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vendredi 23 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AP, 25 août 2004

Soudan : L’ONU constate que Khartoum ne tient pas ses engagements


KHARTOUM, Soudan (AP) - L’envoyé spécial des Nations Unies au Soudan a estimé, mercredi 25 août, que le gouvernement de Khartoum n’avait réalisé "quasiment aucun progrès" pour éviter les sanctions diplomatiques et économiques dont le menace le Conseil de sécurité s’il n’améliore pas la situation au Darfour d’ici au 30 août 2004.


Les tensions sur le partage de l’eau et des terres agricoles étaient fortes depuis des années dans cette région de l’ouest du pays, entre les tribus nomades arabes et les paysans africains. Après le soulèvement en février 2003 de deux mouvements armés accusant Khartoum de discrimination envers les paysans, des milices arabes, les Janjawid, ont dévasté des villages, tuant plus de 30000 Noirs et en jetant 1,2 million d’autres sur les routes. Le gouvernement soudanais nie soutenir les Janjawid pour écraser la rébellion.

L’ONU a lancé, mercredi 25 août 2004, un appel aux dons à hauteur de 434 millions de dollars (359 millions d’euros) pour répondre aux besoins humanitaires du Soudan jusqu’à la fin de l’année. L’Union européenne a pour sa part affecté 20 millions d’euros supplémentaires à l’aide humanitaire au Darfour, ce qui porte le total à 104 millions pour 2004.

L’avenir est sombre, alors que les négociations entamées, lundi 23 août 2004, à Abuja, au Nigeria, entre le gouvernement soudanais et les rebelles, piétinent. Les rebelles refusent de désarmer tant que les Janjawid ne sont pas neutralisés, Khartoum rejette l’envoi d’une force de paix de 2000 hommes de l’Union africaine.

Or l’émissaire de l’ONU, Jan Pronk, a déclaré, mercredi 25 août 2004, que Khartoum n’avait pas encore fourni les noms des miliciens et qu’"il n’y avait même pas eu d’instruction de désarmement général ni d’instruction spécifique" pour les Janjawid. Il n’a pas non plus officiellement été informé des identités de ceux que le gouvernement affirme avoir jugés pour les atrocités commises par les milices.

Le prix Nobel de la paix 1986 Elie Wiesel a quant à lui souhaité que soit accrue la pression sur Khartoum, lançant que "ce qui est en jeu, (...) c’est notre humanité. Qu’avons-nous appris du passé ? A ne pas être indifférents aux tourments".

Au Caire, environ 500 réfugiés soudanais, du Darfour principalement, ont jeté des pierres sur des bureaux de l’agence de l’ONU pour les réfugiés, l’accusant de ne pas les aider. Ils ont aussi demandé l’envoi d’une force de paix internationale. La police les a dispersés avec des gaz lacrymogènes et a interpellé 15 personnes.

Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source