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lundi 27 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 23 août 2004

Soudan : Négociations intersoudanaises au Nigeria


LAGOS (AFP) - Le gouvernement soudanais et les rébellions du Darfour se retrouvent, lundi 23 août 2004, à Abuja, la capitale nigériane, pour des négociations qui devraient constituer la dernière chance de succès d’une initiative de paix de l’Union africaine (UA).


L’ONU a en effet donné jusqu’à la fin du mois d’août 2004 à Khartoum pour ramener la paix dans cette région ravagée depuis février 2003 par un conflit qui, selon les Nations unies a fait de 30000 à 50000 morts et chassé 1,4 million de personnes de chez elles, menaçant en cas contraire le Soudan de sanctions non précisées.

L’Union africaine, actuellement présidée par le président nigérian Olusegun Obasanjo, veut notamment persuader les autorités soudanaises d’accepter l’envoi d’une force de paix de 2000 hommes, en complément des observateurs déjà sur place pour surveiller l’application d’un cessez-le-feu, conclu début avril 2004, entre les belligérants.

A la demande du président Obasanjo, le Sénat nigérian a donné son accord, jeudi 19 août 2004, à l’envoi de jusqu’à 1500 militaires sur place, mais Khartoum ne souhaite pas le déploiement d’une telle force, assurant pouvoir assurer la sécurité et n’avoir besoin que d’observateurs du cessez-le-feu.

Le gouvernement soudanais et les principales rébellions ont confirmé leur présence à Abuja, mais continuent à s’accuser mutuellement de violations de la trêve et de commettre des atrocités.

Le ministre d’Etat soudanais à l’Intérieur, Ahmed Mohammed Haroun, a affirmé, mercredi 18 août, à El-Facher, capitale du nord Darfour, que "l’Etat a appliqué à cent pour cent son plan de sécurité", selon la presse soudanaise. Dans un accord, signé le 3 juillet 2004, avec le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, Khartoum s’était engagé à faire cesser les attaques contre les civils au Darfour, désarmer les milices pro-gouvernementales, rétablir l’ordre et la sécurité dans la province et assurer l’acheminement des aides humanitaires aux camps de déplacés. Mais une bonne partie de la communauté internationale et des humanitaires -qui qualifient la situation au Darfour de principale crise humanitaire au monde- accuse toujours Khartoum de traîner les pieds.

Mi-août 2004, Jan Pronk, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, a ainsi regretté le manque de progrès en matière de sécurité au Darfour et affirmé que les milices arabes djanjawids y étaient toujours actives.

Un mouvement rebelle du Darfour, l’Armée de Libération du Soudan (ALS), a d’ailleurs réaffirmé, jeudi 19 août 2004, la "nécessité d’une intervention militaire d’urgence" de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

L’Union africaine, qui souhaite résolument une solution "africaine" au problème, a averti Khartoum qu’une position intransigeante serait contre-productive. "Ce qui doit être clair, c’est que si le Soudan ne cède pas à la pression africaine amicale, il devra faire face à une pression extra-africaine qui pourrait ne pas être aussi amicale", soulignait ainsi la semaine dernière la porte-parole du président Obasanjo.

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mustafa Osmane Ismaïl avait, pour sa part, laissé entendre, le 14 août 2004, que la position de Khartoum pourrait évoluer "si l’Union africaine peut nous convaincre de l’importance (de la présence) d’une force de paix".

Et une source gouvernementale soudanaise assurait, jeudi 19 août 2004, que Khartoum abordait les négociations avec "l’esprit ouvert" mais refuserait tout "préalable" des rebelles.

Agence France Presse

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