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AFP, 21 août 2004

Burundi : Le vice-président accuse la République démocratique du Congo de complicité dans le massacre de Gatumba


Scène de désespoir pendant les funérailles des victimes du massacre de Gatumba, le 16 août 2004

GATUMBA (AFP) - Le vice-président burundais Alfonse-Marie Kadege a affirmé, samedi 21 août, que des soldats de l’armée de la République démocratique du Congo (RDC) ont "fait partie" de l’attaque menée contre des Congolais tutsis, le 13 août 2004, au Burundi, qui a causé la mort de quelque 160 personnes.

Burundi


"Le pays (le Burundi) a été attaqué par des ennemis venus du Congo. Et certains parmi eux font partie de l’armée congolaise", a déclaré M. Kadege, lui-même un Tutsi. Il s’exprimait devant des milliers de personnes présentes à la cérémonie de levée de deuil qui se déroulait à Gatumba, lieu de l’attaque du 13 août 2004, situé dans l’ouest du Burundi et à seulement 4 km de la République démocratique du Congo.

Le camp de réfugiés de Gatumba, après le massacre du 13 août 2004

Le chef d’état-major général de l’armée burundaise, le général Germain Niyoyankana, tutsi lui aussi, avait déjà affirmé, mardi 17 août 2004, que l’armée congolaise était impliquée dans le massacre de Gatumba.

Des rescapés du massacre de Gatumba, le 15 août 2004

Le président burundais, Domitien Ndayizeye, un Hutu (ethnie majoritaire), avait mis en cause pour sa part une "coalition" venue de République démocratique du Congo et affirmé que la dernière rébellion encore active au Burundi, les Forces nationales de libération (FNL), qui a revendiqué le massacre de Gatumba, "bénéficiait d’une certaine collaboration des autorités locales en RDC".

Domitien Ndayizeye

"Les armes qui ont été utilisées pour ce massacre ont été données par certains responsables du Congo (RDC)", a affirmé, samedi 21 août 2004, M. Kadege, qui s’exprimait en kirundi, la langue nationale du Burundi. "Nous demandons avec insistance à la communauté internationale de nous aider, comme elle l’a promis, en menant une enquête internationale, pour que ceux qui sont dans l’armée congolaise et leurs responsables, de même que les politiciens qui ont une part dans ce massacre, soient arrêtés et punis", a-t-il ajouté.

Les victimes du massacre de Gatumba, le 15 août 2004

Il a par ailleurs regretté "la complaisance", selon lui, d’une partie de la communauté internationale vis-à-vis "des forces négatives de la région". "Les forces négatives, qui ne visent que les massacres des Tutsis et des autres tribus qui acceptent de vivre avec eux, sont connues. Ce sont les FNL burundais, les Maï-Maï (guerriers traditionnels) congolais et les Interahamwe (extrémistes hutus) rwandais", a-t-il affirmé. "Ces forces négatives sont connues par les pays de la région et par la communauté internationale, que ce soit l’ONU ou l’Union africaine", a-t-il ajouté.

Les victimes du massacre de Gatumba sont mises dans des cercueils, le 15 août 2004

La cérémonie de fin de deuil se déroulait à l’école primaire de Gatumba, où ont été transférés les rescapés du camp de réfugiés visé par l’attaque du 13 août 2004.

Les cercueils des victimes du massacre de Gatumba, le 16 août 2004

Les quatre représentants du gouvernement burundais présents, samedi 21 août, à Gatumba, étaient tutsis, a constaté un journaliste de l’AFP. L’ambassadeur des Etats-Unis au Burundi, James Yellin, et le représentant du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) au Burundi, Neyaga Kaba Guichard, participaient aussi à la cérémonie.

James Yellin

Elle avait débuté, samedi 21 août 2004 au matin, par un dépôt de gerbes sur la fosse commune où ont été enterrées les victimes. La fosse, creusée dans un terrain militaire, est identifiable par une cinquantaine de croix en bois qui sont plantées sur le monticule de terre et ne portent pas d’inscription.

Les funérailles des victimes du massacre de Gatumba, le 16 août 2004

Quelque 160 réfugiés congolais tutsis ont été massacrés, le 13 août 2004, à Gatumba. Les FNL ont revendiqué cette attaque. Mais selon de nombreuses sources, des Maï-Maï et des extrémistes hutus rwandais seraient aussi impliqués.

Agence France Presse

Des enquêteurs sur les lieux du massacre de Gatumba, le 17 août 2004

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