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cadtm, 16 août 2015

Grèce : Bilan de six mois de présidence du parlement par Zoe Konstantopoulou


L’hémicycle du parlement, à Athènes

Le 5 août 2015, Zoe Konstantopoulou a présenté le compte rendu des actions menées depuis qu’elle exerce la fonction de présidente du parlement hellénique. Au cours de son discours, elle s’est attaqué au président de la Banque centrale grecque, Yannis Stournaras.


Grèce

« Je vous ai invité à cette conférence dans le but de procéder au compte rendu de mes actions depuis que je suis présidente, a-t-elle dit en introduction, étant donné que demain, 6 août 2015, cela fera exactement six mois que je serai entrée en fonction en tant que Présidente du Parlement hellénique ». « Et c’est avec plaisir que je tiens à vous informer que nombreuses ont été les actions menées à bien ces derniers mois. Grand nombre d’entre elles avaient été annoncées le 6 février dernier, au moment où je prenais mes fonctions ».

Au cours de sa conférence Zoe Konstantopoulou a parlé de la création de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque. « Dès les toutes premières semaines, j’ai mis en place la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Cette dernière a été créée officiellement le 17 mars 2015. Y participent des personnalités comme Éric Toussaint, et des personnes venues du monde entier comme le professeur Cephas Lumina ; je dois dire que cette Commission a travaillé dans des conditions très particulières ». Elle a mentionné à ce sujet que la Commission avait présenté ses conclusions préliminaires le 17 juin. Que ces conclusions avaient été mises à disposition de la société grecque, du Gouvernement hellénique et des organismes internationaux. Que la Commission allait maintenant réaliser la deuxième partie de l’audit. Zoe Konstantopoulou a qualifié la dette publique d’illégitime, d’odieuse et d’insoutenable. Elle a insisté sur le fait que la Grèce ne devait pas la payer. Elle a mentionné que la prochaine séance de la Commission de la vérité sur la dette grecque se tiendrait du 22 au 25 septembre, cette séance inaugurant le début des travaux de la commission pour la deuxième partie de l’audit. Elle a également mentionné, qu’avant ces dates, se tiendraient des conférences publiques présentées par des membres de la commission, dont elle-même, et que les 13 et 14 novembre, le parlement accueillerait un congrès international de spécialistes du droit public et du droit constitutionnel pour la dette.

Zoe Konstantopoulou a aussi parlé d’une deuxième commission existant au sein du parlement, la Commission de revendication des réparations de guerre dues par l’Allemagne, une commission qui a déjà convoqué plus de douze personnes et dont les travaux ne font que commencer.

Zoe Konstantopoulou a eu un discours très critique concernant le président de la Banque centrale de Grèce, Yannis Stournaras. « Monsieur Stournaras, a-t-elle dit, a refusé de donner à la Commission pour la vérité sur la dette les éléments se rattachant à l’enquête, et ne s’est pas présenté au Comité de lois et de transparence sous prétexte d’une grosse charge de travail. Il est inimaginable que le parlement grec procède à un contrôle de la dette et que la Banque centrale grecque refuse de communiquer les mouvements des comptes appartenant à l’État, lesquels permettraient de retracer la totalité des mouvements bancaires. Normalement la logique voudrait que personne n’ait peur de communiquer de telles informations et les contrats concernant l’État », a-t-elle ajouté.

Yannis Stournaras

Zoe Konstantopoulou a parlé du travail effectué dans le cadre de ses responsabilités, au sein du Parlement. D’après elle, 60 % environ des questions soulevées dans le cadre de ses fonctions ont pu trouver une réponse satisfaisante.

Se référant au referendum du 5 juin 2015, elle a souligné que le fait que le parlement ait accepté de procéder à un referendum citoyen suite à la proposition soumise par le gouvernement, a été une action démocratique du Parlement hellénique.

Suite à une question concernant l’outil que pourraient constituer -pour le gouvernement grec- les conclusions préalables de l’audit réalisé par la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque, Zoe Konstantopoulou s’est positionnée en disant que, depuis la création de la commission, elle avait été constamment en contact avec le premier ministre, Alexis Tsipras, et que celui-ci avait soutenu la nécessité de mettre au clair une vérité qui avait une importance historique, dès le début des travaux de la commission. « Je considère que le premier ministre Alexis Tsipras a soutenu de façon sincère et légitime la création de cette commission, qu’il a reconnu sa nécessité et son importance. Mais, a-t-elle ajouté, les conclusions préalables de l’audit n’ont pas été utilisées par la Grèce à ce jour. Je considère que se servir des conclusions préalables de l’audit est le devoir du gouvernement grec, et qu’il est de mon propre devoir d’insister pour que nous avancions dans cette direction ».

Elle a parlé de son rapport au premier ministre. « Nous sommes compagnons », a-t-elle décrété. « Je ne suis pas quelqu’un qui parle en s’appuyant sur des informations non officielles, encore moins sur des « non paper » ».

« Je ne considère pas que l’on puisse parler de dysfonctionnement, lorsque la présidente du parlement veille à préserver l’« harmonie » parlementaire. De mon côté, je considère que les intentions du premier ministre sont tout à fait sincères. Quand on est contraint d’accepter un chantage, et que ce chantage fait son apparition dans l’enceinte d’un parlement, il est du devoir de sa présidente de tout faire pour le refouler », a-t-elle mentionné en se référant aux projets de lois présentés au parlement ces dernières semaines. Des projets de lois qui ont été présentés en adoptant des procédures « d’extrême urgence », dans le cadre des votes nécessaires à la ratification de l’accord du mois de juillet 2015 entre la Grèce et l’Union européenne. « De mon point de vue, a-t-elle déclaré, les trois procédures de vote parlementaire pour lesquelles nous avons adopté le mode de vote « d’extrême urgence », resteront des pages noires de notre démocratie parlementaire ».

Elle a fortement critiqué le Bureau du budget de l’État, en disant qu’il se permettait de faire des interventions éminemment politiques en s’attaquant à l’ancien ministre de l’Economie, alors que son rôle était de soutenir le parlement et de permettre la transparence des procédures parlementaires.

Traduit du grec par Eleni PANOUSI

Zoe Konstantopoulou

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