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sputniknews, 19 décembre 2015

Burundi : L’Union africaine envoie une mission de 5000 hommes


Le cadavre d’un homme tué à Cibitoke, le 9 décembre 2015

L’Union africaine a annoncé qu’elle allait envoyer une mission de 5000 hommes au Burundi pour tenter de stopper les violences dans ce pays, menaçant Bujumbura de se déployer même sans son accord.


Burundi

Le Burundi a plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature, fin avril 2015, de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat jugé par ses adversaires contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006) entre l’armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu. La mise en échec du putsch, en mai, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura à la mi-juin et la réélection de M. Nkurunziza, lors d’un scrutin controversé à la mi-juillet, n’ont pas empêché l’intensification des violences, désormais armées.

Pierre Nkurunziza

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, réuni vendredi 18 décembre à Addis Abeba, a décidé "d’autoriser le déploiement d’une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), pour une période initiale de six mois, renouvelable", et a demandé "au gouvernement du Burundi de confirmer dans les 96 heures suivant l’adoption de ce communiqué qu’il accepte le déploiement de la Maprobu et de coopérer avec elle".

La décision du Conseil de paix et de sécurité intervient une semaine après l’attaque, le 11 décembre 2015, de trois camps militaires à Bujumbura et en province, les affrontements les plus intenses au Burundi depuis une tentative ratée de coup d’Etat militaire en mai., rapporte l’AFP. Les affrontements et les opérations de ratissage qui ont suivi ont fait officiellement 87 morts, mais des ONG et l’ONU évoquent un bilan "bien plus élevé", dénonçant des exécutions extra-judiciaires.

Le cadavre d’un homme tué au cours d’une fusillade, à Nyakabiga, le 12 décembre 2015

Le Conseil de paix et de sécurité a prévenu que si Bujumbura devait s’opposer à l’envoi de cette mission, l’Union africaine prendrait des "mesures supplémentaires" pour en assurer le déploiement. Il est peu cependant probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l’immixtion de la communauté internationale dans leur gestion de la crise politique dans laquelle est plongé le Burundi depuis huit mois, acceptent un déploiement militaire sur leur sol. Mais le Conseil de paix et de sécurité a insisté sur sa "détermination à prendre toutes les mesures appropriées contre toutes parties ou acteurs, quel qu’ils soient, qui empêcheraient la mise en œuvre de cette présente décision".

Le cadavre d’un homme tué au cours d’une fusillade, à Nyakabiga, le 12 décembre 2015

La Maprobu comptera à ses débuts jusqu’à 5000 hommes, soldats et policiers, ainsi qu’une composante civile, et intégrera les observateurs des droits de l’Homme et experts militaires déjà déployés au Burundi, a expliqué le Conseil de paix et de sécurité. Elle aura pour objectif d’éviter "la détérioration de la situation sécuritaire", de contribuer "à la protection des populations civiles en danger immédiat", d’aider à créer les "conditions nécessaires" à la réussite d’un dialogue inter-burundais, et de faciliter "la mise en œuvre de tout accord" auquel parviendraient les différentes parties.

Aucun détail n’a été fourni sur les pays qui pourraient participer à cette mission. Mais le Conseil de paix et de sécurité a demandé à l’Union africaine d’entamer rapidement des discussions avec ses Etats membres et avec les "pays de la région" impliqués dans la Force est-africaine en attente (EASF), pour qu’ils fournissent "les troupes et les policiers nécessaires" à la création rapide de cette mission. La Force est-africaine en attente (EASF) est une composante régionale de la Force africaine en attente (FAA) et n’a encore jamais été déployée. Dix pays fournissent des troupes à l’EASF : le Burundi, les Comores, Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie et le Soudan.

sputniknews

Une femme pleure son fils tué au cours d’une fusillade à Nyakabiga, le 12 décembre 2015

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