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mardi 6 décembre 2016
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agenceinfolibre, 18 juillet 2015

Le lobby juif : Fraude à l’indemnisation des victimes de l’Holocauste

par Uriel HEILMAN


Shmuel Hollander, médiateur indépendant viré de la Claims Conference, accuse la direction du groupe d’avoir entravé une enquête sur le scandale de la fraude qui a mené avait des arrestations et des peines de prison.


Etats-Unis

Lorsque le conseil d’administration de la Claims Conference –qui gère la compensation allemande pour les atrocités nazies contre les juifs– se réunira la semaine prochaine à New York pour son meeting annuel, la controverse pourrait à nouveau dominer l’ordre du jour. Cette fois, la cause est une lettre de colère envoyée au conseil d’administration, le 29 juin 2015, par Shmuel Hollander, médiateur indépendant de la Claims Conference, nommé il y a trois ans à la suite d’un scandale de fraude s’élevant à 57 millions de dollars qui avait secoué l’organisation et donné lieu à de nombreuses arrestations et peines de prison.

Shmuel Hollander

Hollander a récemment été informé que son contrat ne serait pas renouvelé et dans sa lettre, il accuse le président de la Claims Conference, Julius Berman, de lui avoir signifié cette résiliation par un appel téléphonique, du 3 juin 2015, à cause du rapport que Hollander avait supervisé deux ans auparavant. Le rapport fournissait une description de la façon dont la Claims Conference avait saboté l’opportunité, en 2001, de détecter le système de fraude et avait appelé à des changements dans la structure, l’administration et la gestion de l’organisation. (Après que le système de fraude ait été soumis à la Conference, deux des quatre membres de la commission chargés de produire un rapport l’ont désavoué et ont démissionné). Hollander dans sa lettre accuse également le chef de service de la Claims Conference, Greg Schneider, d’entraver son travail et dit que le chiffre de la fraude est susceptible de s’élever à « beaucoup plus » que 57 millions de dollars.

Julius Berman

La fraude –découverte en 2009 par des fonctionnaires de la Claims Conference, qui avaient alors alerté le FBI– impliquait des employés qui auraient falsifié des demandes de Fonds de secours. Les fonds provenaient de paiements ponctuels de l’Allemagne d’environ 3360 dollars pour ceux qui ont fuit les nazis en se déplaçant vers l’Est, ainsi que les fonds de l’article 2, selon lequel le gouvernement allemand fournit des paiements mensuels de pension aux victimes nécessiteuses des nazis. La Claims Conference est chargée de soutirer à l’Allemagne et à l’Autriche ces recouvrements au nom des survivants de l’Holocauste ; les recouvrements d’autres pays sont gérés par l’Organisation Mondiale des Recouvrements Juifs.

Berman déclare que la lettre de Hollander contient de purs mensonges, comme celui prétendant qu’il a été congédié par téléphone le 3 juin 2015. Berman affirme que l’idée que Hollander ait été remercié pour un rapport produit il y a deux ans n’a pas de sens car il aurait reçu une prolongation de contrat de 18 mois environ six mois après la présentation du rapport. Par contre, Berman a confié à la JTA (Jewish Telegraphic Agency), qu’il était évident au cours des dernières semaines que Hollander voulait partir, en partie à cause de son apparente irrationalité et son incapacité à travailler avec Schneider. La Claims Conference prévoit d’embaucher un nouveau médiateur pour remplacer Hollander, quelqu’un qui vit en Israël. « Jusque-là, je ne le considérais pas du tout comme un idiot », a déclaré Berman. « Je suis surpris quant à la différence entre la façon dont il se confie à une personne en tête-à-tête et celle avec laquelle il écrit ses lettres. Il semble être une personne différente ». Berman a déclaré que ses récentes interactions avec Hollander l’ont incité à décider de ne plus le rencontrer sans la présence d’un tiers.

Hollander à confié au JTA que tout cela aurait pu être évité si Berman l’avait rencontré et lui avait offert une séparation respectueuse plutôt que de le congédier par téléphone. « Je suis très offensé et blessé par la manière dont ils l’ont fait », a déclaré Hollander. « Séparons nous comme des amis et décidons d’une date, non pas sur trois semaines, mais donnez-moi une paire de mois. Faites-le d’une belle et bonne manière, comme il convient de le faire, plutôt que de m’appeler après avoir refusé de me parler ou de me rencontrer durant une longue période ».

Interrogé pour savoir s’il serait resté silencieux sur les autres allégations de comportements inappropriés énoncées dans sa lettre si son licenciement avait été fait à l’amiable, Hollander a répondu qu’il aurait probablement informé le conseil d’administration à un moment donné. « J’espérais vraiment que les choses s’améliorent. J’ai essayé de convaincre M. Schneider que je voulais vraiment travailler de manière professionnelle et coopérer avec l’organisation », a déclaré Hollander. « Tôt ou tard, si j’en étais venu à la conclusion que tout cela était cause perdue, bien sûr, j’aurais démissionné ».

Greg Schneider

Schneider a refusé d’évoquer publiquement les accusations de Hollander concernant un sabotage, sauf pour dire qu’elles sont mensongères. Il a également rejeté l’allégation de Hollander prétendant que le chiffre de la fraude est beaucoup plus élevé que celui précédemment rapporté. « Depuis le procès de 2013, il n’y a eu aucune nouvelle découverte sur la période de la fraude », a affirmé Schneider.

Tout cela menace d’éclipser les succès des négociations de la Claims Conference vis-à-vis de l’Allemagne au cours des deux dernières années, qui ont abouti à l’élargissement des critères d’admissibilité pour toutes sortes de programmes de rémunération et à des années fastes pour les paiements aux survivants. En 2014, la Claims Conference a versé 760 millions de dollars, un montant record pour les quelques 200000 survivants restants encore dans le monde, selon Schneider, et cette année elle prévoit 900 millions de dollars des paiements.

En plus de l’augmentation des paiements, la Claims Conference a réussi à récupérer jusqu’à présent 10 millions de dollars de la part de personnes non éligibles qui avaient reçu des paiements frauduleux au cours des deux décennies de fraude encore en cours, confit Schneider au JTA. Ce qui porte le montant total des dommages de la fraude à environ 47 millions de dollars. Il est pratiquement impossible de déterminer un chiffre précis, parce que les paiements frauduleux ont été effectués en devises étrangères, lesquelles ont constamment fluctué en valeur dollars entre 1993 et 2009, lorsque la fraude se déroulait.

Uriel HEILMAN Traduction : Rochelle COHEN Source : haaretz.com http://www.haaretz.com/jewish-world/jewish-world-news/1.665535

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