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jeudi 8 décembre 2016
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m-pep, 16 juillet 2015

Union européenne : La dictature éclate au grand jour

Communiqué

par Parti de l’émancipation du peuple


Manifestation du parti Syriza, à Athènes, en juin 2015

Après la « Déclaration du sommet de la zone euro », à Bruxelles le 12 juillet 2015, signée par la Grèce, une nouvelle configuration politique européenne devrait se révéler aux yeux de tous. Comme prévu, la gauche de gauche participe au démantèlement de la souveraineté grecque au profit de la tyrannie européenne.


Sommet de la zone euro consacré à la Grèce, à Bruxelles, le 12 juillet 2015

Le 3e mémorandum grec qui en résulte va accentuer l’austérité, sans aucune perspective de redressement économique et social pour ce pays. Rien n’est réglé, pas même le remboursement des créanciers, car cet accord ne concerne pas l’essentiel : développer l’activité industrielle et agricole de la Grèce. Les souffrances du peuple grec vont perdurer et s’accentuer. Le désespoir risque de s’ajouter à cette misère, car la Grèce, après avoir été humiliée comme rarement dans l’histoire des relations internationales, a perdu sa souveraineté. Elle est désormais placée directement sous la tutelle de la Troïka, comme un vulgaire protectorat ou une colonie. Telle est l’étrange situation qui a vu deux victoires électorales –celle de Syriza aux élections législatives du 25 janvier 2015, et celle au référendum du 5 juillet 2015– se transformer en leur exact contraire.

Une électrice vote, à Athènes, le 5 juillet 2015

Quelles expériences en tirer ?

Constat N°1 : Confirmation que l’Union européenne ne peut pas être modifiée ni même améliorée de l’intérieur, la seule solution est de sortir de l’euro et de l’Union européenne.

Une nouvelle fois, la preuve est donnée qu’il n’est pas possible d’améliorer l’Union européenne de l’intérieur, ni même de « négocier », confirmant ainsi sa nature tyrannique. Certains pouvaient encore en douter, maintenant tout le monde le sait et chacun doit en tirer toutes les conséquences : il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne.

Constat N° 2 : Cette reddition en règle et faisant suite à une longue liste de reculades depuis janvier tend à confirmer que le gouvernement Syriza a joué le rôle d’outil de la Troïka, pour convaincre le peuple de ne pas sortir de l’euro.

Syriza a été présenté comme le modèle de la gauche dite « radicale » (ou de la « gauche de gauche ») en Europe. Ce parti a joué en fait un rôle de facilitateur pour empêcher la Grèce de sortir de l’euro et de l’Union européenne, ce qui était pourtant la seule issue positive pour ce pays. La confiance du peuple lui aura aussi permis d’aller plus loin que ses prédécesseurs, lesquels étaient empêtrés dans les résistances populaires.

Constat N°3 : Les positions de la Gauche et de l’extrême gauche française s’alignent sur Syriza. Leurs militants doivent en tirer toutes les conséquences.

En France, le Front de gauche, PCF et PG confondus, s’est aligné sur le président de la République. Les différences avec le PS ne portent plus que sur des questions d’ordre rhétorique. Ainsi le Front de gauche n’a plus de raison d’être, il n’a plus qu’à disparaître formellement car il est déjà mort. Le masque de la gauche dite « radicale » (ou « gauche de gauche ») est tombé. Celle-ci se présentait jusqu’à présent comme le porte-drapeau de la lutte contre le néolibéralisme –les plus audacieux parlaient même d’anticapitalisme-, prétendait s’opposer à l’austérité, et militait pour « une autre Europe, plus sociale et démocratique ». La réalité apparaît en pleine lumière. Cette gauche a montré que son rôle était objectivement celui d’agent accompagnateur de l’oligarchie pour maintenir les nations dans l’euro et l’Union européenne, quitte à écraser les peuples et leur ôter leur souveraineté. Le lien est direct entre le NON français du 29 mai 2005 et le NON grec du 5 juillet 2015 : dans les deux cas la souveraineté du peuple a été pulvérisée. Et la gauche de gauche s’est adaptée, a renoncé à défendre les intérêts du peuple.

Il est enfin temps que les militants qui ont compris ces enjeux quittent les organisations de la « gauche de gauche ». La stratégie de maintien dans l’euro, même au prix du sacrifice des peuples, vient d’être balayée. Ces militants vont-ils continuer à cautionner ces postures et persister dans l’illusion que, là aussi, des transformations de l’intérieur seraient possibles ? D’autres formes d’organisations et de rassemblements doivent naître sur les décombres du Front de gauche, du PCF, du PG, d’Ensemble, du NPA… La sortie de l’euro et de l’Union européenne reste la condition nécessaire, même si elle n’est pas suffisante, pour mettre un terme aux politiques néolibérales.

Constat N° 4 : Le NON grec bafoué au même titre que le NON français contre le Traité établissant une constitution pour l’Europe en 2005, confirme la nature antidémocratique de l’Union européenne.

Le lien est direct entre le NON français du 29 mai 2005 et le NON grec du 5 juillet 2015 : dans les deux cas la souveraineté du peuple a été pulvérisée.

Le gouvernement grec n’a pas seulement capitulé, il ne s’est pas seulement rendu à l’ennemi et reconnu qu’il était vaincu, il a présenté sa reddition, c’est-à-dire qu’il a abandonné toute résistance et rendu les armes. Il a ainsi rendu service involontairement à tous ceux qui avaient encore des illusions sur l’euro et l’Union européenne. Mais il a aussi rendu service à l’extrême droite. Car les électeurs, après avoir choisi tour à tour la gauche et la droite, constatant que c’était bonnet blanc et blanc bonnet, ce sont tournés en Grèce vers la « gauche de gauche ». Et c’est toujours pareil ! Vers qui vont-ils maintenant se tourner ?

Conclusion : la déchéance peut encore être évitée.

Cette déchéance et ce désastre peuvent encore être évités, si tous ceux qui ont compris le rôle néfaste de l’euro et de l’Union européenne et veulent s’en affranchir se rassemblent. Nous les appelons à échapper à l’emprise moralisatrice des directions des partis politiques et des organisations auxquels ils sont encore nombreux à appartenir, à rompre avec ce qu’ils considèrent irrationnellement comme leur « famille », alors que tout atteste qu’elle les condamne à une reddition totale. Rien n’est gagné. Tout reste à faire. Mais une nouvelle étape est désormais possible pour avancer vers l’indispensable reconquête de la souveraineté nationale et populaire. Ne laissons pas l’apathie et la résignation anéantir la potentielle capacité du peuple à se soulever, à prendre son destin en main. Faisons vivre le non français de 2005 et le non grec de 2015, avec détermination, quitte à laisser dernière nous les oripeaux d’une gauche sans foi ni loi. Avons-nous le choix, d’ailleurs ? Les classes dirigeantes mènent une guerre sans répit qu’ils sont en passe de gagner si un sursaut puissant ne vient pas réveiller la belle capacité révolutionnaire des classes dominées. Aujourd’hui, ce n’est donc pas le drapeau blanc qu’il faut agiter, mais celui que les Résistants ont brandi même quand tout espoir semblait perdu.

La meilleure façon d’être solidaire avec les Grecs est de lutter, dans chaque pays, pour la souveraineté nationale afin d’affaiblir l’oligarchie européenne. Rejoignez le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) pour agir maintenant !

Parti de l’émancipation du peuple

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