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lundi 5 décembre 2016
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AFP, 5 octobre 2015

Union européenne : Plus de 630000 émigrants sont entrés illégalement depuis janvier

Suivi d’un commentaire


Des émigrants s’apprêtent à traverser la frontière croate près de Sid, en Serbie, le 2 octobre 2015

Quelque 630000 personnes sont entrées illégalement en Europe depuis le début de l’année, a affirmé Fabrice Leggeri, le patron de l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex, dans une interview au groupe de presse français Ebra.


Fabrice Leggeri

« Nous avons enregistré environ 630000 franchissements illégaux de frontières, fin septembre », a indiqué M. Leggeri, en parlant de « crise migratoire sans précédent en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », dans cette interview. À l’approche du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2015, il plaide ainsi pour la coopération européenne, car « les États membres doivent comprendre qu’au lieu de déployer des centaines de policiers à leurs frontières nationales, il serait plus utile de les envoyer à la frontière extérieure. La vraie frontière de la France, elle est à Vintimille, mais aussi à Lampedusa, à Lesbos, à Melilla... » « Si chaque État gère la crise dans son coin, sans se coordonner avec ses voisins, les flux ne cessent de passer d’un pays à l’autre, au détriment de tous », met-il en garde. Tout en se félicitant du doublement des effectifs de Frontex prévu en Grèce, qui sont aujourd’hui de moins de cent personnes, il affirme que, « si nous avions mille ou deux mille gardes-frontières européens pour aider les autorités grecques, cela aurait un effet spectaculaire sur la crise à cette frontière ».

Des réfugiés afghans sur l’île de Lesbos, en Grèce, le 2 octobre 2015

Alors que les Européens planchent sur la mise en place de « hotspots » en Grèce et en Italie pour accueillir les migrants à leur arrivée en Europe et évaluer leur besoin d’asile, M. Leggeri souligne qu’« en moyenne, 39 % des décisions d’éloignement sont effectivement exécutées », notamment à cause du refus des pays d’origine de reprendre leurs ressortissants. « Soyons réalistes : si nous voulons pouvoir renvoyer les migrants irréguliers vers leur pays d’origine, il faut des lieux de rétention, en particulier dans les hotspots », affirme-t-il. Alors que Frontex a affrété 39 avions en 2014 pour renvoyer des migrants chez eux, M. Leggeri fixe un objectif plus ambitieux pour 2015 : « nous devrions atteindre le nombre de 60 avions de retour de migrants illégaux à la fin de l’année ».

Interrogé sur la mise en place d’un corps européen de garde-frontières, tel qu’évoqué par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, M. Leggeri avertit qu’un tel corps « n’est pas envisageable à moyen terme, et l’objectif est d’être efficace rapidement ». « Il faut aller vers une gestion plus intégrée des frontières, un réseau européen de surveillance dont Frontex est la préfiguration. Et envisager une capacité d’action autonome dans certains cas : par exemple, que Frontex puisse intervenir dans une crise, sans attendre que l’État concerné en ait fait la demande », martèle-t-il. Enfin il prévient que « la pression migratoire est un défi de longue durée », même si « nous devrions, d’ici un an, parvenir à maîtriser l’afflux brutal, sans précédent, auquel nous faisons face ». En effet, explique-t-il, « je ne vois pas de solution à court terme en Syrie et dans la Corne de l’Afrique, ni à la différence de développement entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne... »

Agence France Presse

Un campement d’émigrants près de Calais, en France, le 2 octobre 2015

Commentaire

L’analyse de Fabrice Leggeri occulte complètement les causes fondamentales du problème, à savoir le soutien occidental au terrorisme international et le libre échange imposé à tous les pays de la planète.

Le soutien occidental au terrorisme a mis tout le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique à feu et à sang, provoquant l’exode de millions de réfugiés.

Parallèlement, le libre échange permet aux multinationales de livrer une guerre des prix à toutes les petites entreprises et à l’agriculture traditionnelle, suscitant le dumping salarial, paupérisant massivement la clientèle de masse locale, provoquant des faillites en cascades, tarissant les ressources fiscales et ruinant les Etats. Tout cela sous couvert de la fuite en avant dans la compétitivité internationale.

Pour remédier aux causes fondamentales de cette situation, il faudrait donc cesser de provoquer partout des guerres civiles et internationales, taxer massivement les produits des multinationales, et abroger le libre échange pour lui substituer des traités commerciaux bilatéraux tenant compte des intérêts locaux réciproques.

Etant donné que les gouvernements occidentaux sont totalement corrompus au profit des banquiers et des multinationales, ils se garderont bien de résoudre les problèmes fondamentaux et les conséquences de ces problèmes ne cesseront de s’aggraver dans une logique d’auto-destruction.

Frank BRUNNER

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source