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dimanche 4 décembre 2016
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AFP, 23 septembre 2015

Le lobby juif : A 91 ans, une ex-télégraphiste d’Auschwitz renvoyée devant la justice des mineurs

Suivi d’un commentaire


Des déportés juifs hongrois arrivent à Auschwitz, en Pologne, le 26 mai 1944

Une ancienne télégraphiste d¹Auschwitz, âgée de 91 ans, a été renvoyée devant la justice des mineurs allemande pour "complicité" dans l’extermination d’au moins 260000 juifs en 1944, a annoncé, lundi 21 septembre 2015, le parquet cité par l’agence allemande DPA.


Allemagne

Le tribunal de Kiel devrait décider l’an prochain de la tenue d’un procès, qui dépend du sérieux des charges mais aussi de l’état de santé de l’accusée, obstacle fréquent aux poursuites contre d’anciens nazis, a précisé le procureur général Heinz Döllel. L’ancienne nazie relève de la justice des mineurs parce qu¹elle avait moins de 21 ans à l’époque des faits [elle avait 20 ans - Note Bocage].

La condamnation cet été à quatre ans de prison d’Oskar Gröning, ancien comptable d’Auschwitz qui avait demandé "pardon" à 94 ans, était apparue comme le possible point final d¹une longue histoire judiciaire, malgré la volonté allemande [allemande ? - Note Bocage] de juger jusqu’au dernier les criminels du IIIe Reich. Le parquet de Kiel n’a pas communiqué l’identité de l’ex-télégraphiste, membre d’un corps spécifiquement féminin destiné à assister les SS des camps de concentration, précisant seulement qu’elle était poursuivie pour la période d¹avril à juillet 1944.

Oskar Gröning

Ces trois mois correspondent notamment à l’extermination massive des juifs hongrois, à un rythme que jamais les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau n’avaient atteint auparavant. Oskar Gröning avait lui aussi dû répondre de son rôle dans "l’Opération Hongrie". Un autre ancien gardien d’Auschwitz mis en accusation cet été devant le tribunal de Hanau, à 92 ans, relève de la justice des mineurs.

Hans Lipschis, engagé volontaire dans les Waffen SS en 1942, attend lui aussi la décision sur un éventuel procès. On lui reproche sa "complicité" dans le gazage d¹au moins 1075 déportés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, alors situé en Pologne occupée. Les accusations concernant Lipschis concernent deux convois venus de Berlin et de Westerbork (Pays-Bas) et un troisième parti du camp français de Drancy le 23 juin 1943, dans lequel figurait notamment l’ancien patron de la CGT Henri Krasucki. Les proches des victimes peuvent encore se constituer parties civiles.

Hans Lipschis

Ces procédures tardives illustrent la sévérité accrue de la justice allemande à l’égard des derniers nazis encore vivants, depuis la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, à cinq ans de prison : sa seule présence au sein du camp avait suffi pour le juger complice de meurtres, sans preuve d’actes plus précis.

Selon le patron de l’office fédéral chargé d¹enquêter sur les crimes nazis, une dizaine d’enquêtes sur d’anciens gardes de camps de la mort sont toujours en cours, même si "beaucoup ont dû être abandonnées" en raison du décès ou de l’état physique des suspects.

Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, libéré par les troupes soviétiques fin janvier 1945.

Agence France Presse

http://www.liberation.fr/monde/2015/09/21/a-91-ans-une-ex-telegraphiste-d-auschwitz-renvoyee-devant-la-justice-des-mineurs_1387702

John Demjanjuk

Commentaire

Cette affaire de la jeune télégraphiste d’Auschwitz rappelle effectivement celle de John Demjanjuk. Elle nous fournit un exemple de plus de ce qu’au XXIe siècle des magistrats peuvent inculper (puis condamner) une personne sans ordonner une expertise médico-légale décrivant la scène de crimes et l’arme du crime, sans aucune preuve de crime et même sans aucun témoin du moindre crime.

Voyez de près l’affaire, positivement déchirante, du malheureux Iwan (ou John) Demjanjuk, mécanicien automobile à Cleveland. Il a d’abord été livré par les Etats-Unis à l’Etat d’Israël et condamné à mort par un tribunal israélien pour avoir été "Ivan le Terrible" au camp de Treblinka. Pendant cinq ans il a attendu chaque matin d’être pendu. Tout à coup, le système soviétique s’effondrant en Russie, on a découvert que cet "Ivan le Terrible" était en réalité un "Ivan Marchenko". Il a fallu libérer Demjanjuk. Les Etats-Unis lui ont restitué la nationalité américaine. Mais des organisations juives ou des individualités juives n’ont pas relâché leur proie pour autant. Elles ont pour le coup décrété que, s’il n’avait été dans le camp de Treblinka, c’est qu’il avait été dans celui de... Sobibor !

Rebelote : on lui a retiré sa nationalité américaine et on l’a remis, cette fois-ci, à la justice la plus obédientielle du monde en pareille matière, la justice allemande. A Munich, sans pouvoir en apporter ni une preuve, ni un document, ni un témoin, on a décrété que Demjanjuk avait été au camp de Sobibor et on l’a condamné automatiquement à cinq ans de prison le 12 mai 2011. Infirme au dernier degré, il est mort à près de 92 ans le 17 mars 2012 quelques mois après le prononcé de la sentence.

Un journaliste du "Monde" s’est fait une spécialité de la chasse au vieil infirme. Il s’agit de Nicolas Bourcier. Ce dernier a notamment publié "Le Dernier Procès", Don Quichotte éditions, Le Seuil, 2011, 311 p.

Témoignant d’un révoltant parti pris, il ne cache pas son admiration pour le "tour de force juridique" des magistrats de Munich ("Criminel de guerre, gardien du camp de Sobibor, John Demjanjuk", "Le Monde", 21 mars 2012, p. 30). Dans la préface de son livre figurait, à la page 14, la phrase nominale suivante : "Aucun témoin direct, aucune preuve définitive, aucun aveu". On ne saurait mieux dire. Nicolas Bourcier : le nom d’une personne qui se félicite de ce que des magistrats puissent condamner pour crime un homme ou une femme sans preuve et sans témoin dignes de ce nom.

Robert FAURISSON

Nicolas Bourcier

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