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m-pep, 26 décembre 2015

Grèce : Alexis Tsipras, pourtant "bon élève" de l’Union européenne, reste au piquet avec un bonnet d’âne

Communiqué

par Parti de l’émancipation du peuple


Une soupe populaire, à Athènes, le 14 octobre 2013

Lundi 14 décembre 2015, un projet de « programme parallèle » a été soumis aux députés grecs par le gouvernement.


Grèce

Ce programme avait pour but officiel de « compenser » les mesures d’austérité réclamées par les créanciers et la Troïka et adoptées par le gouvernement Syriza-Anel en juillet 2015. Il comprenait plusieurs dispositions :

une couverture médicale à ceux qui ne sont pas couverts par la sécurité sociale.

une « facture sociale » d’électricité, permettant des baisses pour les ménages les plus pauvres.

des cellules de soutien aux « personnes vulnérables » dans les mairies et les préfectures

la soupe populaire, payée par l’État, élargie et prolongée d’une année.

des classes de soutien dans l’éducation.

Une soupe populaire, à Athènes, le 14 octobre 2013

Ce projet de « programme parallèle » a été retiré le 17 décembre 2015 par le gouvernement. L’Euro working group (EWG, cellule technique de l’Eurogroupe), en effet, l’avait rejeté en échange de la possible libération du milliard d’euros attendus par la Grèce. Pour éviter le risque de ne pas avoir cet argent, le gouvernement Tsipras s’est à nouveau couché, comme il l’avait fait le 19 août en signant le troisième mémorandum qui dit explicitement que l’exécutif grec ne doit prendre aucune mesure budgétaire supplémentaire sans l’aval des créanciers. Comme le disait le dicton populaire : « T’as signé, c’est pour en c…. ».

Alexis Tsipras

Pour justifier son refus, l’Euro working group a très largement surévalué le coût de ce « programme parallèle » à un milliard d’euros alors que le programme de lutte « contre l’urgence humanitaire » avait été évalué à 200 millions d’euros en mars.

Rappelons aussi qu’en novembre, la Grèce a affiché un excédent primaire budgétaire [1] de 4,4 milliards d’euros (contre un objectif de 2,6 milliards d’euros). Plus le gouvernement d’Alexis Tsipras joue les bons élèves budgétaires et dépasse les objectifs du « quartet » (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international et mécanisme européen de stabilité), plus les « créanciers », en guise de récompense, l’envoient au piquet avec un bonnet d’âne !

Tsipras savait parfaitement qu’en signant le 3e mémorandum, celui-ci s’appliquerait avec toute la vigueur dont l’Union européenne est capable. Présenter un projet de « programme parallèle » qui ne pouvait qu’être rejeté n’était qu’une gesticulation destinée à faire croire à sa base électorale qu’il essaierait « d’adoucir » l’application du mémorandum… notamment la très douloureuse réforme des retraites à venir.

Une femme devant sa machine à coudre, à Athènes, le 4 décembre 2013

Mais le combat politique de l’Union européenne contre le peuple grec n’est pas terminé et aucun « cadeau » ne sera fait au gouvernement grec.

En bloquant les programmes de lutte « contre l’urgence humanitaire » et « parallèle », les membres du quartet montrent qu’ils sont les vrais maîtres de la Grèce. Ils nous montrent aussi que la soumission à leurs exigences et à leur politique n’est pas la bonne voie et qu’il n’y a aucune marge de manœuvre au sein de l’Union européenne.

A l’heure où les initiateurs d’un « plan B » tentent de persuader les classes dominées qu’une « autre Europe » serait possible ou qu’ils seraient un « bouclier » contre l’austérité, la leçon donnée à Tsipras est d’importance.

Pour les europiomanes et les euro-collabos, cette nouvelle preuve ne suffira pas. Quelles explications oiseuses ou justifications bancales vont-ils pouvoir trouver aux nouvelles mesures antipopulaires de Tsipras ? Peu importe. L’urgence d’aujourd’hui est de sortir de l’Union européenne et de l’euro, de démondialiser et de rejoindre le seul outil de résistance qui dispose d’un programme solide au service des classes dominées : Le Parti de l’émancipation du peuple.

Parti de l’émancipation du peuple

Un immeuble appelé Prosfygika, à Athènes, le 3 février 2014

Note :

[1] Différence entre les recettes et les dépenses calculée sans tenir compte des dépenses de remboursement de la dette publique.

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