-cinq (Voikov tira sa montre). Jurovsky, Voikov, le président de la Tchéka et les Lettons de la Tchéka se disposèrent près de la porte. Les membres de la famille avaient l’air tranquille. Ils paraissaient habitués aux alertes nocturnes et aux déplacements fréquents. Certains étaient assis sur des chaises avec des oreillers placés sur les sièges ; d’autres se tenaient debout. Le tsar fit quelques pas vers Jurovsky qu’il considérait comme le chef et lui dit tranquillement :

‒ Nous voilà tous rassemblés ; qu’allons-nous faire à présent ?

Nicolas II et sa famille

Voikov s’avança pour lire la résolution du Soviet de l’Oural, mais Jurovsky ne le laissa pas faire. Il s’approcha du tsar et dit :

‒ Nicolas Alexandrovitch, vous allez être fusillé avec votre famille selon la décision du Soviet de l’Oural.

Cette phrase parut au tsar si inattendue qu’il dit machinalement :

‒ Quoi ?

« Jurovsky fit feu au même moment, à bout portant, tirant plusieurs coups ; le tsar tomba. Aussitôt les autres se mirent à tirer aussi et les victimes tombèrent l’une après l’autre à l’exception de la femme de chambre et des jeunes filles. Les filles du tsar restèrent debout emplissant la pièce de cris terribles. Des balles ricochèrent. Jurovsky, Voikov et les Lettons se ruèrent sur les survivantes et tirèrent encore à la tête.

« Le crime accompli, Jurovsky, Voikov et deux Lettons examinèrent les cadavres et enfoncèrent dans les corps les baïonnettes de deux fusils que l’on avait apportés de chez le commandant. Voikov me dit que le tableau était terrifiant. Les corps gisaient à terre en poses de cauchemar, les visages défigurés par le désespoir et les balles. Le plancher était devenu glissant comme dans un abattoir. L’air était rempli d’une odeur étrange. Jurovsky paraissait très calme. Infirmier de profession, il avait l’habitude de voir du sang humain. Il enleva soigneusement les bijoux. Voikov voulut avoir sa part et tira le doigt d’une des grandes duchesses ; le corps se retourna sur le dos, du sang jaillit de la bouche avec un bruit sinistre. Voikov eut peur et se mit de côté.

Yakov Yourovski (le commandant de la maison Ipatiev), Ermakov, Nikouline et Medvedev sont quatre des dix ou onze assassins ayant pris part au massacre de Nicolas II et sa famille

« Quelque temps après on chargea les corps sur un camion placé près de l’entrée. Puis on s’en fut vers une mine abandonnée, repérée d’avance. Jurovsky y partit avec le camion.

« Voikov resta à Ekaterinbourg, car il devait préparer tout ce qui était nécessaire pour la destruction finale. On avait désigné pour cette besogne quinze membres éprouvés de l’organisation d’Ekaterinbourg et de Verkhne Isetsk. Ils étaient munis de haches neuves soigneusement aiguisées, du type employé dans les boucheries pour disséquer les carcasses de bœufs. Voikov fit aussi une provision d’acide sulfurique et d’essence.

« La destruction des corps commença le lendemain et elle se fit sous la direction de Voikov. Jurovsky était présent, avec Beloborodov et Golostchekine qui se rendirent sur place à plusieurs reprises pour surveiller l’opération. Le travail le plus difficile fut le dépeçage. Voikov tremblait en me parlant de ce détail. Il me dit que, cette partie de leur besogne terminée, les hommes se trouvèrent devant un amas de troncs, de jambes, de bras et de têtes. On aspergea l’amas sanguinolent d’essence et d’acide sulfurique et on y mit le feu qui dura deux jours et deux nuits. Les réserves d’acide et d’essence apportées par Voikov furent insuffisantes. Il fallut à plusieurs reprises aller chercher de nouvelles fournitures ; en attendant on restait devant le bûcher entouré de fumée sentant la chair humaine…

‒ C’était effroyable, me dit Voikov en terminant. Tous les camarades étaient littéralement fous. Jurovsky lui-même dit qu’il n’en pouvait plus et qu’une autre journée pareille l’aurait rendu bon pour l’asile. On chercha à en finir rapidement. On fit un nouveau tas avec ce qui restait des corps carbonisés. Nous jetâmes quelques grenades dans l’orifice de la mine pour faire éclater la glace éternelle qui l’obstruait et nous précipitâmes dans le trou ce qui restait encore d’ossements noirs et, pour les disperser, nous jetâmes encore plusieurs dizaines de grenades. L’emplacement du bûcher fut creusé à une assez grande profondeur et la cavité remplie de feuilles et de mousse pour le cacher aux hommes… » Grégoire Bessedovsky, Oui, j’accuse (au service des soviets) Librairie de la Revue Française, Paris, 1930, pages 80 à 86.

René-Louis BERCLAZ

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