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mardi 25 juillet 2017
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AFP, 25 août 2004

Crimes de guerre américains : Des agents du renseignement militaire américain risquent des poursuites


Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib

WASHINGTON (AFP) - Vingt-sept agents du renseignement militaire américain ont encouragé ou participé à des abus contre des détenus de la prison irakienne d’Abou Ghraib, et six autres ont failli à les rapporter, tous risquant désormais des poursuites, affirme, mercredi 25 août 2004, un rapport interne de l’armée de terre américaine.

Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib


Entre le 25 juillet 2003 et février 2004, "27 membres de la 205ème brigade du renseignement militaire ont demandé, encouragé, fermé les yeux ou sollicité des abus de prisonniers auprès des soldats de la police militaire, et/ou participé à des abus contre des prisonniers, et/ou violé les procédures établies et les règlements à appliquer lors des interrogatoires à Abou Ghraib", affirme le document.

Khayrullah Al-Kinzawi, un vieillard arrêté peu après l’invasion de l’Irak, montre ses mains torturées par l’occupant à la prison d’Abou Ghraib

Le général Paul Kern, responsable du rapport, a précisé qu’il s’agissait de 23 agents du renseignement militaire et de quatre civils sous contrat. Il a ajouté que quatre autres militaires et deux employés médicaux étaient également impliqués, dans la mesure où ils savaient ce qui se passait mais n’ont pas signalé les abus.

Paul J. Kern

Outre ces individus identifiés par le rapport, le colonel Thomas Pappas, commandant de la 205e brigade du renseignement militaire, n’a pas "participé directement à ces abus", mais son cas sera examiné en vue d’éventuelles poursuites, ainsi que quatre autres personnes, a-t-il indiqué sans autre précision.

Thomas M. Pappas

Le général Ricardo Sanchez, qui dirigeait les forces terrestres en Irak jusqu’à son rappel, en juillet 2004, n’est "pas considéré comme coupable mais responsable" par les rédacteurs de ce rapport, a indiqué le général Paul Kern.

Ricardo Sanchez

Un total de 44 cas de sévices ont été répertoriés par le rapport. "Il n’y a pas d’explication unique et simple sur les raisons pour lesquelles des abus ont eu lieu à Abou Ghraib", souligne le rapport. "Les principales causes sont une mauvaise conduite (allant de l’inhumain au sadique) par un petit groupe de soldats et de civils moralement corrompus, un manque de discipline des soldats et des officiers du renseignement, et un manque ou échec de leadership à différents échelons de l’armée", ajoute le texte. "La plupart des abus violents et sexuels, mais pas tous, se sont déroulés en dehors des interrogatoires prévus" et ne concernaient pas des personnes détenues pour leur valeur en termes de renseignement, souligne le document.

Des détenus irakiens contraints de se livrer, entre eux, à des actes sexuels, à la prison d’Abou Ghraib

Le général George Fay, l’un des auteurs du rapport, a de son côté affirmé qu’aucun abus ne pouvait être toléré par l’armée. Mais il s’est refusé à qualifier ces abus de torture, en soulignant que ce mot "très dur" est souvent utilisé pour qualifier des abus en vue d’obtenir des informations, ce qui a rarement été le cas dans la prison irakienne.

George R. Fay

Le général Kern a pour sa part souligné que le cas l’ayant le plus choqué était sans doute celui de deux prisonniers adolescents terrorisés par des chiens. "Des responsables des chiens ont soumis à la terreur deux adolescents dans le simple but de jouer un jeu entre les deux équipes de chiens et voir si cela provoquerait (les adolescents) à vider leurs entrailles", a-t-il raconté.

Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib

Par ailleurs, il a indiqué que l’enquête avait répertorié huit cas de "prisonniers fantômes", à savoir des prisonniers dont la présence n’a pas été déclarée au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), une claire violation des conventions de Genève.

Le général Kern a souligné que cette enquête avait répertorié quelque 9000 documents, et que 170 personnes avaient été interrogées. L’objectif de ce rapport, parmi la douzaine d’enquêtes sur Abou Ghraib, était d’examiner l’articulation entre les responsabilités de la police militaire -dont plusieurs membres apparaissent sur les photos ayant lancé le scandale en avril 2004- et le renseignement militaire.

Agence France Presse

Un tortionnaire américain s’exhibe fièrement près du cadavre d’un détenu irakien, à la prison d’Abou Ghraib

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