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dimanche 22 janvier 2017
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Bocage, 21 septembre 2015

Histoire : L’affaire Marco, l’Histoire et la Mémoire


Enric Marco

Le 12 mai 2005 une dépêche de l’Associated Press révélait au monde que l’Espagnol Enric Marco, alors âgé de 84 ans, porte-parole des survivants espagnols de l’Holocauste, président de l’Amicale de Mauthausen, qui avait raconté son histoire au cours de centaines de conférences et interviews et même dans un livre paru en 1978, "Mémoires de l’enfer", venait d’être démasqué par un historien, Benito Bermejo : Marco était un mystificateur ; il avait dupé toute l’Espagne en s’inventant un passé fantasmé de résistant antifranquiste et de déporté et il venait de reconnaître qu’il n’avait jamais été dans un camp nazi.


Espagne

Dix ans plus tard, aujourd’hui 21 septembre, on trouve sur le site de RTL Belgique un article consacré à la parution de la traduction française du livre "L’Imposteur", de l’écrivain espagnol Javier Cercas, qui vient d’être sélectionné pour le prix Medicis et le prix Fémina. L’article est intitulé "L’écrivain espagnol Javier Cercas face au "Maradona de l’imposture". En voici quelques passages savoureux :

http://www.rtl.be/info/monde/europe/l-ecrivain-espagnol-javier-cercas-face-au-maradona-de-l-imposture--756108.aspx

Bocage

Javier Cercas

- Incontestablement malin, Enric Marco a su comme personne "raconter ce que tout le monde voulait entendre"...

- Si les mensonges de Marco sont impardonnables, l’aveuglement collectif face à ses mensonges est tout aussi répréhensible, estime Javier Cercas. Il se montre sévère sur la cécité générale de l’opinion qui, pendant si longtemps, a cru aux mensonges "kitsch" de Marco sans se poser de questions...

- "Tout le monde, notamment les médias, était enchanté par les histoires de Marco, le Maradona de l’imposture", fait remarquer l’écrivain.

- "Nous n’aimons pas la vérité, qui est dure et complexe, nous préférons le mensonge", affirme Javier Cercas.

- L’écrivain n’hésite pas à dénoncer "l’invasion dangereuse de l’Histoire par la mémoire". "La mémoire est forcément subjective, partiale, fragile quand l’Histoire a une ambition de totalité et d’objectivité", fait-il remarquer.

- Allant plus loin, il dénonce "le chantage du témoin, une perversion de notre temps". "Parce qu’on a sacralisé la mémoire, on part du principe que le témoin a toujours raison", regrette Cercas.

- "Le témoin ne dit pas forcément la vérité, le témoin n’est pas forcément un héros", souligne Javier Cercas. De même, ajoute-t-il, "les victimes, évidemment respectables et qui doivent être soutenues de toutes les manières possibles, ne sont pas nécessairement des héros"...

- "Le témoin et la victime sont devenus intouchables", fait remarquer Cercas et Enric Marco l’a bien compris...

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source