retour article original

vendredi 23 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 24 août 2004

Soudan : Les rebelles contestent l’ordre du jour des pourparlers de paix d’Abuja


ABUJA (AFP) - La seconde journée des pourparlers de paix au Soudan, réunis à Abuja sous l’égide de l’Union africaine (UA), s’est achevée, mardi 24 août 2004, sur un désaccord : remettant en cause leurs précédentes déclarations, les rebelles ont rejeté l’ordre du jour sur le point qui concerne leur désarmement.


"Nous avons de nettes réserves sur cet ordre du jour (...) La question du cantonnement ne doit pas figurer à l’ordre du jour", a déclaré un responsable du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE), Ahmed Mohammed Tugod, délégué aux négociations à Abuja.

De son côté, le responsable du Mouvement de libération du Soudan (MLS), Abdel-Wahid Mohamed Ahmed el-Nur, a ajouté : "Dans notre mouvement nous rejetons complètement cet ordre du jour".

Les deux hommes ont indiqué qu’ils rejoindraient la table des négociations, mercredi 25 août 2004, mais qu’ils insisteraient pour obtenir un nouvel ordre du jour.

Les discussions ont commencé, lundi 23 août 2004, à Abuja, et le président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, avait estimé qu’"elles allaient dans la bonne direction". Le premier point de l’ordre du jour avait été débattu, celui concernant l’acheminement de l’aide humanitaire dans la province soudanaise en guerre.

Les parties s’étaient de nouveau retrouvées, mardi 24 août 2004 au matin, au siège de la Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest) à Abuja, en présence du président Obasanjo, ainsi que de responsables africains et des Nations Unies. Les dirigeants de l’Union africaine espèrent que des avancées dans les discussions politiques permettront d’intensifier les efforts pour régler le conflit.

Les deux rébellions ont insisté, depuis lundi 23 août 2004, pour que les questions politiques et économiques figurent en tête de l’ordre du jour. Elles demandent à l’Union africaine de faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il accorde au Darfour, qu’ils jugent "marginalisé", ainsi qu’aux autres régions, une plus forte autonomie et une part plus équitable de la richesse nationale. "Nous ne cherchons pas à nous séparer de notre pays, nous voulons être égaux", a souligné un porte-parole du MJE, Ahmed Hussein Adam.

De son côté, Khartoum, qui conteste aux rebelles leur droit à parler au nom des peuples du Darfour et des autres régions, a affirmé que des discussions sur un accord purement politique devraient se dérouler au Darfour même.

Les pourparlers, initialement prévus pour la seule journée de lundi 23 août 2004, devraient, selon des responsables, se prolonger plusieurs jours. Aucune date-butoir n’a été fixée pour parvenir à un accord entre les parties.

Cependant, les délégués ont à l’esprit l’ultimatum lancé par les Nations Unies, qui ont donné au Soudan jusqu’à la fin août 2004 pour désarmer les djandjawids (milices arabes pro-gouvernementales), rétablir la sécurité au Darfour et assurer l’acheminement sans entraves de l’aide humanitaire, faute de quoi le pays s’exposerait à des "mesures" internationales.

Le gouvernement soudanais a accusé les rebelles de violer le cessez-le-feu signé, en avril, au Tchad, citant une attaque au cours de laquelle, lundi 23 août 2004, quatre travailleurs humanitaires soudanais et deux journalistes auraient été enlevés.

L’Union africaine envisage de transformer son contingent de 300 hommes chargé de la protection des observateurs du cessez-le-feu conclu en avril dernier en une vraie force de maintien de la paix de 2000 hommes. La délégation soudanaise s’est pour l’instant opposée à un tel déploiement et a souligné qu’il ne figurait pas à l’ordre du jour. "C’est le gouvernement soudanais qui avait demandé l’aide de l’Union africaine pour le cantonnement et le désarmement de "rebelles", comme ils les appellent", a toutefois rappelé le président nigérian. "Le MJE et le MLS se qualifient de "combattants de la résistance". Quelle que soit le nom que vous leur donnez, ils devront être désarmés", a ajouté M. Obasanjo.

Les mouvements rebelles ont refusé jusqu’à présent de rendre les armes. "Comment pouvons-nous désarmer nos hommes ? Sans un accord de sécurité satisfaisant, ces forces sont notre garantie", a expliqué Abdel-Whaid Mohamed Ahmed el-Nur, responsable du Mouvement de libération du Soudan (MLS), à son arrivée, mardi 24 août 2004, aux pourparlers.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, en visite, mardi 24 août 2004, au Darfour, a appelé à "un véritable effort du gouvernement soudanais pour assurer la sécurité et également pour permettre des progrès dans les discussions de paix".

Selon les Nations Unies, près de 1,6 million de personnes sont affectées par la crise, dont près de 1,4 million de déplacés ou de réfugiés. La guerre civile a fait entre 30000 et 50000 morts depuis son déclenchement en février 2003.

Agence France Presse

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source