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jeudi 25 mai 2017
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AFP, Reuters, 19 août 2004

Irak : L’occupant s’efforce d’exterminer les résistants, dépeints comme "des terroristes et des criminels"


Fortes explosions dans la vieille ville de Najaf, les GI’s resserrent leur étau. Des habitants de Najaf favorables à un assaut final contre Moqtada Al-Sadr.

Un soldat américain tué dans des affrontements à Sadr City.

Deux soldats polonais tués dans un accident provoqué par des tirs.


De fortes explosions ont retenti, jeudi 19 août 2004 au matin, dans la vieille ville de Najaf où les GI’s ont affirmé avoir resserré leur étau autour des résistants du chef chiite Moqtada Al-Sadr en postant des chars à seulement 200 mètres du mausolée de l’imam Ali.

Des tirs sporadiques d’armes automatiques et de mortiers ont également éclaté dans les rues de la vieille ville, à proximité du mausolée de l’imam Ali où sont retranchés les résistants de M. Al-Sadr.

"Il y a des tirs de mortiers et de roquettes antichars. Nous sommes à 200 mètres du mausolée, mais nous ne pouvons pas avancer plus", a déclaré à l’AFP le sergent Shannon Compton. "Des tireurs embusqués essaient parfois de nous atteindre et nous ripostons", a-t-il ajouté. Au moins 12 personnes, miliciens et civils, ont été tués, mercredi 18 août 2004, dans les combats à Najaf.

Ces affrontements interviennent après que Moqtada Al-Sadr eut accepté, mercredi 18 août, de retirer ses résistants de Najaf, où ses ils tiennent tête aux forces américaines et irakiennes depuis deux semaines. Le ministre irakien de la Défense avait menacé, mercredi 18 août 2004, de lancer un assaut "décisif" contre les résistants. Un porte-parole de M. Al-Sadr a cependant souligné qu’un cessez-le-feu devait être déclaré pour la mise en application de ces mesures. Le gouvernement intérimaire a pour sa part accusé M. Al-Sadr de chercher à le tromper, estimant qu’il fallait se baser sur les actes et non les paroles du chef résistant, selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur. "Nous souffrons tellement à cause de cette Armée du Mehdi (de M. Al-Sadr). Ils doivent partir morts ou vifs. Il faut laisser les Américains faire leur boulot, nous avons besoin de travail", a dit un habitant de Najaf, Hassan Mohammed Ibrahim, 27 ans.

Des habitants de Najaf favorables à un assaut final contre Moqtada Al-Sadr

NAJAF (AFP) - Fatigués et en colère, beaucoup d’habitants de Najaf attendent avec impatience un assaut final contre les résistants chiites du chef Moqtada Al-Sadr, retranchés dans le mausolée de l’imam Ali, au coeur de la vieille ville. "Ce serait vraiment très bien si les forces irakiennes donnaient l’assaut à Sadr et ses hommes et qu’on s’en débarrasse", affirme, mécontent, Abou Ali Aslami, un forgeron de 30 ans, qui vit à la lisière de la vieille ville, où des combats opposent toujours les miliciens et les forces américaines, censées appuyer les forces irakiennes.

Affirmant avoir connu dans son enfance Moqtada Al-Sadr, M. Aslami le considère comme un nouveau Saddam Hussein qui doit être stoppé pour le bien de l’Irak. "C’est un second Saddam. C’est un dictateur. Il a son propre tribunal et tout le monde sait qu’il a tué des gens innocents pour des peccadilles. Si c’est un vrai musulman, il devrait se retirer du mausolée et combattre avec les forces irakiennes", affirme l’homme qui découpe une plaque de fer devant sa boutique, sous un soleil de plomb.

Un simple regard sur la ville de Najaf explique le traumatisme du forgeron et de centaines d’autres comme lui. Cette cité de pèlerinage pour des millions de chiites dans le monde est devenue une ville fantôme. Le marché de la place Midane a brûlé, les hôtels sont dans un piètre état avec leurs vitres brisées et leurs devantures criblées de balles. Comme si la ville avait été frappée par une épidémie, toutes les maisons sont fermées, les lumières sont éteintes, les câbles électriques pendent. Au milieu des tirs permanents, des véhicules et des chars américains stationnent à tous les coins de rues, assiégeant le réduit de Moqtada Al-Sadr.

"Regardez la ville et vous réaliserez pourquoi la peur de la mort est partout", a affirmé Adnane Nasser, une vendeur de légumes de 28 ans, qui garde sa maison et celles de ses voisins dans le quartier Al-Jadida près de la vieille ville. "Les gens sont vraiment las des combats. Nous ne voulons plus de lui (Moqtada Al-Sadr) et de ses hommes. Ce sont des voleurs et ils ruineront l’avenir de l’Irak si nous les laissons faire", dit-il. Seul dans sa maison, il a envoyé sa famille dans la ville méridionale de Bassorah. "Je dois leur envoyer de l’argent régulièrement et je ne gagne pas un sou. Il n’y a pas de clients. Comment survivre ?", se lamente-t-il.

Pendant qu’il parle, des balles atteignent le toit des maisons environnantes. "C’est un franc-tireur de l’Armée du Mehdi. Il y en a partout. Ils tirent sur tout le monde pour que personne ne sorte. C’en est trop. L’armée doit donner l’assaut au mausolée et les jeter dehors", dit-il.

Pour beaucoup, la bataille actuelle de M. Al-Sadr a pour seul but de marquer des points sur l’échiquier politique. "Tout cela, c’est de la politique, mais l’Irak peut vivre sans des musulmans comme lui", affirme un autre habitant. "Moqtada pense que nous nous sommes habitués à vivre sous une dictature. Mais nous ne voulons pas d’un nouveau Saddam et Moqtada est pire que Saddam car il utilise le mausolée pour combattre", ajoute-t-il.

L’exaspération contre Moqtada Al-Sadr est telle que des gens sont même prêts à accepter que le mausolée soit endommagé durant les combats pour déloger les résistant. "On peut toujours le reconstruire. Nous sommes confiants dans le fait que les soldats irakiens feront du bon travail appuyés par les Américains", affirme le forgeron. M. Aslami est absolument convaincu que son gouvernement n’acceptera pas que les soldats américains entrent dans le mausolée. "Ce n’est pas nécessaire si notre armée fait le travail", estime-t-il.

Un soldat américain tué dans des affrontements à Sadr City

Un soldat américain a été tué dans des affrontements survenus, mercredi 18 août, à Sadr City, bastion chiite de Bagdad où sont retranchés des partisans du chef Moqtada Al-Sadr, a annoncé, jeudi 19 août 2004, l’armée américaine. Le soldat a été tué par balles vers 18h00 mercredi 18 août 2004 (14h00 GMT), selon un communiqué de l’armée américaine.

L’armée américaine avait affirmé, plus tôt, avoir tué une cinquantaine d’Irakiens au cours de combats, mercredi 18 août 2004, à Sadr City. Ce bilan n’a pas été confirmé de sources médicales.

Plus de 700 soldats américains ont été tués au combat en Irak depuis le début de l’occupation du pays en mars 2003, selon le Pentagone.

Deux soldats polonais tués dans un accident provoqué par des tirs

Deux soldats polonais ont été tués et cinq blessés dans un accident de voiture provoqué par des tirs d’arme automatique, jeudi 19 août 2004 au matin, à Hilla, a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’état-major polonais à Varsovie, le colonel Zdzislaw Gnatowski. "Une patrouille composée de trois véhicules a essuyé, à 03h15 GMT, des coups de feu tirés à l’arme automatique par des inconnus. Les véhicules ont alors accéléré et deux d’entre eux sont entrés en collision", a précisé le porte-parole. "Deux soldats ont été tués sur le coup. Cinq autres ont été blessés et sont hospitalisés à Bagdad. Aucun soldat n’a été touché par balles", a ajouté le colonel Gnatowski. Selon le porte-parole de la division multinationale en Irak, Artur Domanski, l’attaque s’est produite à cinq kilomètres de la base de Babylone qui abrite l’état-major de la division commandée par la Pologne.

Cet accident porte à treize le nombre de Polonais morts en Irak depuis le début de l’intervention armée dans ce pays, dont neuf militaires et quatre civils.

Mercredi 18 août 2004, une dizaine d’obus de mortier ont été tirés contre la base de Babylone, faisant sept blessés légers.

La Pologne, alliée de Washington depuis le début de la crise irakienne, gère l’une des quatre zones en Irak à la tête d’une force multinationale de quelque 6500 hommes, dont 2500 soldats polonais.

Agence France Presse

Les forces américaines pénètrent dans Sadr City

BAGDAD (Reuters) - Soutenues par des dizaines de blindés, les forces américaines sont entrées, jeudi 19 août 2004, dans le quartier à majorité chiite de Sadr City, en banlieue de Bagdad, considéré comme un bastion de l’imam Moqtada Al-Sadr. Des témoins ont expliqué que les soldats américains appelaient à l’aide de haut-parleurs les miliciens chiites à déposer les armes. "Habitants de Sadr City, votre gouvernement a interdit toutes les milices en Irak. Rendez les armes", ont lancé dans un message en arabe les forces américaines. Les blindés se sont déployés dans la plupart des principales artères de ce faubourg, un vaste bidonville fait de ruelles qui ont longtemps constitué une zone interdite d’accès pour les forces américaines.

Ces dernières ont lancé, mercredi 18 août, une importante offensive contre ce quartier, où elles ont été confrontées à une résistance éparse. L’armée a affirmé, mercredi 18 août 2004, avoir abattu 50 résistants à Sadr City. Il s’agit de la plus importante offensive américaine contre les partisans de Moqtada Al-Sadr à Bagdad.

Reuters

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