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lundi 24 juillet 2017
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AFP, 22 août 2004

Irak : Affrontements autour du mausolée de l’imam Ali, à Najaf


NAJAF (AFP) - Des affrontements opposant les résistants chiites de Moqtada Al-Sadr aux forces américaines ont éclaté, dimanche 22 août 2004 au matin, dans la vieille ville de Najaf, près du mausolée de l’imam Ali, après que l’aviation américaine eut mené dans la nuit trois raids dans cette zone.


L’aviation américaine a mené des raids entre 02h30 et 03h00 (samedi 21 août 22h30 et 23h00 GMT), provoquant trois explosions près du mausolée. Il n’était pas possible, dimanche 22 août 2004 au matin, de savoir si ces explosions avaient fait des victimes.

Des tirs nourris, mais sporadiques, d’armes automatiques ont par ailleurs éclaté vers 08h00 (04h00 GMT) autour du mausolée, où sont retranchés les miliciens chiites du chef radical. Les troupes américaines avaient allégé la veille leurs positions autour de la vieille ville, où se trouvent le mausolée et le cimetière, autre place forte des miliciens.

Des combats opposent, depuis le 5 août 2004, les résistants aux forces américaines. Mais depuis deux jours, les affrontements s’étaient faits beaucoup moins violents.

Par ailleurs, une forte explosion a retenti, dimanche 22 août 2004, à Bagdad, près de la "Zone verte" qui abrite le siège du gouvernement intérimaire irakien et l’ambassade américaine. L’explosion est survenue vers 08h30 (04h30 GMT) et une colonne de fumée s’élevait près de la "Zone verte", cible fréquente de tirs de mortier de la part d’insurgés. Il n’était pas possible dans l’immédiat de connaître la cause de cette explosion.

De violents accrochages avaient opposé, samedi 21 août 2004, les résistants du chef chiite Moqtada Al-Sadr aux forces américaines à Koufa alors que des tirs sporadiques retentissaient dans la ville voisine de Najaf, où le transfert du mausolée d’Ali faisait l’objet de tractations ardues.

Le mouvement de M. Al-Sadr s’est entendu, vendredi 20 août 2004, avec le grand ayatollah Ali Sistani, le plus haut dignitaire chiite d’Irak, pour lui remettre les clefs du mausolée mais ce dernier "a posé des conditions pour les recevoir", a déclaré Cheikh Ali Soumeisim. Le bureau de l’ayatollah exige notamment qu’"il n’y ait plus personne dans l’enceinte du mausolée, et que toutes les portes soient fermées, à l’intérieur comme à l’extérieur du mausolée". L’estimation des biens du mausolée fait également l’objet de difficiles tractations.

Outre sa coupole en or, le mausolée contient les dons des pèlerins et des biens de grande valeur. Et le grand ayatollah ne veut pas prendre le contrôle du mausolée sans s’assurer que rien n’a été pris pendant les cinq mois durant lesquels les résistants de Moqtada Al-Sadr ont occupé l’édifice.

Le mausolée d’Ali est la place forte des miliciens dans la vieille ville et le gouvernement intérimaire exige qu’ils quittent les lieux et déposent les armes pour mettre fin aux combats qui les opposent, depuis le 5 août 2004, aux troupes américaines, venues appuyer les forces de sécurité irakiennes.

Les "boucliers humains" du mausolée d’Ali rêvent de leur foyer

NAJAF (AFP) - Naseer Junaid, 48 ans, n’a pas hésité à quitter sa ville de Bassorah pour venir à Najaf servir de "bouclier humain" dans le mausolée de l’imam Ali. Mais, après dix jours d’attente et de combats, il rêve de la paix et de rentrer chez lui. "Je suis un bouclier humain comme tous les autres", dit M. Junaid en pointant du doigt des dizaines de personnes assises dans un coin, dans l’enceinte de ce mausolée sacré pour tous les musulmans chiites. "Nous sommes tous venus ici dans un seul but, celui de protéger l’imam Ali et, si nécessaire, notre chef Moqtada Al-Sadr. Nous nous sommes promis de sacrifier nos vies si besoin est", ajoute-t-il.

Des centaines de sympathisants du chef Moqtada Al-Sadr ont afflué à Najaf, depuis le début des combats, le 5 août 2004, entre les résistants chiites et les troupes américaines, venues appuyer les forces de sécurité irakiennes.

Ces "boucliers", des vieillards, de jeunes hommes et des enfants, ont l’intention de former une chaîne humaine autour du mausolée si des soldats cherchaient à y entrer. "Nous allons servir de bouclier contre leurs balles et nous n’allons permettre à aucun ennemi d’entrer dans le mausolée", assure Naseer.

Mais après dix jours d’attente, coupé de tout contact avec le monde extérieur, Naseer aimerait bien rentrer chez lui, à Bassorah. Il attend la venue d’un journaliste ou d’un photographe, muni d’un téléphone satellitaire, pour demander s’il peut téléphoner chez lui, étant sans nouvelles de sa famille depuis son arrivée à Najaf.

"Je dois téléphoner à la maison, ma fille est malade depuis une semaine", dit-il, cherchant à convaincre les journalistes. Puis il finit par avouer : "Je veux retourner à la maison. Je me sens pris au piège ici avec ces combats qui n’en finissent pas". "Nous sommes avec Moqtada, mais tout cela doit avoir une fin. Je suis le seul homme de la famille et je dois retourner auprès de ma femme et de ma fille", dit Naseer aux côtés de ses compagnons assis sur des nattes, en train de boire du thé.

"Nous sommes prêts à donner notre vie pour l’imam Ali mais notre famille nous manque", intervient Manki, un père de quatre enfants originaire de Bagdad. "Je suis un vrai croyant, mais une solution pacifique à cette bataille serait la bienvenue et nous pourrions alors tous retourner à la maison", dit-il.

Dans un autre coin, un responsable du bureau de Moqtada Al-Sadr à Bagdad essaie de satisfaire de son mieux, avec un téléphone satellitaire emprunté, les demandes pressantes des "boucliers humains". "Pourquoi ont-ils tant besoin de parler à leurs familles", s’impatiente Hazem Al-Aragji en levant les bras au ciel.

Mais la lassitude des "boucliers humains" pour ce conflit n’est pas toujours partagée par les résistants. "Je suis arrivé ici il y a dix jours et je resterai ici jusqu’à la fin de la crise, qu’il y ait la paix ou la mort", martèle Ali Hassan, un étudiant venu de Sadr City, ce quartier chiite déshérité de Bagdad, pour combattre.

Deux morts dans l’explosion d’une voiture piégée près de Baaqouba

Au moins deux personnes ont été tuées et quatre blessées, dimanche 22 août 2004, par l’explosion d’une voiture piégée, au nord de Baaqouba, qui visait le vice-gouverneur de la province, a annoncé la police. L’explosion est survenue vers 09h00 (05h00 GMT) dans la ville d’Al-Khalis au passage d’un convoi du vice-gouverneur, Gharsan Abbas al-Khadran, qui est indemne, a déclaré à l’AFP le chef de la police locale, Walid Khaled Abdoulsalam. Un policier figure parmi les tués et autre parmi les blessés, selon la même source.

Agence France Presse

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