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vendredi 9 décembre 2016
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17 octobre 2015

Informations internationales : Pour un parlement virtuel

par Frank BRUNNER


L’hémicycle du parlement fédéral suisse, à Berne

D’une manière générale, aux yeux du commun des citoyens, les politiciens sont des gens particulièrement hypocrites et indignes de confiance. Le plus souvent, et à juste titre, ils sont perçus comme des escrocs opérant sous couvert politique. Leur prétendue représentativité populaire est manifestement une imposture, une pure fiction juridique.


Le président français, François Hollande, faisant ostentation de son allégeance au lobby juif et à Israël

Cette imposture est particulièrement intolérable à une époque comme la nôtre où les élus se vendent ouvertement, qui au lobby juif et qui à telle banque ou telle multinationale, trahissant sans vergogne la population au profit de ceux pour lesquels ils se prostituent, alors que l’injustice sociale s’aggrave, que les Etats sont poussés à la banqueroute en raison des milliards de cadeaux fiscaux consentis aux plus riches, et que l’économie locale est délibérément sacrifiée sur l’autel du libre échange néolibéral. Simultanément, les droits fondamentaux des individus subissent des attaques continuelles sous prétexte de « lutte contre le terrorisme » ou de « lutte contre l’antisémitisme ». De toute évidence, les citoyens n’ont à attendre du milieu politique que des trahisons, encore des trahisons et toujours des trahisons.

Face à cette situation, bien des citoyens en arrivent à souhaiter que le gouvernement soit assumé par « un homme fort » qui ne se distinguerait guère d’un dictateur et dont on espère qu’il mettra un terme à cette situation de corruption généralisée.

Pour ma part, je ne crois pas que le remède réside dans la dictature. L’arbitraire suscite la révolte par une relation de cause à effet, si bien qu’il faut toujours davantage d’arbitraire pour imposer l’arbitraire. C’est-à-dire que, même si le dictateur part d’une bonne intention, il va être entraîné dans une logique toujours plus répressive qui le discréditera aux yeux d’une proportion toujours plus large de la population. Pour se maintenir au pouvoir, il devra s’appuyer sur des collaborateurs choisis en fonction de leur allégeance personnelle, et non en fonction de leur compétence ou de leur intégrité, si bien que l’incompétence et la corruption de ces collaborateurs contribueront à discréditer le régime.

Il s’agit de résoudre le problème par le haut, non pas en abolissant la démocratie, mais en la renforçant. Dans ce but, j’ai imaginé d’accorder à chaque citoyen tous les pouvoirs actuellement détenus par les parlementaires.

Concrètement, l’idée consiste à créer un parlement virtuel sur un site internet. Tout citoyen pourra formuler des propositions de lois, les soumettre à débat, puis les faire voter par l’ensemble des électeurs, exactement comme les parlementaires le font actuellement entre eux. C’est-à-dire que les parlementaires actuels et leur rôle d’intermédiaires/imposteurs sont abolis.

Quant à l’exécutif, chacun pourra présenter sa candidature sur le site du parlement virtuel (ou sur un site spécialement dédié à l’élection de l’exécutif), y faire connaître ses projets et appeler au soutien des électeurs.

Il faut bien voir que les parlements actuels, dans leur conception, sont une survivance du passé. Autrefois, internet n’existait pas et les citoyens n’avaient pas la possibilité de communiquer simultanément entre eux. Il était indispensable de désigner des représentants et ceux-ci devaient se réunir dans un lieu commun appelé parlement. De nos jours, grâce à internet, cette nécessité a disparu.

Par ailleurs, de nos jours, pour faire connaître ses projets politiques, un citoyen est contraint de passer par l’intermédiaire d’un parti, car seuls les partis disposent des ressources financières indispensables à une campagne électorale : achat de pages dans les journaux, diffusion de tracts, impression d’affiches, etc… C’est-à-dire que le parti peut étouffer dans l’œuf tout projet qu’il estime contraire à ses intérêts, lesquels se confondent avec les intérêts de quelques apparatchiks et de ceux (lobbies, banquiers, multinationales) qui financent les partis.

Un parlement virtuel sur un site internet permettra à tout un chacun de faire connaître ses projets à l’ensemble des citoyens et d’appeler au soutien des autres électeurs gratuitement.

A priori, les avantages les plus facilement prévisibles d’un parlement virtuel sont les suivants :

1) Les partis politiques ne seront plus des intermédiaires obligatoires pour un citoyen qui veut proposer une loi ou se faire élire.

2) L’élection ne sera plus réservée à ceux qui ont les moyens de financer une campagne électorale, puisque n’importe qui pourra faire acte de candidature et faire connaître ses projets gratuitement.

3) Comme tous les citoyens seront devenus des parlementaires, on bénéficiera des compétences les plus diverses, alors qu’actuellement la plupart des parlementaires sont des avocats ou des gens des milieux patronaux, tandis que les ouvriers, les chômeurs, les retraités, les handicapés ne sont pratiquement pas du tout représentés.

4) S’il est aisément possible de corrompre quelques dizaines de politiciens, on ne peut pas corrompre la masse des électeurs, si bien que la corruption cessera d’être rentable pour les corrupteurs.

5) En constatant qu’ils ne peuvent plus se vendre ni obtenir un avantage personnel quelconque, les escrocs abandonneront toute activité politique, ce qui assainira la situation et élèvera le niveau des débats.

La démocratie sera alors réellement le gouvernement du peuple par le peuple.

Un tel projet est manifestement conforme à la logique interne de l’intérêt général.

Frank BRUNNER

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