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dimanche 23 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 20 août 2004

Soudan : Khartoum abordera les négociations avec les rebelles du Darfour "dans un esprit ouvert"


KHARTOUM (AFP) - Le Soudan abordera la reprise des négociations, lundi 23 août 2004, à Abuja, avec les rebelles du Darfour, dans un "esprit ouvert", avec comme modèle les accords signés avec les insurgés sudistes de John Garang au Kenya.


"Nous irons aux négociations avec un esprit ouvert. Notre souci reste de trouver une solution politique rapide à toutes les questions en suspens", afin de résoudre la crise qui secoue cette région aussi vaste que la France, déchirée depuis février 2003 par une guerre civile, a indiqué, vendredi 20 août 2004, une source gouvernementale qui a requis l’anonymat. Le conflit a fait entre 30000 et 50000 morts depuis 18 mois, selon l’ONU.

Le vice-président soudanais Ali Osmane Taha et John Garang, chef de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), ont signé, le 26 mai 2004, au Kenya, une série d’accords sur le partage du pouvoir et des richesses entre le sud et le nord du Soudan, mettant virtuellement fin à une guerre civile de plus de 20 ans.

Les autorités soudanaises affirment cependant qu’elles n’accepteront "aucun préalable" de la part des rebelles du Darfour et qu’elles souhaitent que leurs délégués soient "de haut niveau et dûment mandatés" pour éventuellement signer un accord avec le gouvernement.

Les rebelles de l’Armée de libération du Soudan (ALS) et du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE) s’étaient retirés, le 18 juillet 2004, du précédent round de négociations, à Addis Abeba, estimant que Khartoum n’avait pas respecté son engagement de désarmer les milices gouvernementales avant l’ouverture des négociations.

Khartoum souhaite le cantonnement des rebelles du Darfour, dont le nombre est estimé entre 6000 et 10000 de source occidentale, dans des zones précises, ce qui, selon lui, facilitera leur désarmement.

Les rebelles avaient critiqué le choix d’Addis Abeba pour abriter les pourparlers, en soulignant que l’Ethiopie avait d’excellentes relations avec le Soudan et que les deux pays étaient liés par des accords de défense commune. Khartoum avait pour sa part critiqué le "niveau très bas des négociateurs" envoyés dans la capitale éthiopienne et leur manque de pouvoir. Par la suite, il a annoncé qu’il était prêt à aller dans "n’importe quel coin du monde" pour reprendre les négociations.

Pour le Soudan, la base des discussions à Abuja sera l’accord de cessez-le-feu conclu, le 8 avril 2004, avec les rebelles à N’Djaména (Tchad), sous l’égide du président Idriss Deby, dont le pays est lourdement affecté par la crise du Darfour.

Cent quatre vingt mille réfugiés du Darfour campent actuellement à la frontière soudano-tchadienne, sous la surveillance d’un détachement de l’armée française, chargé d’une "mission humanitaire".

Plus de 1,2 million de cultivateurs sédentaires ont été chassés de leurs terres par des milices, notamment les djandjawids, au service d’éleveurs nomades d’origine arabe. La trêve au Darfour est régulièrement violée, chacun des protagonistes rejetant la responsabilité de la rupture sur l’autre.

Le ministre d’Etat soudanais de l’intérieur Ahmed Mohammed Nour a déclaré, jeudi 19 août, que les violations de la trêve par les rebelles ne "déséquilibraient pas la sécurité" de la région. Le plan de sécurité convenu avec l’ONU a été "appliqué à 100 %", a-t-il souligné. Le Soudan est sous le coup d’une résolution du Conseil de sécurité qui exige le désarmement des milices pro-gouvernementales et l’acheminement sans entraves de l’aide humanitaire internationale aux victimes, sous peine de sanctions. Un délai lui a été accordé jusqu’à la fin août 2004.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été invité à Abuja par le président nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine, parrain des négociations. Les deux hommes tentent de trouver une "solution africaine" au conflit, au risque de le voir s’internationaliser.

Agence France Presse

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