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lundi 27 février 2017
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AFP, 17 août 2004

République démocratique du Congo : Le Burundi et le Rwanda menacent d’intervenir militairement


Les cercueils des victimes du massacre de Gatumba, le 16 août 2004

BUJUMBURA (AFP) - Le Rwanda et le Burundi ont menacé d’intervenir en République démocratique du Congo (RDC), à la suite du massacre de 160 Congolais perpétré au Burundi par des assaillants venus probablement de RDC, mettant ainsi la région des Grands Lacs de nouveau en ébullition.

République démcratique du Congo


"Je n’exclus pas une offensive vers le Congo (RDC), visant à faire respecter les frontières de notre pays", a déclaré, mardi 17 août, à Bujumbura, le chef d’état-major général de l’armée burundaise, le général Germain Niyoyankana. Il a justifié cette éventuelle intervention par le fait que l’armée congolaise est, selon lui, "impliquée, directement ou indirectement" dans le massacre de vendredi 13 août 2004, qui a fait quelque 160 morts. Cette attaque a ciblé le camp de réfugiés congolais tutsis de Gatumba, situé dans l’ouest du Burundi, à seulement 4 km de la frontière avec la RDC.

Le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, après le massacre du 13 août 2004

Lundi 16 août 2004 au soir, le président rwandais Paul Kagame, tutsi, avait fait des déclarations dans le même sens que le Burundi, affirmant que son pays ne pouvait pas "rester les bras croisés" après cette tuerie et critiquant l’impuissance de l’ONU.

Paul Kagame passe en revue des soldats rwandais en partance pour le Darfour, à Kigali, le 14 août 2004

Ces menaces lancées par le Rwanda et le Burundi, où le pouvoir est dominé par la minorité tutsie, sont des "déclarations de guerre", a commenté un fonctionnaire international à Bujumbura, qui a requis l’anonymat. La région des Grands Lacs, qui englobe la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, est particulièrement instable depuis une décennie. La République démocratique du Congo sort à peine de cinq ans de guerre (1998-2003), qui a impliqué une demi-douzaine de pays dont le Rwanda et le Burundi, et qui a fait, directement ou indirectement, trois millions de morts. De son côté, le Burundi est déchiré depuis 1993 par une guerre qui a coûté la vie à quelque 300000 personnes. Et le Rwanda est toujours traumatisé par le génocide de 1994 qui a fait, selon l’ONU, environ 800000 morts, essentiellement des Tutsis.

Des soldats rwandais à Kigali, le 14 août 2004

Les déclarations faites cette semaine par Kigali et Bujumbura rappellent "étrangement" le début des guerres de 1996 et 1998 en République démocratique du Congo, a fait remarquer le fonctionnaire international. En effet, en 1996 et 1998, le Rwanda et le Burundi étaient intervenus dans l’est de la République démocratique du Congo voisine, très riche en minerais, officiellement pour des raisons de sécurité. Kigali avait justifié son attitude par la nécessité, selon elle, de désarmer les extrémistes rwandais hutus, impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda et qui avaient trouvé refuge dans l’ex-Zaïre. Bujumbura avait expliqué qu’elle voulait en finir avec les rebelles hutus burundais qui étaient basés en République démocratique du Congo.

Des enfants soldats en République démocratique du Congo

Six ans après, le Rwanda et le Burundi avancent les mêmes arguments pour une éventuelle offensive en République démocratique du Congo, affirmant que le massacre de Gatumba a été perpétré par une coalition anti-tutsie venue de ce pays et composée d’extrémistes hutus rwandais, de rebelles hutus burundais et de Congolais.

Des rebelles congolais près de Bukavu, le 7 juin 2004

Le numéro 1 de l’armée burundaise a estimé, mardi 17 août 2004, qu’une éventuelle intervention conjointe avec le Rwanda était "envisageable". "Collaborer avec les autres pays de la région dans de tels cas est un devoir", a-t-il estimé. Interrogé pour savoir à quel moment il lancerait une éventuelle offensive, il a déclaré : "Tout dépendra de l’attitude du gouvernement congolais".

Un rescapé du massacre de Gatumba, le 15 août 2004

"Seule une grande initiative à très haut niveau qui rassemblerait les trois chefs d’Etat" congolais Joseph Kabila, burundais Domitien Ndayizeye, et rwandais Paul Kagame pourrait éventuellement calmer le jeu, a estimé le fonctionnaire international. Mais à Kinshasa même, les institutions de transition sont secouées par le massacre de Gatumba. Ainsi, le vice-président congolais Azarias Ruberwa, qui dirige le parti du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), ex-rébellion soutenue par le Rwanda, a appelé, lundi 16 août 2004, à un "arrêt de la transition" en cours en République démocratique du Congo, pour "faire le point", car le processus de paix est, selon lui, "en panne".

Agence France Presse

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