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samedi 19 août 2017
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AFP, 18 août 2004

Iran : Les frappes préventives ne sont pas un monopole américain


Vue de Teheran

DOHA (AFP) - Le ministre iranien de la Défense, Ali Chamkhani, a laissé planer la menace d’une offensive pour empêcher une attaque contre les installations nucléaires de son pays, affirmant, mercredi 18 août 2004, à la chaîne Al-Jazira, que "les frappes préventives ne sont pas un monopole américain".

Iran


"Nous ne resterons pas les bras croisés en attendant que les autres fassent de nous ce qu’ils veulent. Certains dirigeants militaires en Iran sont convaincus que les frappes préventives dont parlent les Américains ne sont pas un monopole américain", a déclaré le ministre, interrogé sur la possibilité d’une frappe préventive israélienne ou américaine sur les équipements nucléaires iraniens. "La présence militaire américaine (au Moyen-Orient) ne sera pas un élément de supériorité à nos dépens, au contraire, car leurs forces deviendraient otages auprès de nous", a ajouté M. Chamkhani, dont les propos en persan étaient traduits en arabe par un interprète. Il faisait ainsi allusion à la présence de dizaines de milliers de soldats américains en Irak et en Afghanistan, deux pays voisins de l’Iran.

Les installations nucléaires de Bouchehr

"En tous cas, nous traiterons toute frappe contre nos installations nucléaires comme une frappe contre l’Iran tout entier, et nous y répondrons avec toute notre force", a-t-il affirmé. "Les Américains ne sont pas la seule force présente dans la région, car nous sommes aussi présents, de Khost à Kandahar en Afghanistan et nous sommes également capables d’être présents en Irak", a averti M. Chamkhani.

Ali Chamkhani

"Quant à Israël, nous n’avons aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une entité maléfique, ni qu’il est incapable de mener une opération militaire sans un feu vert américain et que l’on ne peut les séparer" l’un de l’autre, a encore dit M. Chamkhani. Devant la suspicion persistante sur la nature purement civile du programme nucléaire iranien et la détermination affichée par Téhéran à mener à bien ce programme, les conjectures vont bon train sur une attaque préventive israélienne, sur le modèle de celle conduite le 7 juin 1981 par des chasseurs bombardiers sur les installations nucléaires irakiennes d’Osirak.

Les installations nucléaires irakiennes d’Osirak, après le raid israélien du 7 juin 1981

L’Agence internationale de l’énergie atomique, organisme de l’ONU qui enquête depuis plus d’un an en Iran sur les activités nucléaires de la République islamique, a pointé du doigt depuis 2003 les dissimulations et les insuffisances de la coopération iranienne. L’AIEA rouvre le dossier en septembre 2004. L’amiral Chamkhani a pour sa part estimé que l’application des menaces contre les installations nucléaires iraniennes "signifierait que notre collaboration avec l’agence a conduit à doter l’agresseur d’informations sur nos installations nucléaires".

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique, à Wien

Dans des propos publiés, mercredi 18 août 2004, à Téhéran, un commandant des Gardiens de la Révolution, fer de lance du régime islamique, avait prévenu que l’Iran frapperait le réacteur nucléaire israélien de Dimona si l’Etat hébreu s’avisait de lancer une attaque contre la centrale iranienne de Bouchehr.

Agence France Presse

Les installations nucléaires de Dimona

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