retour article original

lundi 5 décembre 2016
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption au Canada
La Presse, 8 août 2015

Corruption : Gérald Tremblay savait et a participé au système, selon l’UPAC

par Vincent LAROUCHE


L’UPAC chez Gérald Tremblay

Il a toujours juré qu’il n’était pas au courant. Mais voilà que la police dit détenir des preuves selon lesquelles Gérald Tremblay était bien au fait du système de corruption qui gangrénait sa ville. Un système criminel auquel il aurait participé consciemment pour conserver le pouvoir, selon les enquêteurs.


Canada

Ces allégations, qui n’ont pas été testées en cour, proviennent d’une déclaration sous serment d’un sergent de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) obtenue par La Presse. Le document visait à obtenir un mandat de perquisition pour fouiller la résidence de l’ancien maire à la recherche de preuves de corruption, complot, abus de confiance, fraude et usage de faux documents. Gérald Tremblay ne fait présentement face à aucune accusation et une telle perquisition ne mène pas toujours à un procès criminel. L’ancien maire n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

Dans le document, le sergent Jean-Frédérick Gagnon résume l’ensemble de la preuve amassée jusqu’ici dans l’enquête baptisée Projet Fronde. C’est dans le cadre de cette enquête que l’Unité permanente anticorruption a multiplié les perquisitions depuis le début de l’été, notamment chez d’anciens élus ou dans les bureaux de firmes mêlées au scandale des compteurs d’eau, qui devait être l’un des plus importants chantiers de l’histoire de Montréal et qui a été annulé en raison d’une série d’irrégularités. Mais les nouveaux documents obtenus par La Presse démontrent que l’enquête Fronde dépasse largement l’affaire des compteurs d’eau. Elle englobe cinq volets distincts :

1- Le financement illégal d’Union Montréal, le parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, par des entreprises, et l’utilisation de fausses factures à cette fin.

2- La collusion entre ces entreprises et les bonzes d’Union Montréal pour partager les contrats de la Ville et truquer les appels d’offres.

3- L’utilisation du « système collusionnaire en place » pour financer les Championnats du monde de natation de la FINA en 2005.

4- Le trucage de l’appel d’offre pour le contrat des compteurs d’eau.

5- Un cinquième volet mystère qui est gardé secret pour l’instant.

Dans le cadre de l’enquête, les policiers ont rencontré de nombreux témoins clés, souvent des gens impliqués directement dans les événements. La preuve amassée amène l’Unité permanente anticorruption à croire que Gérald Tremblay connaissait le système de partage des contrats entre les firmes. Il aurait notamment demandé à des collaborateurs d’aller solliciter ces mêmes entreprises pour vendre des billets à l’approche des Championnats mondiaux aquatiques de 2005.

Vincent LAROUCHE

Gérald Tremblay

Liens liés a l'article.La Presse

AUTEURS 

  • Vincent LAROUCHE

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source