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samedi 29 avril 2017
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AP, 22 août 2004

Irak : Attente, tension et pourparlers perdurent autour du mausolée de l’imam Ali, à Najaf


NAJAF, Irak (AP) - L’Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr tenait toujours, samedi 21 août 2004, le mausolée d’Ali, à Najaf, les négociations s’éternisant avec les hautes autorités religieuses chiites auxquelles les partisans de l’imam résistant ont pourtant promis de remettre les clés du lieu saint.


Dimanche 22 août 2004 au matin, des avions de guerre américains ont bombardé la vieille ville de Najaf, théâtre de la plupart des affrontements entre les résistants chiites et l’armée américaine. Le bruit des bombardements a été entendu de la rue, selon des témoins. L’armée américaine n’a pas confirmé l’attaque mais a indiqué que des opérations étaient en cours à Najaf.

Dans l’après-midi de samedi 21 août 2004, de violents affrontements avaient repris pendant près d’une heure dans la vieille ville et la nécropole jouxtant la mosquée d’Ali, sans commune mesure pourtant avec les combats entre résistants chiites et Américains qui ont ravagé Najaf, en proie à l’insurrection depuis deux semaines.

Les Marines ont essuyé des tirs de mortier et détruit deux positions des résistants, faisant intervenir les hélicoptères Apache.

Une forte explosion, d’origine inconnue, a eu lieu à 50 mètres de l’enceinte extérieure du sanctuaire.

Après avoir semblé se régler vendredi 20 août 2004, et après une journée de totale confusion, le statu quo de Najaf perdure donc, tout comme le risque que la situation dégénère à nouveau, enflammant la majorité chiite du pays.

Vendredi 20 août, les résistants avaient crée la surprise en annonçant qu’ils démilitarisaient le mausolée d’Ali où ils sont retranchés, et offraient d’en remettre les clés aux représentants du grand ayatollah Ali Sistani, chef religieux de la communauté chiite d’Irak, actuellement à Londres où il est soigné. Mais samedi 21 août 2004, on palabrait toujours sur les conditions de ce transfert, les hommes d’Al-Sistani réclamant comme préalable que les combattants évacuent le sanctuaire.

Selon son représentant, Cheikh Ali Smeisim, avant de quitter le mausolée, les résistants veulent qu’une délégation de religieux y pratique un état des lieux, pour confirmer que le site n’a subi aucun dommage et qu’ils ne puissent pas ensuite être accusés d’avoir volé ou détruit quoi que ce soit. Condition refusée par les proches de l’ayatollah pour raisons de sécurité.

Si le Premier ministre Iyad Allaoui a encore réaffirmé, vendredi 20 août 2004, vouloir que Moqtada Al-Sadr renonce à la violence et rejoigne le processus politique en cours, on ne savait pas comment réagirait le gouvernement irakien en cas d’échec de la médiation religieuse en cours.

La formule permettrait en tous cas à toutes les parties de sauver la face : cette médiation offre au gouvernement la possibilité de s’en tenir à son refus de toute négociation avec l’Armée du Mahdi et à cette dernière d’éviter une humiliante capitulation face aux Américains.

Dans le même temps, via la médiation du clan Al-Sadr, la menace d’exécution semblait levée pour Micah Garen, ce journaliste new-yorkais enlevé à Nassiriyah avec son traducteur le 13 août : selon Aouas al-Khafadji, proche de Moqtada Al-Sadr, les ravisseurs du journalistes ont renoncé à le tuer. "Nous espérons qu’il sera relâché aujourd’hui et que nos efforts seront couronnés de succès", a-t-il déclaré samedi 21 août 2004.

On restait en revanche sans nouvelles d’un reporter italien indépendant, Enzo Baldoni, porté disparu à Najaf.

Samedi 21 août 2004, le pays a encore subi son lot de violences quotidiennes : à Bagdad, un soldat américain a été tué et deux autres blessés dans l’attaque de leur véhicule.

A Bakouba, c’est une bombe artisanale visant un convoi américain qui a tué deux civils et en a blessé quatre autres.

Non loin de là, à Sabtiya, une autre explosion a coûté la vie à un civil.

Quelque 100 km au sud de Bagdad, près de Hillah, un convoi polonais a été attaqué, faisant un mort et six blessés parmi les soldats.

A Ramadi, un colonel de la police, Saâd Smayer, a été abattu par des inconnus alors qu’il sortait de chez lui.

A Mossoul, un membre de la Garde nationale irakienne a été tué dans l’explosion d’une bombe qui a également blessé deux gardes et trois civils.

Enfin, dans le sud, les résistants s’en sont à nouveau pris à l’industrie pétrolière, bombardant un oléoduc à Berjissiyah. L’oléoduc, reliant les champs de Roumeïla au terminal pétrolier de la péninsule de Fao, était déjà fermé depuis une semaine en raison des menaces de la résistance.

Deux journalistes français de RFI et du Figaro portés disparus

PARIS (AP) - La rédaction de Radio France-Internationale et celle du Figaro ont fait part, samedi 21 soût au soir, de leur inquiétude, étant sans nouvelles, depuis jeudi 19 août 2004 au soir, de deux de leurs journalistes en Irak, a-t-on appris auprès de RFI.

Christian Chesnot, correspondant de RFI à Amman (Jordanie), actuellement en Irak, et Georges Malbrunot, du quotidien Le Figaro, se trouvaient à Bagdad aux dernières nouvelles. La rédaction de RFI n’a, depuis jeudi 19 août 2004 au soir, pas réussi à entrer en contact avec eux.

Au Quai d’Orsay à Paris, on n’avait pas plus d’informations, l’ambassade de France à Bagdad étant mobilisée pour tenter d’obtenir de leurs nouvelles.

Associated Press

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