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Le Courrier, 11 août 2015

Suisse : Stagiaire à l’ONU, il vit sous une tente

par Florian ERARD


Vue du Palais des Nations, à Genève

Tout juste sorti du bureau, David, jeune homme âgé de 22 ans, nous attend sur la place des Nations. En lieu et place d’une conventionnelle mallette d’employé de bureau, c’est un sac de voyage qu’il porte sur son dos et qui contient... sa maison, cuisine comprise ! Son quotidien ? Au réveil, il doit paqueter ses affaires, plier sa tente et la cacher dans des buissons. Au terme de sa journée de travail à l’ONU, il s’achète de quoi manger au supermarché et patiente dans un parc en attendant de retrouver son emplacement dissimulé dans un bosquet du bord du lac.


Suisse

Arrivé de Nouvelle-Zélande il y a une dizaine de jours, David, stagiaire à l’ONU et sans salaire, a opté pour le camping sauvage au bord du lac. « Pour l’instant ce n’est pas si problématique. Il fait beau, j’ai trouvé un coin agréable et peu fréquenté. Je peux me baigner et lire au calme. C’est même amusant ! J’ai cependant six mois à passer ici. Je dois donc trouver une solution pour l’automne et l’hiver, sans quoi, je serai contraint de rentrer chez moi et sans certificat de stage ».

Un choix ? Pas seulement. David veut travailler au sein des organisations internationales et un passage par l’ONU est indispensable pour son curriculum. Son budget ne lui permet toutefois pas d’avoir un toit, pour l’instant. Sa famille, modeste, ne peut pas l’aider : « J’ai mis un peu d’argent de côté en travaillant à l’accueil d’auberges de jeunesse en Nouvelle-Zélande, mais une partie a été dépensée pour le billet d’avion. Arrivé ici, j’ai été découragé par les prix des logements et je ne connaissais personne. Il était préférable que je garde mon argent pour manger. Tout est cher, ici ! » constate-t-il avant de déclarer qu’il se lancerait à la recherche de logements abordables pour jeunes et éventuellement d’un travail annexe, en dépit de son stage à 100 %.

David Hyde devant l’entrée du Palais des Nations, à Genève

Fraîchement arrivé, il n’a pas encore pris contact avec l’association de défense des intérêts des stagiaires Pay your interns. Au travail, il n’a pas non plus protesté : « J’ai un peu peur de compromettre mon stage en réclamant quoi que ce soit auprès de mes supérieurs. Certains de mes collègues ont tout de même compris, puisqu’ils me voient arriver au travail avec mon sac de voyage », sourit-il. Mis à part quelques amis, ses proches ne savent pas qu’il campe. « Je ne veux pas qu’ils s’inquiètent », dit-il. Tant qu’il n’a pas de toit, il se rendra tous les week-ends en stop et en train à Lucerne où habite un ami avec sa famille. C’est le moment choisi pour laver ses vêtements et se reposer.

Florian ERARD

David Hyde, sa tente et son sac

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