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dimanche 4 décembre 2016
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15 octobre 2015

Histoire : Quand Brasillach savait l’extermination des juifs


Robert Brasillach

Le Point du 13 octobre 2015 a publié un article de Saïd Mahrane intitulé : « Quand Brasillach savait l’extermination des juifs ». Comme tant d’autres, cet article prétend non seulement prouver la véracité de l’extermination des juifs par les nazis durant la Seconde guerre mondiale, mais il soutient également que « tout le monde savait ».


Saïd Mahrane

Saïd Mahrane écrit : C’était la défense commune, quasiment la seule possible, martelée et parfois pleurée à la barre du tribunal par les collaborationnistes, écrivains compris, prenant des accents de sincérité ou exprimant une rage faussement authentique pour convaincre les juges, en 1945, de leur innocence. Fascistes, pétainistes, lavalistes, doriotistes, ils ignoraient tout, vraiment tout, disaient-ils, de l’existence des chambres à gaz, de l’extermination des juifs, du sort qui leur était réservé à Dachau, Auschwitz, Treblinka… Il en était même qui affichaient une moue nauséeuse lorsqu’on leur détaillait l’horreur nazie ou qui soudainement mettaient quelque « nuance » dans leur antisémitisme.

Telle fut la défense de l’écrivain antisémite Robert Brasillach, condamné à mort et exécuté le 6 février 1945 au fort de Montrouge. Une défense qui s’effrite sérieusement aujourd’hui, soixante-dix ans après son procès, à la lecture d’un passage de L’Inédit de Clairvaux, texte rédigé par Lucien Rebatet entre Noël 1947 et novembre 1949 durant sa détention - et disponible dans Le Dossier Rebatet (Robert Laffont, collection Bouquins). L’auteur du best-seller de l’Occupation Les Décombres, lui aussi condamné à mort en novembre 1946 avant de voir sa peine commuée en peine de travaux forcés, rapporte dans cet Inédit de Clairvaux, épais de 644 pages, un échange, ô combien, troublant et instructif.

Lucien Rebatet

Nous sommes en 1943, Robert Brasillach revient du front de l’Est où il accompagna les services de la propagande nazie et Fernand de Brinon, le délégué du gouvernement français dans les territoires occupés.

Brasillach : « Je pense qu’il ne faut plus parler des juifs, c’est devenu inutile et choquant ».

Rebatet proteste : « Non, tu vas trop loin !

- Je suis allé en Pologne ce printemps, j’ai vu les ghettos, je sais ce qui se passe dans ceux de Lodz, de Lwow, de Varsovie. C’est le massacre ou l’extermination par la faim. Nous ne pouvons pas avoir l’air d’approuver ça.

- Mais Robert, tu parlais tout à l’heure de la doctrine ! Si l’antisémitisme n’en fait plus partie ! Il me semble qu’il est plutôt fondamental...

- Je ne dis pas, bien sûr, que nous devons cesser d’être antisémites. Mais il y a un ton que nous ne pouvons plus employer à propos des juifs. Et nous avons des sujets beaucoup plus urgents à traiter ! »

Brasillach semble douter. Une note en bas de page de l’historienne, grande spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Bénédicte Vergez-Chaignon fait état d’un passage « crucial » puisqu’il suggère que « Brasillach avait eu des informations sur la Solution finale ». Dès 1943, le rédacteur en chef de Je suis partout emploie donc les termes de « massacre » et d’« extermination », alors que la propagande antisémite de l’époque faisait croire que les déportations de juifs servaient à peupler des contrées dans l’est de l’Europe...

Interrogée par Le Point, Bénédicte Vergez-Chaignon relève que, si Brasillach est « soudain pris par le doute et se replie sur quelque chose de sentimental, il ne va pas jusqu’au bout de sa logique qui aurait dû être la rupture ». En outre, ce passage, selon l’historienne, ne ferait « qu’accroître la culpabilité de Lucien Rebatet qui ne voulait pas entendre ce que lui disait Robert Brasillach ». Le témoignage résonne d’autant plus fort qu’il émane d’une des plus proches fréquentations de Brasillach et qu’il est daté de 1947, soit quatre ans seulement après cet échange.

Condamné à mort au terme de ce qui fut l’un des procès les plus symboliques de la Libération, Brasillach a payé ses articles antisémites et dénonciateurs publiés dans son hebdomadaire du vendredi, ses appels au meurtre de Georges Mandel et sa phrase désormais bien connue : « Il faut se débarrasser des juifs en bloc et ne pas garder les petits ». Ses proches, au premier rang desquels sa mère et son beau-frère Maurice Bardèche, ont vu dans ce propos une forme d’« humanisme » de la part de l’écrivain vis-à-vis des enfants juifs qu’il ne fallait « pas séparer de leurs mères »...

Plus tard, Bardèche, qui fut lui aussi incarcéré à la Libération, affirmera : « Durant la période de la guerre, personne n’a entendu parler de ce qui se passait dans les camps de concentration. Brasillach ne l’a jamais su ». Par ses écrits, Lucien Rebatet prouve le contraire et permet ainsi de poser un regard nouveau sur l’histoire de la collaboration. Et, plus particulièrement, sur la personne de Robert Brasillach.

Maurice Bardèche

A cet article, l’historien révisionniste Robert Faurisson apporte le commentaire suivant :

Brasillach, aux dires de Rebatet, aurait déclaré : "Je suis allé en Pologne ce printemps [1943], j’ai vu les ghettos, je sais ce qui se passe dans ceux de Lodz, de Lwow, de Varsovie. C’est le massacre, l’extermination par la faim". On nous présente ce propos rapporté comme la preuve de ce que Brasillach allait mentir quand, à son procès, il allait, avec ses amis, prétendre qu’ils ignoraient tout, vraiment tout, disaient-ils, de l’existence des chambres à gaz, de l’extermination des juifs, du sort qui leur était réservé à Dachau, Auschwitz, Treblinka".

L’extrapolation est ici manifeste. Brasillach aurait, tout au plus, vu des juifs qui mouraient de FAIM dans trois GHETTOS de Pologne et il aurait alors dit que, dans ces trois endroits, c’était le massacre ou l’extermination par la FAIM. Comment peut-on en conclure qu’il savait donc l’existence d’une extermination (forcément planifiée) par le gaz dans des chambres à gaz situées dans trois camps situés, l’un en Bavière, le deuxième en Silésie et le troisième au nord-est de la Pologne ?

JE PASSE ICI SUR LE FAIT qu’après la guerre on a cherché à nous faire croire aux gazages homicides de Dachau et qu’à partir de 1960 on nous a expressément fait savoir que nul n’avait été gazé dans ce camp. JE PASSE SUR LE FAIT qu’à Auschwitz on n’a trouvé aucune preuve de gazage homicide (Robert Jan van Pelt : nous n’avons aucune preuve matérielle de ce que nous savons). JE PASSE SUR LE FAIT que, conformément à l’article 21 du Statut du Tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg, les rapports des Nations unies sur les crimes de guerre allemands avaient valeur de preuves authentiques et qu’à ce titre le document PS-3311 avait valeur de preuve authentique, lui qui affirmait l’existence et l’emploi à Treblinka non de chambres à gaz homicides mais de CHAMBRES A VAPEUR HOMICIDES ; la "PRAVDA" (la Vérité), elle, affirmait qu’à Auschwitz les victimes étaient TUÉES A L’ÉLECTRICITÉ et que, tombant sur un tapis roulant, elles étaient conduites au sommet d’un haut-fourneau pour y être brûlées. JE PASSE SUR LE FAIT qu’en 70 ans aucun tribunal n’a fourni d’expertise médico-légale concluant à l’existence et au fonctionnement d’une seule chambre à gaz homicide dans toute l’Europe, la première et seule expertise ayant conclu négativement (dans le cas du Struthof, le 1er décembre 1945).

Ici je m’attarde seulement sur le fait que cet article du "Point" nous fournit, encore 70 ans après la guerre, un exemple parlant de pure extrapolation et de pure spéculation nous montrant de quelle manière s’est forgé le plus gros et le plus rouge mensonge d’une propagande de guerre.

Tout cela ne résulte ni d’un complot, ni d’une conjuration mais d’un conformisme et d’un panurgisme dictés par la paresse d’esprit et cette rage "de mentir et de croire qui s’attrape comme la gale" (Céline).

Robert Faurisson

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source