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vendredi 2 décembre 2016
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RTS, 28 juillet 2015

Interviews : Vladimir Poutine

par Darius ROCHEBIN


Vladimir Poutine

Course aux armements, pression sur l’Europe, affaires de la FIFA : Vladimir Poutine dénonce la pression américaine et déplore le manque d’indépendance de l’Europe dans un entretien exclusif accordé à la RTS.


Interrogé sur les programmes militaires de Moscou, le président russe rejette la faute sur Washington : "Cette relance de la course aux armements date de la sortie unilatérale des Etats-Unis du traité anti-missiles balistiques. Ce traité était la pierre angulaire de tout le système de sécurité international".

Lorsqu’on lui demande si une nouvelle guerre est possible en Europe, Vladimir Poutine réplique : "J’espère que non. Mais on aimerait voir l’Europe manifester davantage son indépendance et sa souveraineté". Le président russe envoie une pique particulière à la France et sa position actuelle en lien avec l’Otan : "Si, pour discuter des affaires intérieures avec nos partenaires européens, nous devons aller à Washington, c’est un peu curieux".

Vladimir Poutine s’exprime sur les mouvements nationalistes ou de droite où il trouve des sympathies en Europe, notamment Marine Le Pen en France ou l’UDC en Suisse : "Je pense que ce n’est pas tant moi qu’ils soutiennent. Mais il y a une véritable prise de conscience dans ces mouvements de leurs intérêts nationaux, tels qu’ils les voient. Dans le monde et dans les pays européens, on observe des changements tectoniques dans l’opinion publique. Et cela dans le sens d’une défense accrue des intérêts nationaux".

La compétition avec les Etats-Unis se livre aussi sur le terrain du foot selon le président russe qui doute de la bonne foi américaine dans la lutte contre la corruption. "Les Etats-Unis, je crois savoir, étaient candidats pour accueillir la Coupe du Monde en 2022. Leurs plus proches alliés en Europe, la Grande-Bretagne, étaient candidats pour 2018. Et cette lutte contre la corruption telle qu’elle est conduite m’amène à me demander si ce n’est pas une continuité de la lutte pour le championnat de 2018 et de 2022", indique Vladimir Poutine. "Si on soupçonne quelqu’un d’un délit, on rassemble les informations nécessaires et on les transmet au parquet de l’Etat dont il est ressortissant. Mais en aucun cas, un pays, grand ou petit, ne peut se déplacer dans le monde et attraper qui bon lui semble et le ramener dans ses prisons".

À la question "il y a ceux qui disent, après tant d’années de pouvoir, Vladimir Poutine est devenu fou", Vladimir Poutine demande : "Au terme de notre interview, je vous parais fou ?"

Avant d’avertir : "La Russie n’a aucun intérêt à chercher la confrontation avec les autres pays. Mais nous sommes parfois contraints de défendre nos intérêts. Et nous allons le faire, bien sûr".

Propos recueillis par Darius ROCHEBIN

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