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mardi 6 décembre 2016
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Le Courrier, 25 septembre 2015

Suisse : Primes et déprime

par Philippe BACH


C’est de saison : comme chaque automne, les hausses de primes d’assurance-maladie se ramassent à la pelle. Avec, cette année, une gueule de bois plus marquée que d’habitude. En 2016, les cotisations progresseront en moyenne suisse de 4 %. La hausse sera de 4,2 % dans le Valais, de 4,8 % à Genève, de 4,7 % dans le canton de Vaud et même de 7,2 % au Jura et de 8,2 % à Neuchâtel !


Suisse

Des augmentations bien plus importantes –presque le double– que celles du coût de la santé. Une fois de plus, le système de la Loi sur l’assurance-maladie (LAMal) se distingue par une opacité totale. Comme par hasard, en 2014, la hausse n’avait été que de 2,2 %. Ah, mais c’est que l’on votait sur un projet de caisse unique et publique. Du coup, les assureurs avaient ménagé le bon peuple.

En fait, le ver est dans le fruit. C’est bien l’escroquerie de la sacro-sainte loi du marché qu’il convient de déconstruire. La LAMal a été votée en 1994 sur la base d’un prétendu consensus gauche-droite. L’assuré-consommateur était invité à faire son marché et cela devait conduire à un équilibre vertueux. On voit le résultat. En quinze ans, les primes ont progressé de 150 % !

La LAMal n’est pas le seul exemple de ce genre de supercheries. La privatisation des PTT en 1998 ou la libéralisation du marché de l’électricité en 2007 sont d’autres exemples de ce type de carabistouilles politiques prétendument consensuelles.
Jeudi 24 septembre 2015, la gauche de la gauche vaudoise a lancé un référendum contre la Réforme III de la fiscalité des entreprises. Là aussi, l’aile réformiste des partis de gauche argue d’un compromis social et qualifie de populistes les opposants. On peut au contraire parier qu’à l’arrivée, la facture de ce cadeau fiscal aux grosses entreprises sera bien plus onéreuse qu’annoncé et donc que les coupes dans le social seront amères.

On n’est pas toujours obligé de croire sur parole nos dirigeants. En tous les cas, interroger la sagesse et la pertinence de leurs arrangements est non seulement un droit mais surtout une nécessité.

Philippe BACH

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