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samedi 10 décembre 2016
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AFP, 20 octobre 2015

Union européenne : L’invasion d’immigrants se poursuit

Suivi d’un commentaire


Des émigrants près de Berkasovo, en Serbie, le 19 octobre 2015

La Slovénie, l’un des plus petits pays européens, est à son tour en première ligne de la crise migratoire, « dépassée » par l’arrivée, dans le froid et sous la pluie, de milliers de migrants à ses frontières et contrainte de faire appel à l’armée.


Des émigrants arrivant de Serbie, à Babska, en Croatie, le 19 octobre 2015

Le gouvernement slovène, selon lequel quelque 18500 migrants sont entrés dans le pays depuis samedi 17 octobre 2015, en a appelé au soutien de l’Union européenne qui depuis l’été tente de se mobiliser pour affronter cette situation sans précédent, mais peine à apporter des solutions. Après la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, les migrants fuyant guerres et persécutions doivent désormais passer par la Slovénie, après la Serbie et la Croatie, pour poursuivre leur périple vers le nord de l’Europe. Ljubljana, qui avait d’abord annoncé vouloir limiter l’entrée de son territoire à 2500 migrants par jour, a dû renoncer à tout contingentement devant l’embouteillage qui se formait à la partie orientale de sa frontière avec la Croatie. « Le flux de migrants ces trois derniers jours dépasse toutes nos capacités », a indiqué le gouvernement de ce pays de deux millions d’habitants, après une réunion d’urgence dans la nuit. « La Slovénie appelle les États et les institutions de l’Union européenne à se mobiliser activement pour répondre à ce poids disproportionné pour notre État. Pour la Slovénie, la solidarité européenne est mise à l’épreuve », plaide le gouvernement.

Une loi devrait être présentée, mardi 20 octobre 2015, au Parlement, pour étendre de façon exceptionnelle les pouvoirs d’intervention de l’armée, actuellement limités à une assistance logistique. Le premier ministre centriste, Miro Cerar, assure que « cela ne signifie pas un état d’urgence ». Mais « il est illusoire d’attendre d’un pays de deux millions d’habitants qu’il puisse arrêter, gérer et résoudre ce que des pays beaucoup plus grands n’ont pas réussi à faire », observe Ljubljana.

Des émigrants près de Trnovec, à la frontière croate, le 19 octobre 2015

Devant l’encombrement des passages officiels, de nombreux migrants empruntent « la frontière verte » à travers la nature. Dans la région de Novo Mesto, où environ 4000 hommes, femmes, enfants ont franchi, lundi 19 octobre 2015 après-midi, la frontière en marchant dans une campagne boueuse et détrempée, 2000 autres se sont présentés mardi 20 octobre au matin. « Là encore, les autorités croates ne nous ont pas informés », a déploré Anton Stubljar, chef de la police locale. Depuis la fermeture de la frontière hongroise, l’agacement monte entre les gouvernements slovènes et croates, le premier reprochant au second d’envoyer sans coordination des dizaines de bus et trains à sa frontière. La Croatie « refuse de collaborer », s’est impatienté, mardi 20 octobre, le premier ministre slovène.

Les autorités croates sont elles-mêmes aux prises avec un afflux considérable de migrants remontant la route des Balkans depuis la Grèce « où les arrivées ont recommencé à augmenter radicalement », avec quelque 8000 arrivées via les îles ces dernières 24 heures, selon une source policière. Sur les 643000 migrants qui ont rejoint l’Europe par voie de mer depuis le début de l’année, plus de 500000 sont arrivés en Grèce, selon des chiffres publiés, mardi 20 octobre, par l’ONU. Plus de 15000 migrants étaient entrés en Macédoine, samedi 17 octobre et dimanche 18 octobre, avant de poursuivre leur route vers la Slovénie.

Des émigrants à Trnovec, en Croatie, le 19 octobre 2015

Au poste-frontière serbo-croate de Berkasovo, plus d’un millier de personnes frigorifiées, souvent enroulées dans des couvertures, attendaient, dans la matinée, d’entrer en Croatie, a constaté une journaliste de l’AFP. « Il fait froid, nous n’avons pas pu dormir. Je suis arrivé il y a 24 heures. J’ai dormi sous une tente », confiait Azme Solei, un Syrien de Homs, âgé de 29 ans, parti d’un camp de réfugiés en Turquie.

Dans le même temps, Ljubljana accuse l’Autriche de limiter les entrées de migrants et affirme que 1700 personnes étaient en attente, mardi 20 octobre 2015 au matin, à la frontière avec le sud de l’Autriche. Vienne a démenti tout contingentement à sa frontière et la police autrichienne a fait état de 4300 arrivées lundi 19 octobre depuis la Slovénie, soit plus du double du chiffre avancé par Ljubljana, et 1000 entrées supplémentaires mardi 20 octobre au matin.

Destination finale plébiscitée par de nombreux migrants, l’Allemagne a affiché, lundi 19 octobre 2015, ses divisions sur cette question qui fragilise le gouvernement d’Angela Merkel : dans le centre de Dresde, le mouvement populiste PEGIDA, à la pointe du mécontentement contre l’afflux de réfugiés en Allemagne, a rassemblé dans la soirée environ 20000 partisans pour célébrer le premier anniversaire de sa création.

Agence France Presse

Des émigrants au poste frontière slovène de Trnovec, en Croatie, le 19 octobre 2015

Commentaire

L’afflux massif d’émigrants au sein de l’Union européenne fait penser, par son ampleur, aux invasions barbares de l’Antiquité, quand des peuples entiers, chassés de chez eux par quelque envahisseur, envahissaient à leur tour un peuple voisin.

Une question élémentaire se pose à l’esprit : qui paie ces centaines de milliers d’émigrants ?

D’ordinaire, par exemple dans un pays africain ou asiatique, quand un jeune veut émigrer pour chercher du travail en Europe, sa famille et ses amis se cotisent. Il y a l’achat du passeport, le coût de la nourriture et de l’hébergement pendant le voyage, et surtout les sommes d’argent qu’il faut payer aux passeurs. Cela représente une somme considérable pour une famille pauvre.

Or, nous assistons à l’arrivée massive de familles entières, avec femmes et enfants, chacun ayant dû se nourrir, se loger et payer les passeurs tout au long du périple. Qui les a financés ?

Frank BRUNNER

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