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AFP, 1er septembre 2015

Turquie : Deux journalistes britanniques inculpés de « terrorisme »


Des soldats à un checkpoint, le 26 juillet 2015

Un tribunal turc a décidé, lundi 31 août 2015, de maintenir en détention deux journalistes britanniques travaillant pour Vice News arrêtés la semaine dernière, les inculpant d’« activités terroristes », a constaté un correspondant de l’AFP. Les journalistes s’étaient rendus dans le sud-est de la Turquie, région secouée par des violences depuis qu’Ankara a déclenché, fin juillet, une « guerre contre le terrorisme » visant le groupe EI, mais surtout la guérilla kurde turque du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).


Turquie

Les deux journalistes et leur traducteur irakien ont été accusés par un tribunal de Diyarbakir, dans le sud-est à majorité kurde, de « participer à des activités terroristes » pour le compte du groupe État islamique (EI). Les trois hommes ont été emmenés jusqu’à une prison de Diyarbakir, dans l’attente de leur procès. Aucun détail sur leurs liens présumés avec l’EI n’a filtré. Un quatrième suspect, le chauffeur du groupe, a été libéré.

Selon certaines informations, la police a arrêté les journalistes après avoir été informée de leur présence dans la région, secouée par des violences entre les forces de sécurité turques et les rebelles kurdes, et a confisqué les images qu’ils avaient prises. Les journalistes ont rejeté les accusations portées contre eux, en présence de leurs avocats.

Vice News, une chaîne d’information sur l’internet dont le siège est aux États-Unis, a identifié les deux journalistes comme étant Jake Hanrahan et Philip Pendlebury. La chaîne a précisé dans un communiqué que, selon certaines sources, ils avaient été arrêtés pour avoir filmé sans autorisation gouvernementale, mais qu’ils avaient ensuite été « accusés de soutenir le soi-disant État islamique ». Un porte-parole de Vice News a ajouté que les journalistes faisaient face à « des accusations de terrorisme sans fondement ».

Jake Hanrahan

Amnistie internationale a appelé à la libération « immédiate » des journalistes, qualifiant les accusations à leur encontre de « scandaleuses et étranges ». « C’est un nouvel exemple de la manière dont les autorités turques suppriment les informations qui les embarrassent », a estimé Andrew Gardner, chercheur spécialisé sur la Turquie à Amnistie internationale.

Andrew Gardner

L’arrestation des journalistes survient dans un contexte de préoccupation croissante pour la liberté de la presse dans la Turquie du président Racep Tayyip Erdogan, où des journalistes sont notamment visés par des procédures judiciaires pour des accusations d’insulte envers le pouvoir. « Les autorités devraient protéger les journalistes qui font leur travail, au lieu de les bâillonner », a affirmé Nina Orgianova, du Comité pour la protection des journalistes.

Agence France Presse

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